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Quoi qu’il arrive, je t’aimerai toujours !

Quoi qu’il arrive, je t’aimerai toujours !

Tout parent voue à son enfant un amour inconditionnel, un amour sans "si", un amour sans "mais". À l’image de l’amour que Dieu nous porte…

par Réa Bochner
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Lorsque j’étais enfant, je demandais de temps en temps à ma mère : « Est-ce que tu m’aimerais toujours si je… », complétant ma phrase avec une situation invraisemblable comme celle de mettre le feu à la maison avec un bâton d’encens…

Sa réponse demeurait inchangée : « Quoi qu’il arrive, je t’aimerai toujours. »

« Réa, me disait-elle, je t’aime, mais à l’heure qu’il est, j’ai du mal à t’apprécier. »

Adolescente, je testais l’amour de ma mère par une série de ripostes cinglantes, une conduite laissant à désirer et des dizaines d’appels téléphoniques du directeur de l’école qui se plaignait de mon absentéisme à l’école. La plupart du temps, ma mère était un modèle de sérénité, m’assurant que je ne causais du tort qu’à moi-même par les décisions que je prenais. Mais de temps en temps, si je roulais de gros yeux et que je lui lançais une remarque désagréable, sa réserve de calme finissait par s’épuiser. « Réa, me disait-elle alors, je t’aime, mais à l’heure qu’il est, j’ai du mal à t’apprécier. »

À l’époque, la subtilité de cette remarque m’échappait et la seule chose que j’en retenais est qu’elle ne m’aimait plus. Cela me donnait suffisamment d’énergie pour m’effondrer sur mon lit en larmes en m’apitoyant sur mon sort. Mais avec le recul, j’ai commencé à comprendre ce qu’elle voulait dire par là : je n’apprécie peut-être pas ta conduite, tes choix et peut-être même qu’à l’heure qu’il est, j’ai du mal à t’apprécier toi-même - mais quoi qu’il arrive, je t’aimerai toujours.

Ce n’est qu’une fois devenue à mon tour mère que j’ai véritablement intégré cette idée. Avant de mettre au monde mes enfants, la plupart de mes relations avaient un côté « intéressé » : fais ce que je veux, et je te veux près de moi. Ne fais pas ce que je veux, et je te dis bye. À la naissance de mes garçons, j’ai compris alors que l’amour authentique ne fonctionnait pas sur ce modèée. Mon plus jeune fils, pour ne citer que lui, me donne bien du fil à retordre, bien qu’il ait tout juste deux ans. S’il n’est pas occupé à vider la boîte de céréales dans toute la salle à manger, à frapper son frère ou à me donner des coups de pied pendant que je change sa couche, il court alors probablement de long en large dans le parking de mon immeuble alors que les autres membres de la famille tentent de s’entasser dans la voiture. Entre vous et moi, l’envie me prend parfois de le mettre en vente sur le Bon Coin. Mais bien qu’il m’en fasse voir des vertes et des pas mûres, je ne cesse pas un instant de l’aimer.

Notre rôle de parent nous offre une opportunité unique d’imiter Dieu. Il est vrai que nous pouvons multiplier les actes de générosité avec nos voisins et amis, mais nos enfants sont une partie de nous-mêmes, de même que nous sommes une partie de Dieu. Même des parents d’enfants adoptés prennent part à ce processus de création en les élevant et en les aidant à modeler leur caractère. Cela ne signifie nullement que la tâche est facile ; c’est sans doute le travail le plus difficile que nous devons effectuer. Entre les demandes incessantes des enfants en bas âge, les adolescents qui affrontent des hauts et des bas de manière imprévisible, jusqu’à notre attitude de retrait lorsque nous laissons nos enfants déjà plus grands (mais ce sont encore des bébés !) décider de leur propre chemin et prendre des décisions qui ne concordent pas toujours avec notre idée de ce qui leur correspond le mieux. 

Mais peu importe ce que nos enfants font, l’amour que nous éprouvons pour eux est toujours présent et immuable, à l’instar de l’amour que Dieu nous porte.

Dans le don de la Torah, il y avait cette promesse que même si nous dévions de la bonne voie, Dieu sera toujours là pour nous rattraper.

Nous venons de célébrer la fête de Chavouot, marquant le don de la Torah par Dieu au peuple juif. Le don de la Torah est plus qu’une transmission d’un projet de vie ; c’est la garantie de Dieu selon laquelle nous sommes liés à Lui pour toujours, qu’Il sera toujours là pour nous aimer, s’occuper de nous, nous guider. Nous sommes Ses enfants, même lorsque nous ne nous conduisons pas toujours comme il faut.

L’histoire a prouvé que les Juifs se sont éloignés de la vérité à maintes reprises. Nous nous adonnons aux commérages. Nous jugeons. Nous nous causons du tort les uns aux autres. Nous mangeons trop, dépensons trop, ne donnons pas autant que nous prenons. Mais dans le don de la Torah, il y avait cette promesse que même si nous dévions de la bonne voie, Dieu sera toujours là pour nous rattraper.

C’est la raison pour laquelle, en tant que peuple, nous sommes encore là, et nous nous portons bien. Peu importe à quel point nous avons dévié, Il est toujours là, attendant notre retour. Quoi qu’il arrive, je t’aimerai toujours.

Il en va de même pour nos enfants. Ceux qui savent qu’unhavre de paix les attend à la maison, qu’ils y trouveront toujours un accueil inconditionnellement chaleureux, seront ceux-là même qui pourront construire une vie pleine de sens.  

J'ai tenté de retenir ce principe lorsque je dégustais mon gâteau au fromage à Chavouot, et et je tenterai de nouveau de le retenir lorsque mon bébé s’amusera à dessiner sur tout son ventre avec des feutres magiques. Je peux ne pas toujours aimer ce que mes enfants font, et cela est tout à fait acceptable. On ne me demande pas d’apprécier mes enfants tout le temps. Mon rôle en tant que mère consiste à leur faire savoir quequoi qu’il arrive, je les aimerai toujours.

À l’image de l’amour que Dieu nous porte…

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