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  • Lecture de la Torah: Noa'h
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Faites-le dimanche !

Faites-le dimanche !

Une cliente m’a appelée, perturbée d’apprendre que j’avais arrêté de travailler le Chabbath.

par Ruth Broyde Sharone

Vraiment le monde est trop avec nous ; tôt ou tard

Gagner et dépenser étendent leur empire.

La Nature n’a rien à montrer, rien à dire

Pour l’esprit absorbé qui calcule à l’écart.

– William Wordsworth.

Il y environs trois ans, j’ai pris la décision capitale d’approfondir mon engagement de la pratique du judaïsme. Le résultat de cette décision m’a conduite à une découverte de taille que je ne suis pas prête d’oublier.

Depuis des années, je fréquentais régulièrement la synagogue chaque samedi matin, mais je continuais à travailler l’après midi. Je justifiais ma conduite par le fait qu’en tant que décoratrice d’intérieur, il m’était difficile de trouver des moments libres pour rencontrer mes clients qui travaillaient en journée pendant la semaine. Les soirées s’avéraient encore plus chargées, notamment parce que c’était un moment que je réservais à mes enfants. Ce qui me laissait uniquement les samedis et les dimanches après midi pour fixer des rendez-vous avec mes clients du travail.

Toutefois, lentement et de manière subtile, j’ai commencé à remarquer l’inconfort et l’ambivalence que je ressentais en débutant le Chabbath par la prière et la méditation, pour ensuite plonger brusquement en mode « gagner et dépenser ». Mon lien de plus en plus profond avec le Chabbath et l’atmosphère particulière que je parvenais à créer se dissipait aussitôt que je m’immergeais dans le travail et les questions matérielles. Je le vivais comme une brutale déconnexion.

En fin de compte, j’ai décidé de ne plus accepter de travailler pendant le Chabbath.

J’étais fière de ma décision. Mais un matin, cependant, j’ai reçu un coup de fil de Carine, l’une de mes meilleures clientes, avec laquelle je traitais depuis des années. Carine m’avait recommandée à une amie à elle, Johanna, et elle m’appelait pour me dire comme elle avait été perturbée d’apprendre de la part de Johanna que je ne travaillais plus le samedi. « Que se passe-t-il ? Tu travaillais toujours le samedi pour moi ? »

J’ai pris une respiration profonde. « Oui, je sais, » ai-je acquiescé, « mais quelque chose a changé dans ma vie. J’ai pris l’engagement, dans le cadre de ma pratique religieuse et spirituelle, de ne plus travailler le Samedi et de ne plus effectuer aucun travail qui pourrait me permettre de gagner ma vie. »

« Je peux percevoir l’accent de frustration et de consternation qui point dans ta voix à l’entente d’une telle nouvelle, » ai-je poursuivi, « mais c’est là une décision sérieuse que je n’ai pas prise à la légère. Et je suis sincèrement désolée pour les désagréments que cela pourra te causer à toi et à Johanna. »

Il eut un long silence. J’ai attendu, appréhendant le moment où Carine allait m’annoncer que nos relations professionnelles s’arrêtaient là.

« Puisque c’est ainsi », a-t-elle finalement dit, « nous nous verrons dimanche. »

Je l’ai remerciée et nous nous sommes dits au-revoir. J’ai reposé le combiné sur sa base, un large sourire éclairant mon visage. J’ai levé les yeux au Ciel et me suis adressée au Créateur à voix haute.

« C’était un test de Ta part, n’est-ce pas ? Tu voulais voir si mon engagement était sincère et si je n’allais pas revenir sur ma décision de sanctifier le Chabbath. »

J’ai ressenti le sourire de D.ieu en retour sous la forme d’une onde de douce chaleur qui se propageait dans mon corps…

Depuis ce jour, je n’ai plus jamais failli à mon engagement, même si cela signifiait décliner des offres de travail dont j’avais pourtant besoin. Je n’ai pas tardé à découvrir que l’argent que je sacrifiais me revenait toujours d’une manière ou d’une autre. En revanche, un Chabbath perdu est un Chabbath perdu à tout jamais.

Publié: 13/5/2012


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Vos réactions : 1

(1) Bertrand ESCAFFRE, December 23, 2012 6:09 PM

La vraie religion

Shalom, C'est bien cela, Le Sourire. Le don de soi est plus fort que toute étiquette apparente. Au-delà du Judaïsme, de la Soumission, ou de toute autre porte ouverte vers Téchouva, la religion qui est atteinte est la Connivence. Précieuse, fragile, inconnaissable et pourtant la plus évidente des réponses à toute énigme

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