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Pourquoi un enfant doit aussi tomber parfois

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Sept leçons importantes que l'échec peut leur apprendre

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Aujourd'hui, il semble que tout ce qui ne représente pas une réussite complète pour nos enfants soit source de remise en question, voire d’humiliation – pour eux et pour nous. Nous voulons à tout prix leur éviter l'échec. 
 
Et ils ne réussissent pas mieux pour autant. Il suffit de lire n’importe quel journal pour se rendre compte des résultats de nos enfants à l'école comparativement à ceux d'autres pays, de leur niveau d’implication dans des comportements dangereux, et à quel point ils sont parfois «diagnostiqués» et mis sous médicaments au premier signe de stress. 
 
La réponse est-elle de laisser nos enfants échouer? Faut-il abdiquer? L’«antidote» serait-il d’imiter les mamans-Tigre (ndlt : chinoises) du monde, qui passent de l’acharnement à la punition et finalement aux méthodes d'humiliation que nous ne souhaiterions pas à notre pire ennemi, tout cela pour précisément éviter l'humiliation? 
 
Comme toujours chez les Juifs, la réponse réside dans la sensibilité, l'équilibre et une compréhension approfondie de ce que nous sommes réellement en train d’essayer d'atteindre. Et cet objectif est simple: former le caractère. 
 
La loi d'équilibre: L'utilisation de "l'échec" à bon escient pour enseigner à nos enfants le succès. 
 
Mon mari, qui est joueur d'échecs, insiste pour que nous laissions, gagner Jamie, notre enfant de 11 ans de peur de blesser son ego. 
 
Je travaille sur tous les travaux de l'école avec mes enfants. S’ils ont un travail à remettre, je vais leur faire des suggestions et des corrections pour m'assurer qu'ils obtiennent 10 sur 10. 
 
Ma fille de 5 ans, Rebecca, apprend le ballet. Elle a toujours aimé danser, jusqu'à ce qu’on lui refuse la position de danseuse principale dans leur récital. A présent elle pleurniche et se plaint de maux de ventre pour ne pas avoir besoin d’y aller. Nous avons peur de la traumatiser si nous insistons. 
 
Ces parents sont exceptionnels - exceptionnellement concernés, et exceptionnellement impliqués. Mais s’ils continuent de protéger leur progéniture à tout prix, ces parents auront probablement besoin d'être "impliqués" jusqu'à ce qu’ils soient inscrits au chômage. 
 
Faisons un bon dans l’avenir ... 
 
1) Mon mari laisse notre fils gagner aux échecs: Sonny, 16 ans, s'attend à devenir la star de son école aux échecs. Son professeur n'est pas d'accord. Sonny boude, déplore l'injustice, et nourrit la secrète inquiétude qu'il pourrait ne pas être aussi intelligent qu'il le croyait, tout cela enrageant contre un monde qui ne marche pas comme il le voudrait. 
 

En évitant les occasions de connaitre l’échec, ces enfants ratent leurs opportunités de succès.
2) ... pour m'assurer qu'ils obtiennent 10 sur 10. Le lycée. Un projet en histoire doit être rendu. Mais les ados sont occupés à s’envoyer des SMS et à Twitter. S’ils sont recalés, ils disposent d’une panoplie d’accusations, sauf contre eux-mêmes. «C'est la faute de l'enseignant!" "C'est de ta faute!" protestent-ils. "Tu es toujours sur mon dos à me critiquer!" Ou "Tu aurais dû me payer un tuteur, ou m’acheter un projet tout fait!" 
 
3) ... . Nous avons peur de la traumatiser si nous insistons. La petite ballerine s'apprête à entrer au collège. Ou pas… "Mais je vais être le plus jeune et personne ne me remarquera!" Elle pleurniche. "Et si vous m’envoyez, je vais vomir!" 
 
Nous y voici. C’est le résultat de parents bien intentionnés qui ont façonné la vie de leurs enfants de manière à ce qu’ils soient «sans défaillance». 

 

Ils ont en fin de compte produit des adolescents qui : 
 
    - manquent d’une vue réaliste d'eux-mêmes et du monde, et qui s’attendent à ce que le monde s'adapte à leurs besoins. 
 
     - s’arrangent pour esquiver les attentes les plus élémentaires. 
      
    - n'ont pas les compétences et la confiance nécessaires pour relever des défis. 
 
En évitant les occasions de connaitre l’échec, ces enfants ratent leurs opportunités de succès. Qui plus est, leurs parents ont été dupés par le mythe moderne selon lequel rendre la vie perpétuellement rose aux enfants en leur fournissant une solution à tout serait la recette de la confiance en soi.  
 
La route vers le succès véritable et l'estime de soi n'est pas une tâche facile. Elle implique des épreuves, et exige des luttes. Comme il est dit dans les Proverbes, «Le juste tombe sept fois et se lève" (Proverbes, 24:16). Il y aura des chutes et des échecs, c’est garanti. Le test véritable est de savoir qui a la persévérance de se relever. C'est grâce aux chutes et aux rétablissements qu’ils finiront par éviter les mauvais chemins, à aller de l'avant en faisant moins d'erreurs, à surmonter les obstacles et réaliser leur potentiel. 
 
Les enfants qui se considèrent comme compétents ont appris à vivre dans un monde qui n'est pas fait que de sourires, de raccourcis faciles, et de succès instantanés. Ils ont néanmoins continué à avoir confiance en eux-mêmes et à persévérer malgré leurs imperfections et leurs insuffisances. 
 
