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Le Grand Océan de la Vérité

Le Grand Océan de la Vérité

Malgré les découvertes prodigieuses de la science, l'univers demeure nimbé de mystère.

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« Un moment rare de la nature, vécu à l'aube, lorsque celle-ci semble se révéler, ne peut être expliqué à midi. Pourtant, il fait partie de l'harmonie du jour. » - Charles Ives (Compositeur américain – 1874/1954)

Il n’y a pas si longtemps de cela, une vérité évidente vit le jour : l'univers, la nature et tout ce qui s’y rapportait étaient l'œuvre d'une intelligence consciente délibérée. Les gens observèrent leur environnement et en virent la beauté, l'ingéniosité et l'harmonie orchestrées dans les moindres détails. Ils en furent tout simplement émerveillés. Ce point de vue fut particulièrement bien exprimé par le philosophe anglais William Paley qui utilisa pour l’illustrer avec brio sa célèbre analogie de l’horloger:

« Supposons la chose suivante : en traversant la lande, je me cogne le pied contre une pierre et l’on me demande ce que faisait là cette pierre. Je pourrais peut-être répondre que, pour autant que j’en sache et sans preuve du contraire, elle était là depuis toujours. Il n’est pas si facile alors, de démontrer l'absurdité de cette réponse. Mais supposons que c’est une montre et non une pierre qui se serait trouvée sur le sol, et que l’on me demande comment cette montre avait bien pu se trouver là, il ne me serait guère venu à l’idée de donner la même réponse que précédemment, que pour autant que je sache, la montre a peut-être toujours été là ... Il a dû exister à un certain moment et à certain un endroit, un ou plusieurs artisans, qui ont créé [la montre] dans un but précis que nous tentons de comprendre, qui surent comment la construire et mirent leur plan à exécution... Chaque détail, chaque enjolivure, chaque utilité qui existeraient dans la montre, existent aussi dans les œuvres de la nature, avec pour différence, que tout y est plus grand, plus impressionnant, tant que cela dépasse notre entendement ». - William Paley, Théologie naturelle (1802)

Deux siècles se sont écoulés depuis que Paley écrivit ces mots emblématiques. Et le mystère de la vie semble quelque peu avoir été érodé par la marche inexorable de la science. Par exemple, en 1828, Friedrich Wöhler synthétisa l'urée, détruisant le Concept du Vitalisme - l'idée que les organismes vivants sont fondamentalement différents des entités non-vivantes, du fait qu’ils contiennent une partie non-physique ou qu’ils soient régis par des principes différents de ceux des choses inanimées. En 1833, Anselme Payen isola la première enzyme, la diastase. Puis en 1859, Charles Darwin et Alfred Wallace introduisirent leur théorie de l'évolution par la sélection naturelle, qui connut d’immenses répercussions tant sociales que politiques. Pour la première fois, il devint possible de concevoir que la complexité mécanique de la vie comme nous la connaissons puisse être le résultat d’un processus purement concret et non planifié à l’ avance. Cette nouvelle possibilité électrifia littéralement la communauté scientifique et eut un profond impact sur la conscience publique. Comme l’écrivit le Dr James Le Fanu dans son ouvrage traitant de ce sujet :« Pourquoi nous? La redécouverte par la Science du mystère du Moi », la science se révélait triomphante…ou presque.

La cellule

Une chose étrange se produisit en cours de route de cette hégémonie matérialiste : plus les scientifiques faisaient des découvertes et moins certains aspects du monde naturel pouvaient s’expliquer. Ainsi par exemple, au début du 20e siècle, le biologiste Earnst Haeckel comparait la cellule à « un simple petit bout de carbone albumineux » facilement produit à partir de matière inanimée. L'invention du microscope électronique en 1931 remisa cette notion des plus étranges au placard. Les décennies suivantes nous inondèrent de nouvelles théories stupéfiantes, d’explications incroyables sur l’extraordinaire complexité des nano-machines qui gouvernent le monde cellulaire. Ces machines se révélaient capables de produire par seconde et par cellule des milliers de protéines, c’est-à-dire des composés biologiques d’une complexité remarquable et aux tâches bien précises. Certains scientifiques se posèrent alors la question: la théorie de Darwin pourrait-elle relever ce défi de générer quelque chose de ce genre et dans un tel délai ?

« Si l’on considère l’énorme part de chance dont nous avons bénéficié et qui a contribué au succès de ce grand jeu qu’est la théorie de l’évolution, on peut légitimement se demander dans quelle mesure un tel succès serait-il véritablement inscrit dans le tissu de l'univers » (Christian de Duve - Prix Nobel de biochimie et cytologie  - Visite d'une cellule vivante).

