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Le ménage de Pessah pour les nuls (et les nulles…)

Le ménage de Pessah pour les nuls (et les nulles…)

4 conseils de choc qui vous permettront d'arriver au Séder autrement que sur les rotules.

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AVERTISSEMENT : Si vous faites partie de celles qui, toute l’année durant, passent le plus clair de leur temps libre à nettoyer, balayer, briquer, astiquer leur petit bijou d’intérieur, cet article n’a strictement rien à vous apprendre. Un conseil, passez au prochain article ou — meilleure idée encore —retournez illico-presto à vos éponges, chiffons microfibre et autres tampons à récurer de prédilection.

Mais si, comme l'auteur de ces lignes, le simple vrombissement d’un aspirateur, voire même la vision d’un détergent pour fours suffit à vous paralyser, n’hésitez pas à y jeter un coup d’œil. Inspiré par les sages conseils de plusieurs fées du logis, il vous aidera, je l’espère, à arriver le soir du Séder autrement que sur les rotules.

Conseil n° 1 : Ne confondez pas nettoyage de Pessa’h avec ménage de printemps

Oui, on connaît toutes ce prétexte classique qui refait surface à chaque mois de Nissan : si on ne profite pas au moins du ménage Pessa’h pour trier les vêtements dans les placards, refaire la tapisserie du salon et frotter les plafonds, quand donc le fera-t-on ? Le fait est, si votre situation familiale et votre profession vous laissent le loisir de combiner en toute sérénité le ménage de Pessa’h et celui du printemps, donnez-vous-en à cœur joie. Mais si, comme cela arrive trop souvent, vous risquez d’effectuer le second au détriment du premier (ou, alternativement, d’arriver au Séder sur les genoux) il ne faut surtout pas succomber à cette tentation ! Concentrez-vous en priorité sur le nettoyage requis pas la halakha (loi juive), à savoir les pièces dans les lesquelles nous préparons la nourriture, la cuisinons et la consommons. Dans la plupart des maisons, il s’agit de la cuisine et de la salle à manger lesquelles doivent être nettoyées avec minutie puisqu’elles risquent d’abriter des résidus de ‘hamets. Si vous n’avez pas l’habitude de manger dans le salon, les chambres à coucher ou les salles de jeu, ces endroits ne nécessiteront qu’un nettoyage sommaire. Bien sûr, si vous avez des enfants en bas-âge, la zone de recherche du ‘hamets potentielle est plus vague et diffuse… Mais sachez tout de même garder les choses dans leur juste perspective. Pour être à même de bien faire la distinction entre ménage obligatoire et facultatif (ou exagéré…) il est recommandé, à l’approche de Pessa’h, d’assister à un cours de halakha dispensé par un Rav ou une Rabbanite spécialisé sur la question. Ce sera peut-être une soirée en moins consacrée au ménage, mais des dizaines d’heures de décapage superflu d’épargnées…

Conseil n°2 : Sollicitez de l’aide

Ce n’est pas parce que nos ancêtres sont sortis d’Égypte par le mérite des femmes vertueuses que c’est à ces dernières qu’incombe en exclusivité le privilège du nettoyage de Pessa’h… Tous les membres de la maisonnée, du plus petit au plus grand, doivent mettre la main à la pâte (pardonnez le jeu de mots). Certaines maîtresses de maison trop méticuleuses n’arrivent pas à se résoudre à demander un coup de main à leur mari et/ou leurs enfants parce qu’elles considèrent que leur aide ne sera pas assez efficace. Mesdames les perfectionnistes, sachez ravaler votre fierté en sollicitant (ou en acceptant) l’aide généreuse des vôtres. Il en va de votre santé physique et morale…

D’autres frémissent à la seule idée de confier une éponge et un fond d’eau aux bons soins de leurs chérubins — lesquels au passage ne demandent qu’à participer à l’effort de guerre — par crainte de devoir en « essuyer » les conséquences. Il est vrai que faire le ménage en compagnie de ses juniors n’est pas de tout repos, mais au moins cela a l’avantage de les tenir occupés.

Par ailleurs, si vous prévoyez d’accueillir des étudiants ou des célibataires pour le Séder ou d’autres repas de Pessah, n’hésitez pas à leur demander un peu d’aide. Ils seront ravis de se rendre utiles pour vous et ne se sentiront que plus à l’aise chez vous.

Enfin, même si votre budget est serré et les dépenses en vue de la fête sont considérables, essayez de vous offrir quelques heures de ménage à domicile, au moins pour venir à bout des besognes lourdes comme le four, la gazinière ou le réfrigérateur. Le résultat en vaut la dépense.

Conseil n°3 : Ne perdez pas de vue l’essentiel

C’est une idée qui vous est sans doute familière : la chasse au ‘hamets est une métaphore de la lutte sans merci que nous devons livrer contre notre mauvais penchant pour accéder à la véritable liberté. Ainsi, dans le traité Berakhot (p.17a), nous lisons : « Rabbi Alexandre disait ainsi après sa prière : “Maître du monde, il est révélé et connu devant toi que notre volonté est de faire ta volonté ; mais qui nous en empêche ? Le levain dans la pâte.” » Un ingrédient que le commentateur Rachi identifie comme le Yétser Hara.

Conséquence implacable de cette analogie : si le stress pré-Pessa’h nous fait monter sur nos grands balais, nous tombons dans l’écueil de la « vertu qui éclipse le défaut »… Un avertissement à garder absolument en tête au cas où vous surprenez votre petit dernier déambuler dans votre salle à manger cacher lépessa’h en train de grignoter tranquillement une biscotte rassie.

Conseil n°4 : Faites des pauses efficaces

Last but not least, prévenez le redoutable Syndrome d’Épuisement Ménager en vous accordant des pauses régulières. Ainsi, la rabbanite Dina Coopersmith de Jérusalem recommande à la ménagère de sortir au moins une fois par jour de chez soi pour pratiquer une activité qui n’a aucun lien avec le nettoyage : un cours de Torah, une pause-café avec une amie ou une quelconque activité sportive.

Et d’ajouter un avertissement de toute importance : ne vous sentez pas pour autant coupables de délit de fuite. Et puis surtout, si jamais vous rencontrez une amie bienveillante surprise de vous voir sans plumet à la main, ne laissez pas les commentaires du type “Tu-passes-sans-doute-Pessa’h-à-l’hôtel” vous saper le moral.

Pessa’h cacher mais aussi… saméa’h !

Une version de cet article a paru dans le journal Haguésher.

5/4/2016

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