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La Capitale, Chap. 6 : Un ange appelé Sigui

La Capitale, Chap. 6 : Un ange appelé Sigui

Alors qu’Angel, May, Constant et Eve se préparent pour le départ, la jeune Aurore écrit un poème sur les anges.

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(Composition : Aharon Daniel)

Résumé des épisodes précédents :

Alors qu’Angel, May, Constant et Eve se préparent pour le départ, la petite Aurore écrit un poème sur les anges.

Aurore était rentrée de l’école depuis presque une heure. Elle regardait un album de gravures représentant des oiseaux dessinés par un naturaliste. Les aigrettes neigeuses le disputaient en beauté aux pigeons migrateurs au plumage ocre. Le geai à face noire était bleu alors que le grand héron bleu était noir, contradiction qui ne laissait de l’étonner. Elle referma le grand livre aux pages glacées pour s’adonner à sa passion : écrire. Elle se réjouissait d’avoir à composer une rédaction après les vacances et trépignait d’impatience à l’idée de la rendre à la maîtresse. En attendant, elle pourrait se concentrer sur sa grande œuvre, son poème épique sur les anges. Depuis quelques semaines, depuis qu’elle avait reçu pour son anniversaire un beau cahier à couverture rigide, elle composait son texte consciencieusement.

« Tu dois exploiter ton don pour l’écriture », disait toujours son père qui avait conscience du talent de sa fille.

Le dimanche matin, tôt, elle se réveillait sans faire de bruit afin de ne pas éveiller les « soupçons », saisissait son stylo pour noircir les pages à petits carreaux. 

Les anges ne dansent pas sans raison. Ils ont les doigts fins et parfois ils ressemblent aux hommes. Voilà pourquoi je vais m’efforcer d’écrire une histoire sur les anges. Ces créatures sans mort ne sont pas vivantes comme nous. Elles sont si bonnes qu’il arrive parfois d’en trouver une mauvaise. C’est de celle-là dont je vais parler. Mon ange aimait trop tout ce qui était humain. Sa position d’ange ne l’aidait guère, il avait de très mauvais penchants, c'est-à-dire qu’il ne voulait négliger aucun des plaisirs de terriens. Mon ange était donc original. Et chez les anges, on supporte mal les originaux. Je dirais même qu’on ne les aime pas.

En réalité, mon ange différait en tout des autres. 

Aurore se relut et satisfaite de l’ensemble, se décida à poursuivre son travail.

Il était grand et brun, l’air volontaire, avec un regard d’opale.

Aurore était ravie de ce dernier mot qu’elle avait tenté courageusement sans en connaître véritablement le sens.

L’ange déchu qui aimait les œufs

Les autres étaient généralement minces, pratiquement tous blonds et toujours amorphes.

Ce mot également était le fruit de la hardiesse d’Aurore, qui osait et savait prendre des risques.

Un jour, il y eut une dispute sans précédent et les anges le chassèrent. Ce fut terrible. C’est ici que commence mon histoire.

Sigui au pays des hommes

Il était triste ce jour-là, son premier jour sur terre commençait mal. Des larmes d’eau coulaient le long de ses joues magiques. Il marcha dans les rues pour rencontrer des gens qu’il avait connus alors qu’il était encore ange, mais personne ne semblait  se souvenir de lui. Des oignons pendaient aux fenêtres, l’air était pur, le ciel plutôt gai. On avait toujours répété à Sigui qu’il était le plus indigne des anges, et alors qu’il posait son premier pied sur terre, il savait déjà qu’il ne perdrait pas son temps. Il allait profiter de son exil, et dans ses rêves, plus jamais on ne le chasserait.

Aurore relut ce dernier passage qui lui donna entière satisfaction. Elle s’émut un peu du destin tragique de son ange puis se remit à écrire.

Par terre, autour de lui, il y avait un tas d’œufs crus qui ne se laissaient pas manger. Alors Sigui dansa de joie. Il voulait sauver les œufs. Une fois libres, les œufs n’eurent pas beaucoup de temps : Sigui les goba un à un, n’en laissant pas une miette ou plutôt pas une trace. Puis, calmement, il se jura de ne plus jamais recommencer, d’être sage à l’avenir. Ah… l’avenir ! Ne plus se laisser aller.


Rendez-vous jeudi 1ier mai pour découvrir le chapitre 7...

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