Le génome humain

Le Projet du Génome Humain fut entrepris afin de découvrir le schéma de fonctionnement de la vie. On pensait que si l'information génomique était révélée, décomposée, « déballée » et cataloguée, nous serions en mesure de créer une reconstitution scientifique adéquate de l'expérience humaine. Cela ne fut pas vraiment le cas. En effet, une surprise de taille fut la découverte suivante : les humains partagent 98% de leur génome avec une autre créature, beaucoup plus humble : le mulot des champs. Comment alors du coup expliquer les différences physiologiques et cognitives plus que marquantes existant entre nos mignons petits rongeurs et nous-mêmes? Justement, nous ne les expliquons pas. Il semblerait que l'ouverture d’une boîte en ait tout simplement révélé une autre. Voici ce qu’en pense Evelyn Fox Keller, historienne scientifique :

« Nous nous sommes bercés d’illusion, nous nous sommes plus à croire que la découverte de la base de l'information génétique nous donnerait accès au « secret de la vie », nous étions persuadés qu’il nous suffirait simplement de décoder le message contenu dans la séquence chimique, pour comprendre le « programme » qui fait d’un organisme ce qu'il est. Mais maintenant, tout le monde s’accorde tacitement à reconnaître le fossé énorme qui sépare «l’information » génétique de l’explication biologique. »

Un récent additif à ces découvertes est l’abandon définitif par la science de la notion de « déchet ADN » - l'hypothèse que la majeure partie du génome humain contiendrait des fragments inutiles de séquences d’ADN non-codées, produites par des éons d’action darwinienne. Comme c’est loin du résultat espéré d’un parfait exemple darwinien classique, ce nouveau rebondissement semble avoir touché un nerf sensible dans le clan anti-Paley.

L'Univers

Il vaudrait bien mieux se taire, impressionné et ému, devant les succès intellectuels des Newton, Maxwell, Einstein et autres. Ils sont si peu nombreux et d’autant plus méritants, à être parvenus à décrire des propriétés essentielles de vie - leur force et volonté devant percer multiples épaisseurs toutes nimbées de mystères. Einstein, était tout particulièrement désireux de simplifier l'ensemble de ces forces en une seule « théorie d’un champ unifié ». Il ne put y parvenir malgré son génie, et se heurta à un mur contre lequel vinrent buter par la suite tous ceux qui tentèrent la même chose. Une fois de plus, dès que surgissent des réalisations cognitives de proportions gigantesques et que des (du moins, certains) physiciens, exhibent fierté et confiance en la compréhension totale, imminente du fonctionnement de notre univers, ce dernier fait un pas en arrière, se retire dans l'obscurité et déjoue les attentes matérialistes. Plus les découvertes abondent et plus le mystère s’épaissit. Le Principe d'Incertitude de Heisenberg (Principe énoncé en 1927 par le mathématicien) en est la parfaite illustration. Il devint bientôt évident que les propriétés permettant le développement de la vie étaient étrangement précises - « affinées », tels qu'elles furent décrites par la suite. Si la gravitation, ou la force nucléaire forte ou faible ou le champ électromagnétique avaient été même légèrement différents de ce qu'ils sont, la vie n’aurait jamais pu se produire. Le physicien John Polkinghorne a estimé que la précision nécessaire représentait une portion parmi des milliards de milliards - un degré de précision équivalent à frapper une cible située à l’autre bout de l'univers.

La tradition juive enseigne que le Créateur de l'univers est infini et que son étude ou celle de Ses œuvres se doit nécessairement d’être également infinie. Celui qui a mis le doigt dans l’immensité de l'exploration spirituelle prend conscience qu’il ne pourra jamais totalement la maîtriser. Qu’importe le chemin parcouru, il se retrouvera toujours face à une infinité devant lui, attendant d’être découverte. C'est peut-être la raison pour laquelle la science, en dépit de ses succès incontestables, n'a toujours pas (comme si c’était possible un jour !) réussi à nous rapprocher d’une compréhension pleine et entière de cette réalité magnifique bien qu’insaisissable qui se trouve devant nous.

« Je ne sais pas comment le monde me perçoit, mais en ce qui me concerne, je me donne l’impression de n’avoir été qu’un petit garçon jouant sur le rivage, m’amusant par ci, par là à ramasser un caillou tout lisse ou un coquillage plus joli que les autres, tandis que le grand océan de la vérité s’étalait inexploré devant moi. » - Isaac Newton

Publié: 6/1/2013


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Vos réactions : 1

(1) dieudonné, January 18, 2013 9:21 AM

Magnifique et intéressant. J'aimerais bien que certains textes (par exemple les psaumes) soient édités en hébreu, et sous-titrés en hébreu phonétique pour les lire en lettres latines. Ce serait une bonne introduction et un encouragement pour l'étude de l'hébreux. Merci et "Shalom". (Un ami belge)

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