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  • Lecture de la Torah: Noa'h
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Je ne serai pas Grec

Je ne serai pas Grec

Réfléchissez aux choses pour lesquelles vous êtes prêts à mourir. Puis vivez pour elles.

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Les fondateurs des « Jeux Olympiques juifs » ont dû se confronter à une tâche redoutable : pour trouver un nom pour les jeux, ils ont dû fouiller dans l'histoire juive et y trouver un héros qui, même s’il n’était pas réellement sportif, soit physiquement apte à les représenter.

«Les Jeux Achab» auraient sonné faux

Deux millénaires d'érudits blafards ne faisaient pas l’affaire, de sorte qu'ils durent remonter plus loin. Le roi David avait un physique filiforme, et l’auteur des Psaumes a plus marqué par sa poésie lyrique que par ses conquêtes militaires. Le plus grand héros de guerre d’entre les rois bibliques était peut-être Achab, le mari de Jézabel, mais il était scélérat. « Les Jeux Achab » auraient sonné faux.

Puis tout d’un coup, bingo ! Ils ont trouvé les Maccabées ! Ces cinq frères ont vaillamment lutté et vaincu la puissante armée grecque. Ils étaient forts physiquement, et moralement honnêtes. Les jeux seraient appelés les Maccabiades. Les Maccabées feront des modèles parfaits pour les athlètes juifs débutants.

En êtes-vous sûrs ?

Et puis d’abord, qui étaient les Maccabées?

Les Maccabées se distinguaient par deux traits : Ils étaient idéalistes et ne se laissaient pas intimider par les difficultés.

Quant à leur idéalisme, leur nom résumait tout. Les cinq frères étaient les fils du vieux prêtre Mattathias. La famille était appelée les « Hasmonéens ». L'appellation « Maccabée » est en fait l’acronyme de Mi Camokha BaEilim Hashem, ce qui signifie: « Qui est comme Toi parmi les dieux, Ô Dieu » Se dire Maccabée était une déclaration de dévouement total au Dieu unique.

La bataille des Maccabées fut la première guerre de l'histoire combattue non pour l'amour de la terre ou la recherche de puissance, mais pour l'amour d'un idéal religieux.

Devenir hellénistes était tout simplement conforme à une tendance mondiale

Pendant les 160 premières années qui suivirent l'occupation pacifique de la Judée par Alexandre le Grand, les hellénistes grecs ont laissé leur influence culturelle gagner la progressivement population juive. L'élite mondaine de Jérusalem avait adopté la langue grecque, ses tenues, ses mœurs artistiques et culturelles, et même ce passe-temps jusque-là inconnu qu’était la pratique des sports. Alors que la force physique et les prouesses servaient jusque là la conquête militaire, les Grecs ont fait de l'athlétisme une fin en soi, instituant des compétitions où les plus rapides / les plus forts / les plus musclés étaient portés aux nues. A Jérusalem, ils avaient bâti un stade au Sud du Temple. Les jeunes juifs, y compris des prêtres, s’y affrontaient nus. Beaucoup effaçaient chirurgicalement leur circoncision, car les Grecs idolâtraient la nature et méprisaient la circoncision, signe des Juifs de leur alliance avec Dieu.

Le choix fait par les résidents de la Judée cosmopolite de devenir hellénistes était tout simplement conforme à une tendance mondiale. La culture grecque, n’était-elle pas moderne, éclairée, scientifique, et universaliste, tandis que le Judaïsme était largement considéré comme ancien, tribal, et restrictif ? À cette époque, adopter le mode de vie grec était une condition requise pour réussir matériellement et être considéré culturellement sophistiqué. Comme l'historien Paul Johnson l’écrit: « L'acquisition de la culture grecque était un passeport pour la citoyenneté de première classe, comme le serait plus tard le baptême». [Une Histoire des Juifs, p. 99]

Bien sûr, tout cela était un anathème pour les Juifs traditionnels tels que Mattathias, mais tant qu'ils étaient autorisés à continuer d'étudier et d'observer la Torah, ils se soumettaient à la domination grecque. Tout a changé en 167 avant notre ère, lorsque le roi grec séleucide Antiochos émis un décret interdisant la pratique et l'étude de la Torah sous peine de mort.

Les troupes grecques pénétrèrent dans le village de Modi'in et ordonnèrent aux habitants de sacrifier un porc à une idole. Un Juif obséquieux s'avança pour s'y conformer. Alors Mattathias enragé tua l'apostat et l'officier grec. Puis lui, son fils, et une poignée de ses partisans s’enfuirent vers les collines.

