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Finis les pardons qui ne valent pas un clou !

Finis les pardons qui ne valent pas un clou !

Cette année, ne nous contentons pas d’un pardon marmonné machinalement à la fin d’un coup de fil, ou pire, pianoté à la hâte sur un clavier.

par le rabbin Lior Lévi
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Yom Kippour approche à grands pas et l’heure est aux traditionnels coups de fil de bonne année.

Après avoir partagé nos tout derniers scoops familiaux – des naissances aux mariages en passant par les promotions au boulot – puis échangé nos bons souhaits pour une nouvelle année « douce comme le miel », nous n’oublions pas de conclure notre appel avec l’incontournable : « Au fait, si je t’ai fait quoi que ce soit pendant l’année écoulée, j’espère vraiment que tu me le pardonnes ! »

Cette formalité achevée, nous raccrochons et passons au prochain appel. Mais entre vous et moi, pensez-vous que cette phrase trop souvent prononcée machinalement suffira à effacer les torts que l’on a pu causer à notre prochain ?

Je voudrais partager avec vous une petite histoire à ce sujet :

Jérémie, 12 ans, était un garçon très coléreux. Voulant l’aider à se débarrasser de ce vilain défaut, son papa lui proposa le petit exercice suivant : « Je vais te confier un petit sachet rempli de clous. À chaque fois que tu te mettras en colère, je te demande d’enfoncer un clou sur la barrière de notre jardin. »

Le lendemain soir, ladite barrière ne comptait pas moins de 27 clous…

Mais au fil des semaines qui suivirent, Jérémie apprit peu à peu à se maîtriser. Il se rendit compte qu’il était plus facile de contrôler sa colère que d’enfoncer un énième clou dans la barrière. Le nombre de clous diminua petit à petit jusqu’au jour où Jérémie réussit à passer une journée entière sans s’énerver.

Très fier, il alla annoncer la nouvelle à son père. Après l’avoir dûment félicité, celui-ci lui tendit une tenaille en lui demandant de retirer un clou de la barrière à la fin de chaque journée où il parviendrait à garder son calme.

Quelques semaines plus tard, Jérémie annonça à son père qu’il était enfin venu à bout du dernier clou de la barrière. Son père l’enlaça tendrement tout en le félicitant. Puis le prenant par la main, il le conduisit face à la fameuse barrière : « Mon fils, tu as accompli un véritable exploit ! Mais observe donc tous les trous laissés par les clous que tu as retirés. La barrière ne sera plus jamais lisse comme elle l’était auparavant. Il en va de même dans la vie. Quand on s’énerve contre son prochain, quand on prononce des paroles méchantes, on lui cause une blessure profonde. Et quand bien même on lui demande pardon, la cicatrice demeure. Comme cette barrière à jamais perforée… »

« Papa, murmura l’enfant, les yeux remplis de larmes, j’espère que tu me pardonnes pour toutes les blessures que je t’ai causées. »

« Bien sûr, mon fils, répondit le père en serrant de plus belle l’enfant dans ses bras. »

À Yom Kippour, Dieu nous accorde un cadeau d’une valeur inestimable ; celui du pardon total. Cela signifie que même si nous avons fauté envers Lui et donc causé des dégâts spirituels à notre âme, si nous nous repentons sincèrement, non seulement Dieu guérira nos « blessures », mais il ira jusqu’à effacer les « cicatrices » qu’elles auront laissées.

Toutefois, il est important de souligner que le cadeau du pardon n’est valable que pour les fautes commises envers Dieu. En revanche, pour celles commises envers notre prochain, il faut impérativement lui présenter nos excuses. Mais attention, un simple pardon grommelé en toute hâte à la fin d’un coup de fil, ou pire, envoyé lâchement par message WhatsApp n’est pas suffisant à cet effet. Car à l’image des trous perforant la barrière dans notre petite histoire, les blessures que nous causons à autrui sont parfois profondes. Et laissent des cicatrices.

Pour obtenir le pardon d’autrui, le judaïsme exige que nous avouions le tort précis que nous lui avons causé (à moins que cet aveu ne lui cause une douleur encore plus grande.) Notre pardon doit être sincère et ressenti dans toutes les fibres de notre âme pour espérer guérir les cicatrices laissées.

D’ailleurs cette leçon ne vaut pas seulement pour l’individu qui a causé du tort à son prochain. Elle s’applique également à celui à qui l’on a causé du tort. Certes, il n’est pas facile d’accorder son pardon à la personne qui nous a blessé, mais il n’est pas non plus souhaitable de conserver indéfiniment de la rancœur à son égard.

Nos sages nous enseignent que l’individu qui pardonne à son prochain se verra à son tour pardonné par le Tout-Puissant. Efforçons-nous de passer l’éponge et demandons-nous à Dieu d’en faire de même à notre égard.

Alors cette année, à l’approche du jour du grand pardon, tâchons de ne pas « expédier » nos demandes d’excuses. Ne nous contentons pas d’un pardon marmonné machinalement à la fin d’un coup de fil de bonne année, ou pire pianoté à la hâte sur le clavier de notre smartphone. Réfléchissons au préalable au tort que nos remarques blessantes ou nos actes répréhensibles aient pu causer à autrui. Imaginons la blessure, mais aussi la cicatrice, que nous avons pu laisser dans le cœur de notre prochain. Prenons la ferme décision de ne plus nous laisser aller à un tel comportement. Et ensuite seulement appelons la personne concernée pour lui présenter nos plus sincères excuses.

Parce que les paroles qui émanent du cœur pénètrent dans le cœur d’autrui, il y a tout à espérer que notre interlocuteur, sensible à l’authenticité de notre démarche, nous accordera son pardon de bon cœur.

Et si c’est vous qui recevez ce fameux coup de fil d’excuses, faites de votre mieux pour passer l’éponge.

Et lorsque le Tout-Puissant verra Ses enfants se tourner les uns vers les autres, regretter sincèrement les torts qu’ils aient pu se causer et se pardonner mutuellement, alors Lui-aussi nous pardonnera nos péchés et nous accordera une année douce comme le miel.

Chana Tova !

Inspiré d’un cours-vidéo du rabbin Tsvi Sytner. 

26/9/2017

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