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Face au BDS, Israël contre-attaque enfin

Face au BDS, Israël contre-attaque enfin

Quand Israël a-t-il compris que le BDS posait une menace stratégique ? Quoi qu’il en soit, il semble qu’il ait enfin décidé de prendre au sérieux cette menace et d’agir en conséquence.

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Quand Israël a-t-il compris que le BDS était une menace stratégique ? Est-ce lors de l’affaire Orange, qui a laissé un goût amer à des nombreux Israéliens ? Est-ce à la lecture des sondages effrayants qui indiquent qu’une bonne partie des étudiants des campus universitaires soutiennent le boycott d’Israël ? Est-ce lorsque le gouvernement israélien a assimilé que ce n’était pas la fin de « l’occupation » que le BDS exigeait mais bien la fin de l’État d’Israël ? Sûrement pour toutes ces raisons, et bien d’autres encore. Quoi qu’il en soit, désormais, il semble qu’Israël ait enfin décidé de prendre au sérieux cette menace et d’agir en conséquence.

Shimon Pérès, le neuvième président de l’État d’Israël, est l’un des principaux partisans de la création d’un État palestinien. Précurseur des accords d’Oslo, fervent défenseur du retrait israélien de Judée-Samarie, il est sans aucun doute l’un des porte-parole les plus acharnés de la solution à deux États. Et pourtant, lors de sa récente visite en Afrique du Sud, c’est à lui que s’en sont pris les activistes du BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) qui ont manifesté devant l’hôtel Intercontinental où il prononçait un discours lors d’une conférence organisée par la communauté juive locale.

Cette histoire résume parfaitement pourquoi le BDS est devenu une menace stratégique pour l’État d’Israël. Car elle exprime les véritables motivations de ce mouvement qui, jusqu’à récemment, affirmait lutter contre « l’occupation » israélienne en Judée-Samarie, mais s’avère avoir radicalisé son discours et révélé ses véritables objectifs, à savoir la disparition de l’État d’Israël.

Le placardage d’affiches accusant Israël d’apartheid dans le métro de Londres est une provocation qui révèle la volonté des activistes anti-israéliens de rameuter de nouveaux publics et de faire pénétrer leur narratif radical au sein du mainstream. Désormais, on assiste régulièrement, dans le monde entier, à des manifestations présentant Israël comme un pays raciste, dont l’existence même est illégitime. Des manifestations particulièrement populaires dans les universités, où étudie la prochaine génération des dirigeants mondiaux. Ainsi, la cellule du parti Labor de la prestigieuse université d’Oxford a publié il y a quelques jours un manifeste de soutien au BDS. Les membres de cette cellule constitueront, dans quelques années, la base des leaders du parti britannique.

Face à cette montée en puissance des organisations anti-israéliennes de par le monde, à Jérusalem, on a décidé de monter d’un cran également dans le combat contre le BDS, tout en refusant de contrer ce mouvement sur la place publique. En effet, c’est surtout dans les coulisses qu’Israël agit, afin de ne pas offrir au mouvement anti-israélien la publicité qu’il recherche. Ministres, députés, fonctionnaires, leaders d’opinion sont contactés discrètement pas les différentes ambassades qui leur fournissent des informations sérieuses sur les motivations du BDS et ses mensonges concernant Israël.

En Grande-Bretagne seulement, grâce à ces activités discrètes, le gouvernement a voté de nouvelles directives interdisant aux municipalités et aux organisations étatiques de boycotter des fournisseurs israéliens, sous peine de lourdes amendes. Une loi a également été adoptée, interdisant aux directeurs de fonds publics de retirer leurs investissements d’Israël à des motifs politiques. Enfin, les comptes en banques de plusieurs ONG anti-israéliennes ont été gelés. Israël est également très présent sur les campus britanniques.

L’affaire Orange, le déclencheur ?

Le mouvement BDS, co-fondé en 2005 par Omar Barghouti, un Arabe israélien diplômé de l’université de Tel-Aviv (ce qui ne l’empêche pas d’accuser Israël d’apartheid), revendique fièrement son antisionisme et affirme clairement qu’il désire la fin de l’État d’Israël en tant qu’État juif.