Comprendre grâce à l'échec 
 
L'échec peut être l'un des meilleurs professeurs pour nos enfants et une stratégie clé pour développer l'estime de soi. 
 
1. Définir l'échec et le succès dans ses propres termes 
 
Trop souvent, nous apprenons d'autres personnes ce que veut dire perdre ou gagner, échouer ou réussir. Le «succès» signifie t’il  d’être sortir major de sa promotion?" Connaitre un échec" signifie t-il ne pas être devenu milliardaire? C'est à chacun de nous qu’il appartient de s’interroger et d'établir ses propres valeurs. Vivons-nous le succès comme un accomplissement externe ou une victoire interne liée au caractère? 
 
Nous ne saurons jamais si notre petite Rebecca deviendra une Alicia Markova. Mais quelle est la priorité ? Faut-il que Rebecca devienne une danseuse étoile maintenant, à tout prix, ou bien que Rebecca construise son caractère pour savoir persister dans ce qu'elle aime? 
 
2. L'échec est une fenêtre ouverte sur les réalités.  
 
L’échec donne aux enfants une vision vraie d’eux-mêmes et du monde. Bien sûr, nous devons leur tenir la main quand ils apprennent à traverser la rue. Mais quand nous nous précipitons pour rendre la réussite trop facile, nous leur mentons et les laissons se mentir à eux-mêmes, sur qui ils sont et ce qu'ils doivent travailler. Quand nous arrêtons de faire pour eux ce qu'ils sont parfaitement capables d'apprendre à faire eux-mêmes, ils apprennent que la réussite instantanée n'est pas le but. Pour Sonny qui veut être un bon joueur d'échecs, la vraie leçon de caractère est de faire face au défi, d’essayer, d’échouer, d’apprendre ce qu'il doit apprendre, et ce qu'il est capable d'accomplir par l’effort. 
 
3. Échec et courage 
 
L’échec force nos enfants à affronter la peur, les obstacles et les défis. Dire « Pauvre de toi ! » à un enfant frustré lui enseigne à accuser les autres, à se trouver des excuses, puis à pleurnicher pour culpabiliser le monde entier. Écoutez ses préoccupations - sans vous laisser manipuler. Votre fille, une étudiante brillante, déteste la gym (n'avons-nous pas tous détesté la gym ?) "Pourquoi ai-je besoin de faire du basket-ball?" "S'il vous plaît, faites moi un mot pour que j’en sois dispensée..." Oui, c'est dur. Il faut de la persistance, de la pratique, un esprit sportif. La contrepartie est un enfant qui comprend que la vie ne fonctionne pas toujours comme il souhaiterait qu'elle fonctionne. Ce n'est ni une tragédie ni « l’échec d’une vie». C'est un accident, qu’il pourra surmonter ou apprendre à gérer avec un peu d’effort et de débrouillardise. 
 
4. L’échec est la voie de l’endurance. 
 
L’échec enseigne aux enfants qu'ils ne casseront pas. Au lieu de cela, ils vont apprendre à se plier aux réalités et à renforcer leur structure interne. L’échec est inévitable. En soulignant la valeur de se plier aux réalités et de voir l'échec comme une opportunité, les enfants comprennent: «Je vais non seulement survivre, mais je peux utiliser ce que j'ai appris pour m’améliorer!" 
 
5. Encourager la créativité et la confiance. 
 
L’échec permet aux enfants de développer des plans de secours d’une meilleure façon. Il encourage les enfants à persévérer pour trouver de nouvelles solutions. Jason, 16 ans, cherchait un emploi à temps partiel. Il avait écumé son journal local en ligne, appelé, envoyé des CV, et rien ne venait. Jusqu'à ce que maman suggère qu'ils recherchent une meilleure manière. Il est parti voir tous ses voisins, les commerces de proximité, et a envoyé un e-mail à ses copains qui avaient un emploi. Deux semaines plus tard, il travaillait sur son ordinateur pour un voisin. La capacité à connaitre un échec et se ressaisir avec des idées nouvelles nous enseigne deux mots essentiels pour la formation du caractère: «je peux!" 
 
6. Nos meilleurs enseignants.

 
Combien de fois avons-nous tenté une route pour découvrir plus tard un nouveau et meilleur chemin? La vie est faite d’ajustements et demande une gestion permanente de la réalité. Les erreurs et les faux-pas ne sont pas seulement de remarquables expériences d'apprentissage, mais ils ouvrent aussi des possibilités infinies. Découvrir ce qui fonctionne pour nous ou pas nous enseigne qui nous sommes, où nous «convenons», et ce que nous trouvons le plus gratifiant dans le monde réel. Aider nos enfants à voir l'échec, non pas comme des catastrophes, mais comme nos meilleurs enseignants, leur donne la permission d'essayer et de grandir. 
 
7. Récompenser l'effort 
 
Lorsque nous préférons l’effort à la réalisation, nous renforçons la valeur de construire un caractère. Bien sûr, nous sommes ravis lorsque notre Jake rejoint son équipe, lorsque notre Emma ramène un 10/10 à la maison, ou que notre Aviva est acceptée à la meilleure université. Mais tout cela est en général atteint après une série d’échecs. Plus encore, chacun de ces résultats va lui-même constituer une nouvelle épreuve. Ce qui va faire que  nos enfants continuent d’aller de l'avant ce sont les récompenses qu'ils ont récolté, non pas en gagnant, mais du fait qu’ils savent profiter de leurs échecs.

31/1/2012

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