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Toldot(Genèse 25:19 - 28:9)

Savoir se dépasser

Dans la paracha de cette semaine, nous constatons que si Essav est de nature violente, Ya’akov, quant à lui, est tout son contraire. Les Sages expliquent que déjà dans le ventre de leur mère, lorsque Rivka approchait d’un temple idolâtre, Essav manifestait l’envie de sortir, alors que quand elle se trouvait à proximité d’une maison d’étude de la Thora, c’était Ya’akov qui s’agitait. Cette explication n'est pas forcément à prendre au sens littéral, mais une chose est sûre : dès leur conception, Essav était fasciné par le mal alors que Ya’akov, lui, était attiré vers le bien.

 
Mais comment est-ce possible? Que faire du fameux libre-arbitre, concept aussi fondamental dans la philosophie juive ? Comment ces deux hommes pourraient-ils être tenus responsables de leurs actes s’ils étaient programmés ainsi dès le départ ?

 
La réponse est simple. Chacun doit faire face à des défis différents. Certains naissent avec une tendance coléreuse, d’autres avec une nature sensible. Certains ont une attirance particulière vers l'argent, tandis que d’autres ont une tendance à la paresse. Pour chaque être humain, le challenge est différent. C'est pourquoi nous ne pouvons pas nous comparer ni nous juger l’un l’autre. Car qui suis-je pour comprendre les défis auxquels l’autre est confronté ?

 
Essav est né avec une nature violente. Son défi dans la vie était de la dominer, d’exploiter cette passion en la canalisant afin d’apporter des changements positifs dans le monde. Il aurait pu faire usage de sa colère dans son combat spirituel contre le mal et utiliser sa nature passionée pour conduire les autres sur le chemin de la vérité. Rien ne l’obligeait dès le départ à emprunter la voie du crime et de la débauche. C'est là un chemin qu'il s’est, dans une très large mesure, choisi lui-même.

 
Si cette explication s’avère exacte dans le cas d’Essav, que dire de Ya’akov ? Quel pouvait-être son challenge ?

 
La mission de Ya’akov était effectivement plus subtile. Le défi d’un génie en mathématiques est de choisir entre l’exploitation pleine de ses capacités et le contentement de se trouver simplement à un niveau supérieur à la masse. Quand j’aperçois un grand rav ayant grandi dans un univers de Thora, je ne peux m'empêcher de me demander ce qu’il serait devenu s’il avait évolué dans un contexte moins favorable. La grandeur ne se mesure pas en fonction de ce vous êtes devenu, mais plutôt du point d’où vous êtes parti. Le résultat importe moins que le chemin parcouru.

 
Devenir un homme juste – partant de cette nature depuis la naissance et en grandissant dans le foyer sacré d’Its’hak – ne relevait pas de l’exploit pour Ya’akov. La question était plutôt de savoir s'il allait se dépasser ou non. Allait-il lutter pour atteindre la grandeur ou se suffire d’être simplement bienveillant ? Ya’akov aurait pu opter pour la médiocrité de la même manière que son frère a choisi l’immoralité. Et s'il l'avait fait, son erreur aurait été identique à celle d’Essav.

 

Publié: 15/3/2012

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