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Nos soldats

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La foi et l’idéalisme de l’Armée d’Israël

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Au cours de la guerre du Liban de l’été dernier, je marchais dans les ruelles de mon quartier de Jérusalem lorsque je tombai soudain sur une amie dont la fille de 20 ans avait été assassinée dans un attentat terroriste. Ce matin, aux nouvelles, on avait annoncé la mort de quatre nouveaux soldats israéliens. À la vue de mon amie, je pâlis. « J’espère qu’aucun de tes fils n’est au Liban ! » m’exclamai-je. Sa famille, qui avait son alya d’Afrique du Sud, avait de toute évidence payé chèrement le droit des Juifs à vivre en Israël.

Mon amie fronça les sourcils. « Et bien, Tsvi a presque fini son service, mais mon second fils est actuellement sous les drapeaux. Il voulait rejoindre une unité combattante. D’après la loi, lorsqu’une famille a perdu un enfant, les enfants restants ne peuvent rejoindre une unité combattante sans l’accord écrit des deux parents.

— Tu ne vas pas signer, j’espère ! laissai-je échapper.

Elle secoua la tête en signe de dénégation.

— Je ne voulais vraiment pas signer. Mais nos enfants sont élevés avec l’idéal de combattre pour la défense d’Israël. Si je ne le laisse pas réaliser ses idéaux, il m’en voudra pour le restant de ses jours.

— Et bien, qu’il t’en veuille ! l’implorai-je, me souvenant à quel point cette famille avait été totalement accablée par cette perte terrible.

Elle secoua à nouveau la tête résolument et des larmes lui montèrent aux yeux.

— J’ai signé ce matin. »

L’accomplissement personnel face à l’abnégation

Beaucoup d’encre a coulé sur le Post-sionisme, à savoir le rejet de nombreux Israéliens, émanant des milieux universitaires et des couches supérieures de la société, de l’idéal de créer un État juif sur la Terre d’Israël. D’après les dernières statistiques, environ 25 % des jeunes Israéliens laïcs aptes à servir dans Tsahal évitent le service militaire. La star de rock Aviv Geffen, une icône israélienne de la culture pop de la dernière décennie, a non seulement refusé de faire son service obligatoire, mais a encouragé d’autres jeunes gens à quitter le pays plutôt que d’effectuer leur service.

Ce qui oppose les post-sionistes aux Israéliens religieux est la valeur accordée à l’abnégation en faveur de la collectivité.

En revanche, on écrit bien moins sur ceux qui, à l’instar du fils de mon amie, considèrent le service militaire pour la nation juive en terre d’Israël comme un idéal sacré. Alors que les Juifs religieux constituent une minorité de la population d’Israël, ils sont devenus majoritaires dans les unités d’élite de combat de l’armée israélienne, et une proportion croissante d’officiers est issue de leurs rangs.

À première vue, il semblerait que ce qui oppose les post-sionistes aux Israéliens religieux est la politique et l’idéologie : la gauche opposée à la droite, l’universalisme opposé au nationalisme. En réalité, leur différence la plus marquante est la valeur qu’ils assignent à la réalisation de soi par opposition à l’abnégation en faveur de la collectivité. L’idéal juif de messirout nefech fait allusion à l’idée d’abandonner ce qui nous est le plus cher. La messirout nefech s’inscrit dans un continuum passant du simple dévouement (tel que donner de votre temps pour une juste cause) jusqu’au sacrifice de soi total (tel que renoncer à sa vie).

Un brillant exemple de cette deuxième conduite fut incarné par le chef de bataillon Roï Klein. Sa section se trouvait à l’intérieur d’un bâtiment au Liban l’été dernier lorsqu’un terroriste du Hezbollah lança une grenade par la fenêtre. Roï savait qu’il n’y avait qu’un moyen de sauver ses hommes. Il se jeta sur la grenade, en criant Chema Israël, laissant ainsi son propre corps absorber le choc de l’explosion, et sauvant tous les autres soldats présents dans la pièce.

L’opposé de la messirout nefech est la culture du « Moi d’abord » de l’Occident, qui a pénétré les discothèques de Tel-Aviv, mais non l’armée d’Israël. Au cours de la guerre de l’an dernier, plus de réservistes se sont présentés pour se battre qu’on en a appelés. Ils ne sont pas tous revenus.

Les cinq dernières secondes

Parmi les réservistes juifs tués au Liban figurait le Lieutenant-colonel Emmanuel Moréno, âgé de 35 ans. Emmanuel et son unité avaient été envoyés au Liban pour mettre un terme au flot d’armes arrivant au Hezbollah depuis la Syrie et l’Iran.

Lorsque la femme d’Emanuel et ses enfants faisaient les chiva (semaine de deuil) pour lui, un officier non religieux de l’armée se présenta et rapporta une conversation qu’il avait eue avec Emmanuel juste avant qu’ils ne s’embarquent dans l’hélicoptère qui devait les emmener en zone de combat.

