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Rapport partial de l’ONU : Israël prend les devants

Rapport partial de l’ONU : Israël prend les devants

Cette fois Israël a préféré prévenir plutôt que guérir. Avant la publication du rapport partial de l’ONU, il a publié plusieurs rapports prouvant sa bonne foi et la moralité de Tsahal.

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Israël a manifestement tiré les leçons du rapport Goldstone sur l’opération « Plomb durci ». Pas question d’attendre les conclusions d’un rapport que l’on sait biaisé avant même de le lire. Pas question non plus de collaborer avec les instances onusiennes et encore moins avec le Conseil des droits de l’homme qui a depuis oublié la signification du mot « objectivité ». Alors que le CDH a rendu lundi ses conclusions sur le conflit de l’été 2015, Israël a déjà préparé les terrains et contre-attaqué en prévision des accusations de crimes de guerre.

Une langue bien trop pendue

William Schabbas a la langue bien trop pendue. Et dans le monde global dans lequel nous vivons, une langue pendue, cela se paie. Et c’est exactement ce qui est arrivé au président de la commission onusienne chargé d’enquêter sur l’opération militaire « Roc solide ». Car on ne peut pas déclarer en 2012 que « Binyamin Nétanyaou est la personne que j’aimerais le plus traduire devant la Cour pénale internationale » et présider, en 2015, une commission chargée d’enquêter sur ledit Nétanyaou. Car on ne peut pas se demander, en 2009, pourquoi le président soudanais était inculpé par le CPI « et pas Shimon Pérès » et enquêter six ans plus tard sur le conflit entre Israël et le Hamas. Car, enfin, on ne peut pas, en juillet 2014, en pleine opération « Roc solide » parler des « pauvres habitants de Gaza » qui « veulent juste un État et sont punis pour cela » ou accuser Israël de « disproportion sans les efforts israéliens visant à se protéger » et arguer un minimum d’objectivité. Il était donc normal que le 3 février dernier, Schabbas démissionne de ses fonctions et transmette le soin de rédiger le rapport du CDH de l’ONU à quelqu’un d’aussi subjectif, mais de moins bavard. « Je ne veux pas que cette attaque d’Israël contre moi éclipse le rapport que nous rédigeons », a-t-il déclaré alors. L’épisode Schabbas et la réaction israélienne à sa nomination sont parfaitement symptomatiques de la stratégie adoptée par Israël face aux enquêtes internationales menées contre lui. « Après la démission du président de cette commission biaisée contre Israël, il faut enterrer le rapport qui a été rédigé à l’initiative du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, une institution anti-israélienne qui n’a rien à voir avec les droits de l’homme. Il faut désormais enquêter sur les mouvements et régimes terroristes », avait déclaré le Premier ministre.

Le CDH : une association de malfaiteurs

Première étape de cette stratégie : retirer toute légitimité aux différentes instances qui condamnent systématiquement et automatiquement Israël, en démontrant, preuves à l’appui, qu’elles ne possèdent pas l’objectivité nécessaire pour enquêter sur le conflit israélo-palestinien. Pour ce faire, Jérusalem se sert d’organisations comme UN Watch, dirigé par Hillel Neuer, qui combat la politique biaisée du CDH en analysant chaque condamnation, chaque résolution et chaque discours contre Israël et surtout en établissant des comparaisons avec des pays qui violent régulièrement les droits de l’homme et qui, non seulement n’en sont pas inquiétés, mais font partie des États membres du CDH !

UN Watch a également démontré que depuis sa création, 80 % des résolutions adoptées par le CDH étaient des condamnations d’Israël. Pour se faire une petite idée de la « disproportion », il faut se rappeler que l’ONU réunit 193 pays (et un État observateur, la Palestine). 193 pays et 80 % des condamnations du CDH ne concernent qu’un seul État : Israël !

Pas question donc de collaborer avec des instances qui condamnent Israël a priori. Ainsi, en mars dernier, Israël refusait à un enquêteur de la CDH l’entrée dans la bande de Gaza et n’a pas coopéré avec le rapporteur spécial, Makarim Wibisono, qui a présenté son premier rapport au Conseil des droits de l’homme, sur la base d’entretiens avec des personnes à Amman et au Caire, ou sur la base de discussions avec des témoins par appel vidéo à Gaza. Dans ce rapport, il exhortait Israël à « enquêter sur la mort de plus de 1500 civils palestiniens » pendant l’opération « Roc solide » à Gaza à l’été 2014.

Pas question non plus de participer aux sessions du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU : le 24 mars, les représentants d’Israël et des États-Unis ont tout simplement décidé de boycotter la session de l’instance onusienne. Si la délégation israélienne n’a pas voulu commenter, le délégué américain Keith Harper a indiqué, dans un communiqué, que cette position était « un gage de soutien à Israël ».

Israël présente : le blitz médiatique

Le 14 juin dernier, dans une offensive médiatique savamment orchestrée, ce ne sont pas moins de trois rapports qui ont été publiés sur l’opération « Roc solide », défendant tous le point de vue israélien. Le premier a été publié par un groupe international, le High Level International Military Group, réunissant d’anciens diplomates et militaires et affirmant que non seulement Israël a respecté le droit international des conflits armés, mais même largement dépassé ces normes.

Ce rapport a été transmis à la commission d’enquête du CDH. Ce panel comptait dans ses rangs d’anciens chefs d’état-major, mais aussi l’ancien ministre italien des Affaires étrangères Giuli Terzi et l’ambassadeur itinérant des États-Unis, chargé des crimes de guerre, Pierre-Richard Prosper.

Le même jour, le CAPE, le Centre des affaires publiques et politiques de Jérusalem (voir notre interview avec un de ses dirigeants, Freddy Eytan NDLR), accusait le Hamas d’avoir gonflé le nombre des victimes civiles de l’opération « Roc solide ». Durant six mois, les enquêteurs du CAPE, anciennement dirigé par Dore Gold, qui dirige aujourd’hui le ministère des Affaires étrangères, ont étudié chaque bribe d’information publiée sur ce sujet, notamment en arabe.

Enfin, toujours le même jour, le ministère des Affaires étrangères publiait son propre rapport, dans lequel il rappelait les circonstances qui ont mené au déclenchement des hostilités, avec la poursuite incessante de tirs de roquettes et missiles depuis la bande de Gaza en direction des localités israéliennes frontalières. Le rapport mentionne également la présence des tunnels souterrains creusés depuis la bande de Gaza en direction de localités israéliennes et destinés à des attentats terroristes contre les populations civiles israéliennes.

 Il souligne l’utilisation, par le Hamas, de la population civile comme bouclier humain, de la présence, sur le champ de bataille et dans les QG de Tsahal, d’experts juridiques chargés de vérifier si les opérations étaient menées en vertu du droit militaire international. Manifestement, les précautions prises par Jérusalem avant même la publication, lundi, du rapport du CDH, n’ont pas contribué à équilibrer la position de l’instance onusienne. Néanmoins, Israël peut s’estimer fier d’avoir réussi à démontrer par A + B que dès lors qu’il s’agit du conflit israélo-arabe, le double standard est le standard...

Paru sur Hamodia.

28/6/2015

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