cliquez ici pour accéder directement au début de l'article
  • Lecture de la Torah: Noah
Abonnez-vous

Recevez notre newsletter




Les Jeux olympiques en six points

Les Jeux olympiques en six points

Longtemps, je me suis demandé ce que pouvaient nous apporter le sport de haut niveau. En cette période de Jeux olympiques, voici mes conclusions en six points (gagnants).

par
Plus...

Par Léo Beaucaire

Le judaïsme privilégie la culture spirituelle à la culture physique sans dénigrer cette dernière. Les mitsvoth sont un terrain d’entrainement perpétuel, où nos capacités sont testées en permanence. Et comme le monde physique est une métaphore nous permettant d’accéder à la réalité spirituelle, je me suis plongé dans l’univers des Jeux olympiques, une merveilleuse allégorie des qualités qu’il nous incombe d’acquérir dans la sphère privilégiée qui est la nôtre : le service divin. Comme les fabuleux athlètes qui concourent à Rio, nous sommes invités à devenir les champions toutes catégories de notre sport national, l’accomplissement des commandements. Voici un petit guide des vertus que nous pouvons quotidiennement acquérir, avec en ligne de mire l’obtention de médailles dans le monde futur, pour lesquelles nous sommes en compétition tout au long de notre vie.

Le dépassement de soi

L’athlète international met en œuvre, en permanence, le dépassement de soi. Combien de sacrifices, combien de renoncement, de pugnacité et d’efforts pour obtenir des résultats au chrono, au poids ou au point ? La Thora nous invite à cette vertu en nous proposant un mode de vie ou nous devons, chaque jour, prouver notre volonté d’aller plus loin, et surtout plus haut. Dès l’enfance, nous apprenons le self-control : manger cachère déjà, représente un défi très sportif : renoncer à se délecter de certains mets prohibés, nous permet de mettre en place un système perfectionné de contrôle de soi, dans une salle d’exercice particulièrement sensible puisque vitale et permanente, la nourriture. Et en ce qui concerne les commandements positifs, nous ne sommes pas en reste. La prière par exemple, est un terrain d’entrainement plein de promesses. Chaque fois que nous prenons notre livre de prière, les mêmes questions se posent : parviendrais-je à prononcer les mots avec l’intention suffisante, à ne pas penser à autre chose (des chaussures à cirer à ma promotion au travail), réussirais-je le défi de me concentrer sur chaque idée élevée, loin de mon quotidien prosaïque, pour m’élever vers D.ieu et me reconnecter à Lui ? Nous évoluons durant notre vie sur le stade olympique de ces challenges capables de nous faire rentrer dans la légende des mondes célestes.

Le goût de la perfection

Chaque exploit des JO est un défi au potentiel humain. Un centième de seconde, une reprise hésitante, un geste contrôlé font toute la différence. De même dans notre compétition pour la meilleure mitsva, celle que l’on veut accomplir avec hidour, dans la perfection. Que ce soit pour la tsedaka, que nous sommes invités à accomplir dans la discrétion, ou dans le perfectionnement des midoth, nos qualités humaines qui nécessitent les efforts de toute une vie, nous sommes conviés à « millimétrer » nos gestes, nos pensées et nos actes. Quel meilleur exercice pour notre perfectionnement personnel, capable de bouleverser des mondes ?

L’esprit d’équipe

Le sport haute compétition se joue aussi en équipe. Affirmation de soi au sein d’une entité et sacrifice pour le coéquipier, sont les qualités des collectifs. Une équipe bien en place et soudée a toutes les chances de réussir, même face à un adversaire plus fort. Le mariage n’est-il pas le terrain de prédilection pour de telles vertus ? La vie commune demande une haute dose d’esprit d’équipe et lorsque les enfants font leur apparition dans notre existence, cette exigence est redoublée. Impossible de faire cavalier seul au sein d’une famille. Il faut prendre en compte l’autre, en permanence. La meilleure image dont je me souviens sont les maillots numérotés portés par les membres d’une même famille en l’honneur de l’anniversaire du grand-père qui avait réuni tous ses petits-enfants durant un séjour de Pessa’h. Clin d’œil humoristique mais oh combien réaliste…

La vitesse

C’est ce que l’on appelle en hébreu la zrizouth, l’empressement. Prêts sur nos starting block, nous nous lançons dans l’accomplissement des mitsvoth avec enthousiasme. Lorsqu’Avraham avinou, après avoir été circoncis, se tint des heures durant devant sa tente dans l’espoir de recevoir des invités, il s’élança à leur rencontre, sans penser ni à sa fatigue ni à sa douleur. Et lorsqu’il dut sceller sa monture pour partir à la akeda (ligature) de son fils bien aimé Its’hak, il se leva de bon matin et fit lui-même l’effort, devenant l’exemple canonique de l’empressement à réaliser la volonté divine pour toutes les générations.

L’endurance

Le marathon est l’Epreuve d’endurance de l’athlétisme olympique. Plus de 42 kilomètres à parcourir sans perdre le rythme, ni le souffle. C’est une belle image de notre condition humaine : ne pas désespérer durant la course, s’accrocher malgré les moments difficiles où la ligne d’arrivée semble hors de portée. Il est écrit que celui qui n’a pas d’épreuve pendant 40 jours doit se poser de sérieuses questions sur l’affection que lui porte D.ieu. Car c’est seulement grâce aux épreuves que l’homme donne le meilleur de lui-même. Alors marathoniens, à vos chronos, la vie n’est pas de tout repos…

La volonté d’excellence

Les champions visent l’or, distinction suprême. Nous aspirons également à l’excellence, à devenir meilleurs, à être distingués pour notre désir d’apprendre, et d’atteindre les sommets de la proximité divine. Il existe cependant une limite à la comparaison. L’olympe est le lieu mythologique où résidaient les dieux gréco-romains. De nos jours, les sportifs semblent être devenus des demi-dieux, entrant dans le panthéon des records une breloque à la main. Mais pour nous, point de sacre divinisant : nous restons les humbles serviteurs d’une réalité transcendante à laquelle nous ne prétendons pas nous comparer, mais simplement nous soumettre pour nous en rapprocher. C’est ainsi que notre sacre se fait par l’effort, par le don de soi, jamais pour notre gloire personnelle mais pour celle du Tout-puissant, notre Créateur.

15/8/2016

Plus...
Vous avez aimé cet article? Aidez nous à en faire d’autres. Aish.fr
ne peut exister sans le support de ses lecteurs.
Les opinions exprimées dans la section « Vos réactions » n'engagent que leurs auteurs. Vos commentaires sont soumis à modération, veuillez rester courtois.

Réagir à cet article :

  • Afficher mon nom ?

  • Votre adresse mail restera privée. La rédaction en a besoin pour d’éventuelles questions à propos de votre commentaire.


  • * champ obligatoire 2000
Réagir
stub