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Le peuple élu

Le peuple élu

Déchiffrer une notion souvent mal comprise.

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On se réfère souvent au peuple juif sous l’appellation de « peuple élu ».

Nombreux (y compris des Juifs) sont ceux qui sont mal à l’aise avec cette idée. Ils perçoivent la notion de « peuple élu » comme raciste, il leur rappelle l’idée nazie d’une nation « aryenne » suprême. Il semble contredire l’idéal occidental accepté par tous : tout le monde est égal devant D.ieu.

Le concept juif d’élection est-il raciste ?

Lorsque la Torah se réfère au peuple juif en tant que « élu », il n’est aucunement question d’une supériorité des Juifs au niveau racial. Les Américains, les Russes, les Européens, les Asiatiques et les Éthiopiens comptent tous des membres du peuple juif. Il est impossible de définir l’élection comme reliée à la race, étant donné que les Juifs proviennent de divers peuples.

Or, alors que le terme « peuple élu » (am niv’har) ne signifie pas supérieur au sens racial, l’élection implique tout de même un caractère distinctif particulier.

Quel est ce caractère particulier ?

Historiquement, il se réfère à Avraham. Il vivait dans un monde plongé dans l’idolâtrie, qui, d’après ses conclusions, était contredit par la réalité du dessein de la nature.

Avraham investit des années de dévouement et d’efforts pour devenir le représentant de D.ieu.

Avraham accéda alors à la croyance en D.ieu, et prit sur lui la mission d’enseigner aux autres l’idéal monothéiste. Il était même prêt à subir des persécutions pour ses croyances. Après des années d’efforts intenses, de dévouement et de volonté pour accepter la responsabilité d’être le représentant de D.ieu dans ce monde, D.ieu choisit Avraham et ses descendants pour transmettre ce message monothéiste.

En d’autres termes, ce n’est pas tant que D.ieu a choisi les Juifs ; il est plus précis d’affirmer que les Juifs (par le biais d’Avraham) choisirent D.ieu.

L’élection ne fit pas partie du « projet originel » de D.ieu. Initialement, toute l’humanité devait servir de messagers de D.ieu, mais après la chute d’Adam, l’humanité perdit ce privilège, et ce rôle fut disponible. Seul Avraham choisit d’assumer cette responsabilité. Si d’autres l’avaient fait (et on leur offrit le choix), eux aussi se seraient joints à cette alliance particulière scellée au moment du don de la Torah au Mont Sinaï.

Si un privilège est offert à quiconque souhaite payer le prix nécessaire, personne ne peut protester que ceux qui font l’effort supplémentaire sont l’objet de favoritisme. Par exemple : il est logique qu’un employé qui accepte de travailler des heures supplémentaires, suit des séminaires de formation, et dirige des projets spéciaux ait droit à un bonus, en particulier si cette même opportunité est offerte à chaque employé.

L’essence d’être choisi indique la responsabilité. C’est une responsabilité de changer le monde, non pas en convertissant tout le monde au judaïsme, mais en vivant comme une communauté modèle soutenue par une éthique, une morale et une croyance en un D.ieu unique. Ainsi, nous pouvons influencer le reste de l’humanité, devenir « une lumière pour les nations » (Isaïe 42:6).

Le judaïsme est universel

En outre, le judaïsme ne relève pas de l’exclusion. Un être humain ne doit pas être juif pour atteindre un niveau spirituel élevé. Enoch « marchait avec D.ieu » et Noa’h vivait à un niveau assez élevé de relations humaines, bien qu’aucun d’entre eux ne fût juif. Notre tradition stipule que toutes les soixante-dix nations doivent fonctionner ensemble et jouer un rôle intégral dans cet « être » nommé l’humanité.

D’après le judaïsme (Talmud Sanhédrin 58b), tout un chacun peut accéder à une place dans le Monde à Venir en observant fidèlement les sept lois de base de l’humanité. Ces sept lois sont nommées les « Lois de Noa’h », puisque tous les humains descendent de Noa’h.

1) Ne tuez pas.
2) Ne volez pas.
3) Ne livrez pas de culte aux fausses idoles.
4) N’ayez pas de comportement immoral.
5) Ne mangez pas le membre d’un animal avant qu’il ne soit tué.
6) Ne maudissez pas D.ieu.
7) Établissez des tribunaux et faites comparaître les coupables en justice.

Le Temple était le centre universel de la spiritualité, chacun était le bienvenu pour apporter des offrandes

La Torah est destinée à toute l’humanité. Salomon a édifié le Saint Temple à Jérusalem, il demanda spécifiquement à D.ieu de prêter attention à la prière des non-juifs qui venaient au Temple (Rois I 8 41-43). Le Temple était le centre universel de la spiritualité, que le prophète Isaïe désigne ainsi : « une maison de prière pour toutes les nations. » Les non-juifs étaient aussi les bienvenus pour apporter des offrandes au Temple. En réalité, le service dans le Saint Temple pendant la fête de Soukot comprenait un total de soixante-dix offrandes de taureaux, correspondant à chacune des soixante-dix nations du monde. De fait, le Talmud soutient que si les Romains avaient réalisé à quel point le Temple leur était bénéfique, ils ne l’auraient jamais détruit !

La plupart des autres religions affirment que les non-croyants sont condamnés à une damnation éternelle. Même les systèmes sur lesquels repose le calendrier du christianisme et de l’islam reflètent une philosophie d’exclusion ; chacune commence par la naissance de sa religion respective. Le calendrier juif, d’un autre côté, commence par la création d’Adam, le premier homme, nous enseignant la valeur intrinsèque de chaque être humain, bien que la religion juive ne fût pas encore née.

Pour cette raison, les Juifs ne font pas de prosélytisme à la recherche de convertis. On peut toujours mériter une place au paradis, la conversion n’est pas nécessaire.

Conversion

Une composante importante de l’approche non exclusive du judaïsme est que tout individu – peu importe son passé national ou racial – peut choisir d’accepter la Torah et de devenir membre du peuple juif. En effet, certains des plus grands noms de l’histoire juive – Ruth, l’ancêtre du Roi David, et Onkelos, le Sage du Talmud – étaient des convertis au judaïsme.

Les conditions pour la conversion sont parallèles à l’expérience du Mont Sinaï

D’après le Code de la Loi Juive (le « Choul’han Aroukh »), il y a trois conditions pour une conversion valable (à mettre en parallèle à l’expérience juive au Mont Sinaï) :

1) Mitsvot : le converti doit croire en D.ieu et en la divinité de la Torah, ainsi qu’accepter d’observer les 613 mitsvot (commandements) de la Torah. Ceci comprend le respect du Chabbat, de la cacherout, etc., comme le détaille le Code de la Loi Juive, la source qui fait autorité dans le respect de la loi juive.

2) Mila: les convertis de sexe masculin doivent subir une circoncision par un « mohel » qualifié.

3) Mikvé : tous les convertis doivent s’immerger dans le mikvé, un bain rituel relié à un réservoir d’eau de pluie.

Ces trois conditions ci-dessus doivent se dérouler devant un tribunal rabbinique valable du point de la Halakha, composé de trois hommes juifs, qui eux-mêmes croient en D.ieu, acceptent la divinité de la Torah et observent les mitsvot.

22/8/2012

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