Mais jusqu’à la fameuse affaire Orange en juin dernier, au cours de laquelle Stéphane Richard, le PDG de cette société semi-étatique, a annoncé qu’il souhaitait le plus vite possible ne plus être lié par un contrat avec l’État hébreu, le gouvernement israélien semblait considérer encore le BDS comme une menace avant tout économique.

L’importance de la compagnie Orange, un des géants de la télécommunication mondiale, le fait qu’elle soit détenue à 25 % par France Télécom, société étatique, a sans doute contribué à réveiller les consciences à Jérusalem.

Ce combat a réussi à réunir la majeure partie des acteurs politiques en Israël, et depuis la formation du gouvernement, la lutte contre ce mouvement n’est plus gérée uniquement par le ministère des Affaires étrangères mais également par le ministère des Affaires stratégiques, dirigé par Guilad Erdan.

Ce dernier a obtenu un budget de 120 millions de shekels, ce qui lui a permis d’engager de nombreux fonctionnaires, en Israël et à l’étranger, dont la tâche sera de coordonner les différentes actions intentées contre le BDS. La question qui déchire désormais les différents acteurs de ce combat est tactique : faut-il agir dans la plus grande discrétion, dans le but de réduire l’exposition médiatique dont jouit ce mouvement anti-israélien ou bien au contraire, l’affronter comme un ennemi sur le champ de bataille ?

Un nouveau champ de bataille

Pour l’ancien ambassadeur d’Israël aux Nations Unies, Ron Prosor, la théorie selon laquelle « il ne faut pas parler du BDS » s’est effondrée : « Toutes les stations de métro de Londres sont filmées par des caméras de vidéosurveillance. Scotland Yard sait qui a placardé les affiches anti-israéliennes, quand et comment. Nous devons dire aux Britanniques qui sont ces personnes et surtout faire la lumière sur leurs accointances avec des éléments problématiques ». Un terme qui, en langage un peu moins diplomatique, signifie : des islamistes radicaux. Dans une Europe en proie à la menace islamiste et aux attentats terroristes, ce genre de campagne peut contribuer à créer une sorte de « communion des sorts » entre Israéliens et Européens.

Car finalement, ce que subit Israël n’est que l’avant-propos de ce que pourrait subir (voire subit d’ores et déjà) l’Europe.

Il y a vingt ans déjà, les services de sécurité israéliens vérifiaient les passagers en partance ou à destination d’Israël, faisant face à des accusations d’irrespect des droits de l’Homme. Aujourd’hui, ces vérifications sont monnaie courante. Idem pour les vérifications aux entrées de centres commerciaux ou d’autres mesures de sécurité initiées par Israël et faisant aujourd’hui partie du quotidien de par le monde.

Aujourd’hui, la tactique des ennemis d’Israël est différente mais le but est le même, et le monde fait face à la même menace : celle brandie par une minorité violente et/ou acharnée, qui veut imposer à la majorité un changement de la structure démocratique.

L’apport du monde juif

Israël n’est pas seul dans ce combat et il peut compter sur les organisations juives de par le monde. C’est la raison pour laquelle le ministère des Affaires stratégiques a réuni, très discrètement la semaine dernière, quelque 150 dirigeants communautaires juifs et organisations luttant contre le boycott, pour un congrès à Jérusalem au titre prometteur : « La coalition internationale en faveur d’Israël ».

Aucun journaliste n’était invité, mais quelques informations ont fuité, rapportées par le journaliste Ariel Kahana du site NRG. Durant le congrès, ont été débattus les moyens à exercer pour identifier, avant même leur mise en pratique, les initiatives de boycott ; la nécessité de nommer et de montrer le véritable visage des mouvements de diabolisation d’Israël ; les démarches concrètes à envisager pour contrer les menaces de boycott d’entreprises étrangères impliquées en Israël ou d’entreprises israéliennes ; l’augmentation des activités pro-israéliennes sur la Toile ; la mise en place d’une campagne de valorisation d’Israël et enfin, la nécessité de faire venir en Israël des leaders d’opinion.

Pour le ministre des Affaires stratégiques, Guilad Erdan, « l’objectif des activistes du BDS est de créer un réseau mondial agissant pour isoler Israël du monde ». « C’est pourquoi, poursuit-il, notre objectif est de créer un réseau d’organisations civiles qui soutiennent Israël et qui agiront de manière continue afin de faire face aux mensonges et aux calomnies répandus par le BDS ».

Cet article a paru sur le journal Hamodia – Édition française

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