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Judaïsme et Infidélité

Judaïsme et Infidélité

Une relation, c'est facile à détruire, et tellement dur à reconstruire.

par

Chère Rebbetzin, 

De nos jours,avoir une relation extra-maritale est très courant. On entend même dans les médias que tromper son conjoint peut être bon pour le couple. Pourquoi le Judaïsme voit-il en cela une faute tellement grave ? 

Merci.

Steve R. 

Cher Steve, 

La Torah voit en l’homme une entité faite d’un corps et d’une âme. Les deux sont nécessaires pour accomplir le but de notre vie. Un corps sans âme devient un objet sans vitalité. Une ame sans corps se trouve privée de véhicule pour exister dans ce monde. 

Bien que les deux aient leur importance propre, leurs intérêts n’en sont pas moins bien distincts. Le corps partage avec les espèces animales inférieures la plupart de ses fonctions physiques, telles que manger, dormir, s’accoupler, etc. L’âme par contre, fonctionne davantage en accordance avec son origine divine. Elle cherche à élever l’homme et à le connecter avec la divinité, pour lui permettre de d’atteindre les objectifs spirituels qui sont sa raison d’être. Elle établit cette connexion par le biais de la prière, des actes de charité, des entreprises à caractère humanitaire, ainsi que par l’intégrité dans les affaires ou la moralité en général.  

Chacun se trouve généralement de bonnes raisons.

Le défi essentiel de notre vie sera donc de gérer au mieux le conflit entre notre corps, c'est-à-dire nos pulsions, et l’âme, qui représente la dimension la plus élevée de notre être. Les qualités profondes du caractère seront définies par les choix qu’une personne fera, quand elle se trouvera confrontée au conflit entre ses pulsions matérialistes et ses aspirations spirituelles. Et ce qui va jouer un rôle primordial dans l’établissement de ces choix, c’est la capacité d’une personne à se trouver des raisons.  

Maïmonide, l’un des plus grands penseurs de l’histoire juive, s’est exprimé sur les raisons des comportements idolâtres. Il nous fait remarquer que contrairement à l’idée reçue selon laquelle l’idolâtrie relevait de réflexions ou d’aprioris philosophiques, il s’avère que sa pratique avait davantage trait aux pulsions sexuelles. A cette époque en effet, les Juifs s’abstenaient de participer aux débauches et orgies des peuples de leur entourage, de par les interdits auxquels la Torah les soumettait. Mais leurs instincts physiques les attiraient dans le sens opposé. Ils se trouvaient ainsi tiraillés entre les injonctions de leur foi d’une part, et leurs pulsions sexuelles d’autre part.  

Leur abandon à la débauche n’émanait pas d’une attitude dépravée.

Cette problématique se trouvait aggravée par le fait qu’une personne a toujours besoin de se trouver respectable à ses propres yeux. Ne pouvant se laisser aller à la débauche et en même temps maintenir une haute estime d’eux-mêmes, ils se mirent à se chercher des raisons. Leur raisonnement fut donc que leur abandon à la débauche n’émanait pas d’une attitude dépravée, mais plutôt d’une prise de position philosophique et religieuse. Ils prétendirent ainsi adhérer à une forme d’idolâtrie qui leur autorisait, voire leur dictait, les comportements sexuels auxquels ils aspiraient tant. Maimonide conclut en établissant que l’idolâtrie était essentiellement une recherche de laxisme et de permissivité dans la vie sexuelle.  

Il a fini par souffrir terriblement d’avoir été aussi lamentable.

Considérons le cas de Larry, un homme d’affaires accompli, qui vient défendre sa cause. Jusqu’à peu, il était un mari heureux. Puis il a rencontré "une étrangère dans la foule" qui lui est apparue sur le champ  comme son "âme sœur". Il s’est donc mis à se chercher des excuses basées sur la religion pour qu’on lui autorise cette relation. Il va sans dire que ses arguments n’ont trompé personne, mais il était lui-même entièrement convaincu de pouvoir entretenir une relation avec cette "âme sœur".   

Ou bien le cas de Jerry, qui avait une relation avec Lisa, de vingt-cinq ans plus jeune que lui. Il prétendait pendant tout ce temps qu’il aimait tout autant sa femme. En résumé, Jerry est devenu vieux et Lisa a fini par réaliser qu’elle avait gaspillé les meilleures années de sa vie à l’attendre. Jerry, qui s’était toujours considéré comme un type bien, a fini par souffrir terriblement d’avoir été aussi lamentable. Lisa elle, s’est retrouvée seule et délaissée. Tout le monde y a perdu. 

