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La Capitale, Chap. 11 : Un vrai coup de téléphone

La Capitale, Chap. 11 : Un vrai coup de téléphone

L’arrivée s’est faite sans encombre. Mais alors qu’Aurore touche au but, ses parents doivent retourner à Paris…

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Résumé des épisodes précédents :

L’arrivée s’est fait sans encombre. Mais alors qu’Aurore touche au but, ses parents doivent retourner à Paris…

Dans la gare de C., un certain brouhaha avait envahi les quais. Des enfants mal réveillés pleuraient, des maris appelaient leurs épouses, des jeunes gens riaient bruyamment.

Il faisait encore nuit noire, à cette heure précédant l’aube où les ténèbres  paraissent encore plus profondes.

Alerte et rapide, Angel avait filé jusqu’à la station de taxi où se trouvaient déjà de nombreux véhicules en attente de clients. Il s’engouffra dans l’un d’eux et lâcha laconiquement :

–  La Capitale !

Le chauffeur le regarda rapidement dans son rétroviseur, surpris par ses façons cavalières.

Mais Angel ne remarqua pas ce coup d’œil, trop absorbé dans ses pensées. Les paysages désolés de l’hiver défilaient sous ses yeux, et le ciel, nuageux, laissait à peine filtrer quelques timides rayons de soleil. Une fine pluie tombait sur les fenêtres du taxi qui filait à belle allure sur la Nationale bordée d’arbres étiques.

Comment annoncer ce retour précipité à Aurore ?

Devant la grande horloge de C., qui marquait huit heures quarante, Constant décrocha son téléphone portable.

C’était Monsieur R., l’un de ses plus proches collègues, qui lui demandait de revenir urgemment à Paris. Quelque chose se tramait contre lui, et il lui conseillait vivement d’être présent. Constant n’était qu’à moitié surpris. Il raconta rapidement la conversation à May, qui comprit que son mari avait besoin d’elle, plus que jamais. Mais comment faire pour la Capitale ? Comment annoncer ce retour précipité à Aurore ?

Et alors qu’Ève faisait ses adieux à la petite fille, une idée germa dans l’esprit de May. Pourquoi ne pas confier Aurore à la jeune fille ? Elle semblait digne de confiance et pourrait à merveille jouer le rôle de baby-sitter jusqu’au soir. Elle paierait bien sûr le taxi aller-retour et dédommagerait largement Ève dans le cas où elle accepterait. Cela réduirait le séjour de sa fille mais au moins, elle profiterait d’une journée entière de vacances.

Elle proposa l’idée à Constant qui, malgré ses protestations polies, en fut ravi. Puis elle se tourna vers Ève et Aurore. Après leur avoir brièvement expliqué la situation en la banalisant pour ne pas effrayer sa fille, elle fit sa demande à Ève qui l’accepta immédiatement. Les deux nouvelles amies semblaient comblées par ce dénouement imprévu. May échangea son numéro de téléphone avec Ève et lui fit part de quelques recommandations. Constant et May leur dirent au revoir avec un pincement dans le cœur et tournèrent les talons pour attraper le prochain train en direction de Paris. Constant était touché par le soutien indéfectible de sa femme et May, bien qu’émue et décontenancée par la tournure des événements, sentait que son rôle était auprès de son époux.

Ève fut animée d'un sentiment de reconnaissance sans borne pour cette envoyée providentielle.

Une foule de visiteurs s’était amoncelée devant la station de taxis, débordée par la situation. Des navettes de minibus se succédaient à une cadence effrénée, permettant aux groupes de touristes de rester réunis. Ève cherchait une solution rapide, constatant qu’il y avait au moins une heure d’attente. Après un rapide calcul, elle conclut qu’il devait y avoir plusieurs centaines de personnes déversées chaque jour aux portes de la Capitale. Le succès n’était donc pas une légende. Dans sa poitrine, elle sentait son cœur battre à tout rompre et ressentit même un léger malaise. Elle dut s’appuyer à un muret, tant ses jambes étaient flageolantes. L’idée de ne pas assurer sa mission auprès d’Aurore lui serrait la gorge et ajoutait à son stress. La petite fille lui prit alors la main et l’emmena jusqu’à une voiture. À l’intérieur, une femme d’une quarantaine d’années était au volant. Elle l’accueillit avec un grand sourire.

–  Votre petite sœur m’a dit que vous cherchiez un moyen de locomotion pour vous rendre à la Capitale. Je viens de déposer mon mari à la gare et votre destination est sur mon passage. Je vous dépose ?

Animée d’un sentiment de reconnaissance sans borne pour Aurore et cette envoyée providentielle, Ève acquiesça et, pâle comme le ciel, monta dans la voiture.

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