Les deux officiers étaient assis à discuter des possibles éventualités qui pourraient survenir au cours de la bataille imminente, et quelle serait leur réaction. Deux semaines plus tôt, un missile du Hezbollah avait touché un hélicoptère de l’armée israélienne et avait tué les cinq soldats qui s’y trouvaient. L’officier rapporta leur conversation :

Que ferais-tu si, à D.ieu ne plaise, notre hélicoptère était touché par un missile et qu’il ne te restait que cinq secondes à vivre ?

Emmanuel me demanda : « Que ferais-tu si, à D.ieu ne plaise, notre hélicoptère était touché par un missile et qu'il ne te reste que cinq secondes à vivre avant qu’il n’explose?»

Je lui répondis : « Je ne sais pas. J’imagine que je serais très triste et pris de panique. Je fermerais les yeux et attendrais que tout se finisse le plus vite possible, avec le moins de souffrances possible. »

Emmanuel réfléchit quelques instants et me dit : « Ce que je ferais, et c’est aussi ce que tu devrais faire, c’est réciter le Chema Israël. »

Je le regardais et lui dis : « Ok, réciter le Chema Israël, d’accord, mais quel est le bien que tu en retires ? Quoiqu’il arrive, un instant plus tard, l’hélicoptère va exploser et nous allons tous mourir. »

Puis il me répondit par une phrase qui m’accompagne jusqu’à maintenant, et je pense qu’elle restera avec moi toute ma vie : « Si une personne n’a que cinq secondes à vivre et qu’il pense que sa vie a encore un sens et qu’il est poussé par les conséquences éternelles du Monde à venir, alors, cela signifie que sa vie a un sens. Mais s’il ne reste que cinq secondes à vivre à quelqu’un et qu’il ne comprend pas l’importance de ces cinq dernières secondes, alors il apparaît que toute sa vie n’avait aucun sens, car nous ne vivons pas uniquement pour satisfaire nos désirs physiques ou pour passer du bon temps. L’existence est plutôt une étape, un lien vers la vie suivante. »

Comme le formule le rabbin Noah Weinberg: « S’il n’y a rien pour lequel vous souhaitez mourir, alors vous n’aurez rien pour lequel vous souhaiterez vivre. »

Un émissaire divin

Dans son nouvel ouvrage Am Israël ‘Haï (en hébreu, publié par Toda Tsahal), le commandant de réserve Moché Kenan relate une histoire qui nous donne un aperçu de ce qui se trama derrière les coulisses de l’armée juive en guerre l’été dernier.

Vers la fin de la guerre, lors d’une bataille particulièrement féroce qui eut lieu dans le territoire libanais à trois kilomètres de la frontière, quatre soldats israéliens furent tués et plus de trente blessés. Le commandant Moché Kenan fut le dirigeant du peloton de sauvetage des parachutistes qui rapatrièrent les morts et les blessés et une partie du matériel en Israël. À l’issue de l’opération, ils se rendirent compte qu’ils avaient oublié un soldat mort.

C’était un dimanche. On leur avait annoncé qu’un cessez-le-feu avec le Hezbollah entrerait en vigueur à 8:00 le lundi matin. Il leur restait à peine 18 heures pour retourner dans la zone de combat et récupérer leur camarade tombé, ainsi qu’un nombre considérable d’armes et de munitions laissées sur place. Voici ce que Moché écrit :

Dans la section, les opinions étaient partagées. Certains officiers prétendaient qu’il n’y avait aucune raison d’y retourner. Le Hezbollah n’attendait que l’occasion du retour de l’équipe de sauvetage pour retourner sur place et l’attaquer. Il ne valait pas le coup de mettre la vie des autres soldats en danger pour sauver le matériel et un soldat mort.

Mais la majorité était d’avis qu’il leur fallait y retourner, quel qu’en soit le prix, afin que le corps ne soit pas capturé et que le matériel ne tombe pas entre les mains du Hezbollah.

Le soir même, la décision fut prise : nous y retournions.

Chlomi, l’assistant du commandant de la section, était sceptique sur l’opération, mais Moché se lança dans les préparatifs. Il réquisitionna et reçut des équipements spécialement destinés à la vision de nuit, des soldats du génie entraînés à désamorcer des mines (terrestres), et un chien de chasse pour flairer facilement et rapidement le corps, sachant qu’ils se trouveraient sous le feu du Hezbollah pendant toute la durée de la mission.

Tard ce soir-là, juste avant de partir, Moché rassembla ses soldats pour un briefing. Il expliqua le but de l’opération : ramener le corps du soldat mort pour lui arranger un enterrement juif décent. « Il n’était pas nécessaire d’évoquer l’importance de l’opération » se rappelle Moché. « Je pouvais distinguer dans les yeux des soldats purs l’étincelle de foi. »

Il conclut son briefing: « Nous y allons pour ramener notre camarade et lui organiser un enterrement juif. Son âme pure et éternelle voit et connaît votre messirout nefech (abnégation). Nous, le peuple d’Israël, n’avons pas peur du Hezbollah. Ils sont exactement comme Amalek, qui combattit contre les Israélites après l’Exode d’Égypte… »

Moché poursuivit en racontant comment Moïse avait conduit l’armée israélite à la victoire. Il était assis sur une colline surplombant le champ de bataille, et lorsqu’il levait ses mains vers le ciel, Israël gagnait. Lorsqu’il abaissait ses bras, l’ennemi l’emportait.