La trahison. 

J’ai traité il y a peu un couple qui essayait de savoir s’ils allaient pouvoir surmonter le traumatisme d'une l’infidélité de la part du mari.

Bêtement, ils avaient décidé  de vivre dans des villes séparées pour des raisons d’intérêt financier, en attendant que leur situation s’améliore. Seul et stressé par son nouveau travail, Mike, le mari, s’est retrouvé la cible idéale pour une collègue de travail qui pensait voir en lui homme malheureux. Ils eurent une relation. Quand sa femme Maggie, qui l’avait connu depuis le lycée et avait partagé avec lui 30 ans de vie conjugale, s’est rendu compte de son infidélité, elle a souffert au point d’en perdre quasiment la raison.  

Une relation, comme toute chose dans la vie, est tellement facile à détruire, et tellement difficile à reconstruire.

Toutes les réfutations de Mike selon lesquelles cette femme ne signifiait rien pour lui et n’était que le produit éphémère d’une situation inhabituelle, tombèrent dans l’oreille d’un sourd. Maggie ne voulait rien croire de ses assurances qu’il l’aimerait toujours. Sa confiance avait été ébranlée et ne restaient en elle que les incertitudes. Maggie se méfiait de tous les faits et gestes de son mari. Toutes leurs relations étaient teintées par le ressentiment, la douleur et la colère que l’infidélité avait provoqués chez Maggie. Leur relation était désormais infectée par "un abcès qui ne pouvait être percé".  

Recoller les morceaux, si tant est que ce soit possible, demandera énormément de détermination, d’engagement, de volonté, de temps et d’énergie. Une relation, comme toute chose dans la vie, est tellement facile à détruire, et tellement difficile à reconstruire. 

Le Manuel du Fabricant.  

Il est le fabricant de notre ‘disque dur’.

Cher lecteur ou lectrice. Comme vous le voyez, nous vivons une époque de grande permissivité. Des comportements jadis inconcevables sont maintenant devenus monnaie courante. Les attitudes et les comportements ont beaucoup changé au cours des époques de l’histoire humaine. Mais pendant que les vents soufflaient dans différentes directions, la Torah, elle, est restée solide et stable. La raison en est qu’elle puise sa source dans la divinité. Ses principes et ses lois proviennent d’un Dieu qui n’est pas soumis aux contingences du temps et de l’espace. Il les domine, parce qu’Il englobe le passé, le présent et le futur. C’est pourquoi Ses lois sont aussi actuelles aujourd’hui qu’elles l’étaient il y a 4000 ans. Elles s’adressent aujourd’hui comme hier à l’Homme qu’Il a créé.  

Puisqu’Il nous a créé, Il nous connait parfaitement, Il sait ce dont nous avons besoin et ce qui nous profite, infiniment mieux que nous-mêmes. Il est le fabricant de notre ‘disque dur’. Lui seul sait ce que nous devons faire pour fonctionner au mieux de notre potentiel. 

Nous comprenons cela quand il s’agit de technologie. Nous avons alors conscience de nos limites et nous nous en remettons au manuel du fabricant pour savoir comment faire fonctionner n’importe quel objet de technologie moderne. Après tout, ne serait-ce pas idiot de mettre du jus d’orange dans le réservoir d’une voiture sous prétexte qu’on aime ça ? Il est donc tout aussi idiot, voire nocif, de décider ce qui est bon pour nous sur la seule base de ce qui nous plait.  

Il ne s’agit pas là de progrès. C’est plutôt un retour à la bestialité.

Chers lecteurs. L’opinion des ‘experts’ continuera d’être étalée dans les médias. Parfois on les approuvera, parfois on les désapprouvera. Mais ce qui est sûr, c’est que cette opinion ne sera jamais qu’une nouvelle présentation de vieux raisonnements éculés, reconditionnés dans le nouvel emballage d’une langue actuelle. Ce qui s’y exprime, c’est toujours la voix des plus basses aspirations. La luxure, les pulsions et la poursuite ininterrompue des plaisirs règnent en maitres dans notre société, sans aucune considération pour les dégâts qu’ils causent dans les foyers et sur la psychologie humaine.   

Ne nous y trompons pas. Malgré  toutes les déclarations sophistiquées, il ne s’agit pas là de progrès. C’est plutôt un retour à la bestialité. C’est une offensive contre l’esprit, contre ce qui distingue le plus l’Homme de l’animal.

Et malheureusement, tant que la sagesse multimillénaire de la Torah sera bafouée et dédaignée, c’est le meilleur de l’Homme, son âme, qui restera en exil.

Publié: 31/7/2011


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