Les Maccabées furent, d'abord et avant tout, des idéalistes.

On peut seulement imaginer la discussion qui eut lieu cette nuit-là dans la grotte où Mattathias et ses cinq fils s’étaient réfugiés. Blottis dans le froid (ils n’osaient pas allumer un feu qui les aurait trahis), ils devaient planifier leur étape suivante. Ils n'eurent jamais l'intention d’entamer une guerre, ils ne rêvaient pas de vaincre les Grecs puissants et bien équipés. Une seule chose était claire à leurs yeux: ils continueraient à pratiquer les Mitsvot de la Torah, et aucune force sur terre ne les arrêterait. Et si Antioches voulait envoyer ses troupes pour faire appliquer son infâme décret, ils se battraient avec ces troupes. Ils se battaient pour défendre leurs idéaux religieux.

Le Rabbin Noah Weinberg, de mémoire bénie, avait l'habitude de dire: « Réfléchissez aux choses pour lesquelles vous êtes prêt à mourir. Puis vivez pour elles. » Telle aurait pu être la devise des Maccabées. Ils étaient prêts à mourir (et tous les cinq moururent effectivement) Pour Dieu et Sa Torah. C’est dans cette grotte qu’ils prirent la décision de se battre pour leur idéal.

S’ils avaient été pragmatiques, ils auraient fui devant l'armée grecque avec ses 40.000 soldats bien entraînés, bien équipés et ses éléphants, les chars du monde antique. S’ils avaient été réalistes, ils auraient cédé à l'esprit du temps d'assimilation qui avait déjà balayé leur pays et leur peuple. Mais ils étaient des idéalistes, et un idéaliste fait ce qui est juste, quel qu’en soit le coût, quel que soit le résultat.

Miraculeusement, ils finirent par triompher. Après trois ans de guérilla, ils chassèrent les Grecs de Jérusalem et du Saint Temple, et rétablirent le service dans le Temple. Il leur fallut 26 années complètes pour atteindre la victoire définitive sur les Grecs, ayant perdu en route quatre des frères Maccabées. Seul Simon avait survécu pour assister au retrait définitif des forces grecques séleucides de Jérusalem. Sept ans plus tard, lui aussi fut tué par un complot séleucide.

Idéalistes, les Maccabées ont consacré, et donné leur vie pour leurs idéaux religieux.

Nullement impressionnés par les difficultés

Parfois, une personne qui parvient à des sommets héroïques par amour des idéaux, se retrouve déroutée par les difficultés quotidiennes de la vie. De nos jours, la devise « C’est trop difficile » est la réponse systématique à toutes sortes d’initiatives destinées à faire bénéficier soi-même ou les autres.

Nous devons sortir et attaquer les troupes grecques, les affronter dans une bataille du 21ième siècle. Mais ce serait vraiment dur.

Revenons à la grotte où les Maccabées discutent sur ce qu’ils doivent faire. Imaginez qu’un homme du 21ième siècle se joigne à leur discussion.

Judas Maccabée : Nous ne pouvons pas retourner à notre village. Les Grecs sont à notre recherche. Nous devrons vivre ici dans cette grotte, sans les conforts de nos maisons.

Mr. 21ième siècle : « Mais c’est trop difficile ! ».

Toutes les têtes se tournent vers lui, mais décident d'ignorer cette interruption. Un autre frère renchérit:

Jonathan : Nous ne pouvons même pas rester dans cette grotte. Nous devrons continuer à fuir de sorte que les Grecs ne nous trouvent pas.

Mr. 21ième siècle : « Mais c’est trop difficile ! »

Simon : Cela signifie ne pas voir nos épouses ou nos enfants aussi longtemps que cela durera. Cela pourrait être très long.

Mr. 21ième siècle : « Mais c’est trop difficile ! »

Eliezer : Nous ne pouvons pas nous cacher. Nous devons sortir et attaquer les troupes grecques, les affronter dans une bataille.

Mr. 21ième siècle : « Vous plaisantez ! Mais ça serait vraiment trop difficile ! »

Les Maccabées, agacés, à l'unisson : Mais qui parle de difficulté, maintenant ?

Heureusement pour nous, les Maccabées ne baissèrent pas les bras pas face à la difficulté. Sinon, les Hellénistes auraient gagné, et le Judaïsme aurait disparu. Non seulement il n'y aurait pas eu de Hanouka, mais il n'y aurait pas non plus eu de Judaïsme ni de Juifs. Les Maccabées, idéalistes et intrépides, sont donc dignes de servir de modèle juif. Le meilleur perchiste ne leur arrivera pas à la cheville !

Publié: 25/12/2011


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