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Imaginez

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Une invitation à vivre le rêve israélien au quotidien...

par Katie Green
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Imaginez vivre dans un pays où tout est presque nouveau, et si ce n’est pas nouveau, c’est très ancien.

Imaginez que vous vivez dans un pays où vous travaillez dur pour édifier les institutions nécessaires à votre vie quotidienne – l’école secondaire de votre fille, un centre destiné au développement de l’enfant, le marchand local de pizza, un nouveau système de médecine d’urgence, une société de logiciels.

Imaginez que lorsque vous acquérez une maison, la terre qui l’entoure n’a jamais été labourée, vous plantez vous-même l’herbe, et plantez des orangers, des citronniers, des oliviers et des fruits de la passion. Et vingt-et-une vignes de Cabernet Sauvignon.

Imaginez vivre sur le haut d’une colline et assister à l’ouverture du premier supermarché dans votre ville, du premier centre médical pour nourrissons, du premier coiffeur et du premier marchand de falafels.

Imaginez prier dans un abri antiaérien pendant douze ans, car ce laps de temps vous est nécessaire pour construire une synagogue dans votre communauté. Imaginez les premières prières de vendredi soir dans la synagogue tout juste achevée: les femmes en pleurs, les hommes en larmes, les étreintes et les rires, le sentiment d’avoir accédé à quelque chose qui vaut plus que tout ce que vous n’avez jamais accompli jusque-là.

Imaginez que vous effectuez la navette vers Jérusalem chaque jour depuis Bet Chémech, le long de la route qui longe le cours d’eau du Sorek, dans les collines pour en ressortir au niveau de l’hôpital Hadassa avec sa piste d’atterrissage pour hélicoptères sur le toit. Imaginez les cieux de couleur turquoise les matins d’hiver, l’acacia jaune, le pin, le cyclamen sauvage, et les amandiers en fleur dans la fraîcheur de l’hiver. En chemin, vous allez passer le long des grottes de stalagmites, à côté de l’ancienne communauté agricole de Nataf, avec ses conduits en terrasse qui datent de plusieurs centaines d’années, et un monastère flanqué sur le coteau. Alors que vous effectuez cette navette, au fil des ans, une toute nouvelle aile de Hadassa sera construite, surgissant devant vos yeux.

Imaginez remonter à pied la rue Jaffo vers le centre de la ville, les trottoirs en travaux, les cris des entrepreneurs, les ingénieurs des ponts et chaussées portant des casques, les conduits de ciment creux mis en place, les embouteillages, les retards des bus, les nids-de-poule dans le sol, les câbles et ensuite : des pavés tout neufs placés tout le long de la rue, des arbrisseaux plantés entourés de monceaux rouges de « houmra » placés à la base de chacun d’entre eux.

Et lorsque vous avez vécu ici 25 ans, lorsque vous imaginez que vous ne verrez plus de nouvelles constructions, de développement et de nouveauté, le nouveau tramway commence à glisser silencieusement tout le long de la Rue Jaffo, avec ses lignes fines et épurées. Il circule le long des nouvelles boutiques, des nouveaux hôtels et des nouveaux immeubles de bureaux. Le premier trajet est offert à vingt enfants souffrant du cancer, car il n’est pas garanti qu’ils puissent assister à l’imposante inauguration prévue à une date ultérieure.

Imaginez votre fils étudiant à la faculté de droit à l’Université hébraïque, où il étudie la loi turque, la loi britannique et la loi israélienne dans un bâtiment dont la pierre angulaire fut posée en 1918, tandis qu’il vit dans un village d’étudiants construit en 2008. Imaginez votre fille étudiant la Torah dans un séminaire de filles dans un kibboutz de la vallée du Jourdain, imaginez-la roulant en bicyclette tous les jours le long des allées soignées du kibboutz en direction du Bet HaMidrach, où elle étudiera pour un an ; elle intégrera ensuite l’armée pour travailler dans le Service des Renseignements.

À la fin d’une journée de travail, vous rentrez chez vous pour vous assoir sur votre terrasse et observer le jardin que vous avez planté, les palmiers et les bougainvillées, la lavande et le jasmin, et vous sirotez un verre de Cabernet Sauvignon que vous avez fabriqué à partir de vos vignes ; vous regardez les huppes avec leurs queues jaunes, les perruches vertes et les martins-pêcheurs turquoise qui sont venus vivre dans votre jardin.

Quelque part un enfant s’exerce au piano, et deux chats se mettent à se battre, et vous réalisez que vous feriez mieux d’entrer à l’intérieur pour commencer à préparer le dîner.

Imaginez qu’il n’y ait pas de pays, écrit John Lennon, mais il s’est trompé. Que seraient nos vies si elles étaient dépourvues d’amour pour les pays où nous vivons ? En particulier, si le pays où nous vivons nous laisse savoir, mille fois par jour, que le travail que nous effectuons, les enfants que nous portons et les individus que nous prenons en amitié relèvent du miracle, quelque chose gravé dans l’univers situé bien au-delà de notre propre existence humaine.

Pas de religion aussi, écrit John Lennon, mais que seraient nos vies si nous ne pouvions remercier D.ieu chaque jour pour la nouveauté et l’ancien, les casques et les embouteillages, les martins-pêcheurs et les tramways, une synagogue si ancienne que seul son sol en mosaïque a été conservé, une synagogue si neuve qu’un lapin sauvage blanc, délogé de son domicile, vit toujours sous les fondations en ciment qui soutiennent la salle de fête.

Imaginez vivre dans une région où rien n’est certain et rien n’est promis, rien hormis la passion, l’engagement et le sacrifice du peuple autour de vous, leurs enfants étant presque aussi précieux pour vous que les vôtres. Imaginez un pays en guerre où chaque seconde de paix est chérie et appréciée, où l’on a prié pour chaque pluie torrentielle d’hiver accueillie avec joie.

C’est votre pays et il n’est pas nécessaire que vous imaginiez. Votre grand-mère devait se l’imaginer, et sa mère avant elle, et sa propre mère aussi. Pendant des siècles, seule l’imagination fut possible, mais à présent vous pouvez aller à sa rencontre, au-delà de l’imagination, vers l’avenir d’un pays juif. Il vous est possible de le façonner avec vos propres mains, d’apporter votre voix à son gouvernement, à ses médias et à sa culture, de fondre votre visage dans ses paysages. Aucun de vos gestes – acheter une nouvelle variété de fromage au supermarché, bavarder avec le chauffeur de bus en chemin pour le travail, ou planter un arbre dans votre jardin, ne vous paraîtra insignifiant. Vous considérerez que c’est tout, et vous aurez raison.

Je vous ai demandé d’imaginer, mais je retire.

N’imaginez pas.

Venez, tout simplement.

30/5/2012

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Vos réactions : 2

(2) Laly, May 31, 2012 6:19 AM

Merci

Merci pour ce texte, merci pour les larmes qui coulent en le lisant, merci pour cette sensation unique de lire quelqu'un qui ressent exactement la même chose que soi-même!

(1) janine abram-profeta, May 30, 2012 12:34 PM

texte magnifique; tout est dit.

texte magnifique dans sa simplicité ; quand on a fini de lire, gorge nouée et larmes aux yeux , on se dit quel dommage de ne pas pouvoir vivre une seconde fois sa vie!

 

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