Un membre sceptique de la section demanda comment les mains de Moïse pouvaient déterminer l’issue de la bataille. Moché répondit que Moïse avait indiqué aux soldats : « Regardez en direction du haut, vers D.ieu ! La bataille matérielle est importante, mais afin de gagner la bataille, il faut subjuguer notre cœur à notre Père dans les Cieux. Lorsque les Bné Israël regardèrent vers le haut et subjuguèrent leur cœur vers D.ieu, ils gagnèrent. Avec l’aide de D.ieu, nous allons nous lancer dans la bataille et nous allons l’emporter. »

Alors qu’ils commencèrent à se mettre en mouvement, on les avertit que le Hezbollah avait été repéré dans la zone précise où ils devaient se rendre, et de ce fait, ils ne pouvaient emmener le chien. Un simple aboiement suffirait à révéler leurs agissements.

À la frontière, Moché bénit ses soldats avec la bénédiction des Prêtres de la Torah.

Je ne suis pas kohen, mais je ressentais un amour tellement profond pour ces soldats. J’avais réellement l’impression de bénir mes fils le soir de Chabbat.

Je ne pensais pas à ma famille. En temps de guerre, il est interdit de penser à sa famille. Pour moi, les soldats étaient mes enfants…

Puis je pris une minute pour lever les yeux au Ciel et priais depuis les tréfonds de mon cœur : « Maître de l’Univers, prouve je t’en prie à tous les soldats de l’unité que Tu nous aimes. Merci. »

Dès qu’il fit ses premiers pas en territoire libanais, Moché aperçut quelque chose qui courait dans sa direction. C’était un petit chat gris. Le chat rôdait à côté de ses bottes, en dépit des tentatives de Moché de le chasser. Alors que la section s’enfonçait plus profondément au Liban, le chat les accompagnait toujours.

Après une heure de marche, leur éclaireur remarqua deux figures indistinctes sur le côté est. La section se jeta à terre et pointa ses armes en direction des terroristes. Moché était sur le point d’ouvrir le feu lorsque le chat sauta à côté de lui et l’effleura avec sa queue. Décontenancé, Moché perdit sa concentration. Le temps qu’il la retrouve quelques instants plus tard et s’apprête à tirer, les deux figures indistinctes furent identifiées comme des soldats israéliens.

Le chat les accompagna pendant les trois kilomètres jusqu’à leur destination : la colline où le corps du soldat se trouvait quelque part dans l’obscurité. Le feu du Hezbollah pleuvait sur toute la zone. « Nous reconnûmes l’odeur de la guerre sur la colline, et de loin nous vîmes les missiles que nous avions laissés dans la zone, brillants de la rosée et de la lumière de la lune. »

Chlomi, l’assistant du commandant de la section, envoya des forces pour récupérer le matériel. Puis il fit appel à l’équipe de sauvetage de Moché pour gravir rapidement la colline et retrouver le corps. Juste à ce moment-là, un missile du Hezbollah atterrit à côté de la colline. Pleins de détermination, les forces de Moché formèrent une ligne horizontale et, avançant prudemment, commencèrent à passer la zone au peigne fin.

À un moment donné, le soldat sur la droite de la ligne s’exclama : « Regardez ! » Ils s’arrêtèrent et virent que le chat se trouvait à côté d’un casque israélien. Moché murmura : « Apparemment, c’est exactement ici qu’il est tombé. » Ils commencèrent à fouiller le sol avec leurs mains, mais ne trouvèrent que des grenades et des éclats d’obus de la bataille. Puis Moché remarqua le chat.

Le chat était assis sur le soldat que nous recherchions.

« Soudain, à une distance de trois mètres, nous vîmes le chat qui tentait de tirer quelque chose. Nous nous avançâmes et vîmes que le chat était assis sur le corps du soldat que nous recherchions. »

Ils traînèrent le corps vers le bas de la colline et prirent la direction du sud. Au cours du retrait, Moché contacta son unité par radio : « Un petit chat qui se trouve avec nous nous a aidé à trouver exactement ce que nous recherchions. Ne le chassez pas. » Lorsque Moché lança un regard derrière lui, le chat avait disparu.

De retour vers la frontière, l’un des officiers forma le rang à côté de Moché et lui murmura : « Tu as vu ça ? L’armée n’a pas pu nous aider avec un chien chasseur, alors D.ieu nous a envoyé un chat chasseur. »

Heureuse est l’armée d’Israël dont la messirout nefech attire des miracles de D.ieu.

10/4/2013

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