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Choftim(Deutéronome 16:18-21:9)

La grandeur de l'humilité

Nous lisons dans la section cette semaine que tout roi juif est tenu de se faire écrire un rouleau de Torah et de le porter en permanence avec lui (Deut. 17:18-20). L'idée qui se profile derrière un tel devoir est qu’un roi juif ne doit pas perdre de vue la véritable perspective de sa position. Il doit constamment garder en tête l’origine divine de son autorité et ne jamais commettre l'erreur de penser qu’il détient les pleins pouvoirs. Dans la pensée juive, l'arrogance est le pire de tous les traits de caractère, tandis que l'humilité en est le plus méritoire. Lorsque la Torah veut faire l’éloge de Moïse, elle le décrit, lui et lui seul, comme « le plus humble de tous les hommes » (Nombres 12:3). Cette qualité, soulignent les Sages, représente la forme la plus élevée et la plus authentique du charisme.

Nous en déduisons donc que le but de l'humilité n'est donc pas tant d’établir une protection contre l’ivresse du pouvoir ; il semblerait plutôt que l’humilité confèrerait elle-même une certaine forme de pouvoir. Comment comprendre ce paradoxe ?

L'humilité n’équivaut pas à l'absence d'estime de soi. Elle ne se traduit pas l'autodénigrement. L'humilité, dans le judaïsme, est une acceptation du fait qu’il existe des choses plus importantes dans ce monde que mes propres désirs et mes propres besoins. L'humilité est une question de perspective. Aussi talentueux et capable que je puisse être, je ne suis néanmoins qu’une infime parcelle d'un vaste univers. L’homme humble prend conscience que dévouer son existence aux intérêts de son peuple revêt bien plus de valeur que de servir ses propres intérêts.

Plus un leader est humble, plus il est grand car à ses yeux, l’honneur, le pouvoir et l’autoglorification ne présentent aucun intérêt. Au contraire, il se met au service de ceux qu'il dirige.

Dans la loi juive, le peuple n’est pas au service du roi ; c’est le roi qui est au service du peuple. Le premier roi d'Israël, Saül, ne voulait pas ce poste. Et c’est précisément sa réticence à accepter un telle position qui en faisait le candidat idéal. Car le goût d’un dirigeant pour le pouvoir est inversement proportionnel à l’étendue de son dévouement pour le peuple.

La personne humble n’aura pas seulement la confiance de ceux qu'elle dirige, elle ne sera pas non plus intimidée ou effrayée par ceux qu’elle dirige. Faire ce qui est bien pour la nation est tout ce qui compte à ses yeux. Sa popularité n’a strictement aucune incidence.

Sur un plan personnel, cela s'applique aussi à nous. Car si vous êtes humbles, vivre pour ce que pensez être juste est alors plus important que ce que les autres pensent de vous. Une personne humble n'est pas affectée par les pressions sociales et elle demeure insensible aux normes sociales. En fait, l'humilité est le fondement de la véritable indépendance.

L'arrogance conduit rapidement à la médiocrité. L'humilité en revanche, ouvre la voie à la grandeur. Ce n’est nullement un hasard si la Torah considère Moïse, « le plus humble de tous », comme étant l’être humain le plus grand qui ait jamais vécu sur terre.

22/8/2012

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Vos réactions : 1

(1) Anonyme, August 8, 2013 1:09 PM

La Torah ne légitime pas la monarchie

Ce texte questionne l'institution royale, qui n'est pas un commandement mais répond à la volonté populaire: pour la Torah, il n'y a pas de "monarchie de droit divin", c'est le peuple d'Israël qui décide (ou non) de placer à sa tête un roi. Et cette décision se fonde sur le besoin de faire "comme toutes les autres nations". Samuel expose clairement au peuple la position divine sur la royauté: le roi fera exactement l'inverse de ce qui est indiqué dans Choftim, loin d'être au service du peuple, il fera des enfants d'Israël ses serviteurs accablés d'impôts et de corvées. La vie des rois premiers rois illustrera cette prophétie: l'humble Saül devient fou, le pur David envoie à la mort le mari de la femme qu'il convoite et le sage Salomon s’accommode de l’idolâtrie dans son harem. C'est peut-être pourquoi nous invoquons dans une magnifique prière Avinou Malkenou, notre Père, notre Roi car aucun être humain ne peut être ni père universel ni roi.

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