cliquez ici pour accéder directement au début de l'article
Abonnez-vous

Recevez notre newsletter




Robin Williams et nous

Robin Williams et nous

Hommage à un génie comique qui s’autoproclamait « Juif d’honneur ».

par Stewart Weiss
Plus...

Ce matin, à peine réveillé, me voilà surpris par une nouvelle choquante : Robin Williams a été retrouvé mort à son domicile… Une info dont s’emparent aussitôt les réseaux sociaux, rivalisant de termes lugubres comme « suicide », « grave dépression », « dépendance à la drogue » et « alcoolisme » pour décrire les circonstances de son décès.

À mon humble opinion, Robin Williams fut l’un des acteurs le plus brillants de notre temps. Il possédait ce don si particulier de toucher la sensibilité de son spectateur à travers la moindre de ses mises en scène. Il avait conquis le grand public du monde entier avec son rôle poignant dans Le cercle des poètes disparus, Good Will Hunting, qui lui avait valu son unique Oscar, et dans un registre comique dans des films comme Madame Doubtfire.

Même si Williams était né épiscopalien, il avait quelque chose de « juif » dans sa façon d’être. Il se plaisait à parsemer ses répliques de termes en Yiddish, il interpréta des rôles juifs dans plusieurs films et sketches et n’hésitait pas à s’auto-décrire comme un « Juif d’honneur ». Il y a quelques mois, il avait d’ailleurs offert à ses fans un portrait de lui avec une kippa sur la tête, accompagné du Tweet : « Trop tard pour changer de carrière ? Rabbin Robin ? »

Son exubérance, sa spontanéité et son énergie irrépressible en firent un acteur adulé par tous ceux qui croisaient sa route.

Mais c’est aussi ce qui rend sa mort d’autant plus tragique et déconcertante. Pourquoi un homme aussi talentueux et populaire choisirait-il de mettre fin à ses jours ? Entre la gloire, la fortune, la popularité, les amis et la famille, quelle place pouvait-il y avoir pour les démons ?

Bien entendu, la maladie répond à une logique qui lui est propre, et nous ignorons les troubles émotionnels ou psychologiques qui ont pu l’affecter. Dans un communiqué envoyé à la presse, Susan Schneider, l’épouse du comédien a d’ailleurs déclaré : « En sa mémoire, nous aimerions que vos pensées se tournent vers ces moments de joie et de rire qu'il a offerts au monde entier et non sur sa mort. »

Quoi qu’il en soit, je pense qu’il y a une leçon à tirer de la vie de Robin Williams, et de sa mort pour nous autres, qui vivons en Israël. Car dans une certaine mesure, nous menons, nous aussi, une existence « bipolaire ».  En tant que nation, en tant que peuple, nous sommes constamment tiraillés entre deux pôles extrêmes : la joie et le chagrin, l’allégresse et l’affliction. Nous sommes soit en train de célébrer les merveilles et les miracles de notre terre, soit en train de pleurer la mort de ceux qui sont morts pour sa défense. Nous avons fondé un pays extraordinaire, à partir des cendres de la Shoah, et nous avons aussitôt été accablés d’anxiété et d’inquiétude à cause des menaces existentielles posées par nos ennemis. Nous remportons des victoires, avec l’aide de Dieu, contre toutes attentes, mais ensuite, nous devons affronter les douloureuses conséquences de chacun de ces conflits. Chaque triomphe est aussitôt tempérée par le spectre d’un éventuel échec, et chaque sombre tableau se voit teinter d’une lueur d’espoir. Cette dualité se retrouve jusque dans nos calendriers où s’alternent jours de fête et jours de jeûnes, occasions de réjouissance et invitations à l’introspection.

La guerre qui fait rage actuellement en Israël a éprouvé le moral de nos concitoyens : nous nous interrogeons sur l’issue de ces conflits interminables, et nous demandons quelle peut bien être la solution de cette situation qui n’en a apparemment aucune. Mais l’abattement, le désespoir ou le suicide ne viennent pas en ligne de compte. Tout au long de notre tumultueuse histoire, nous avons affronté toutes les tempêtes et, avec l’aide de Dieu, nous parviendrons à braver la présente tornade et en ressortirons davantage grandis.

Robin Williams, puisses-tu reposer en paix et trouver refuge dans un abri céleste. Comme dit le Talmud, quiconque fait rire et sourire son prochain a droit à une part dans le monde futur. Et à notre tour, nous espérons trouver notre propre refuge, sous les ailes du Tout-Puissant et dans la force et le courage d’un peuple grandiose, dont les plus beaux moments sont encore à venir.

12/8/2014

Plus...
Vous avez aimé cet article? Aidez nous à en faire d’autres. Aish.fr
ne peut exister sans le support de ses lecteurs.
Les opinions exprimées dans la section « Vos réactions » n'engagent que leurs auteurs. Vos commentaires sont soumis à modération, veuillez rester courtois.
 

Réagir à cet article :

  • Afficher mon nom ?

  • Votre adresse mail restera privée. La rédaction en a besoin pour d’éventuelles questions à propos de votre commentaire.


  • * champ obligatoire 2000
Réagir
stub