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La vie et la mort à Har Nof

La vie et la mort à Har Nof

Une lettre de Rabbanite Tziporah Heller.

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Chers amis,

Cette dernière semaine, après l’attentat dans la synagogue de Har Nof, beaucoup d'entre vous ont exprimé leur empathie et ont prié. Je n’ai pas de mots pour vous dire ce que cela représente non seulement pour moi, mais aussi pour chacun d'entre nous. D.ieu merci, Shmuli, mon gendre, va beaucoup mieux. Il est conscient, capable de communiquer et a rappelé à un ami qu'il ne lui cédait son siège dans le transport pour la Yechiva de Mir que temporairement ! Cela ne signifie pas que l'histoire soit terminée. Si nous fermions le livre ici ce serait un déni cruel de ce que nous avons vécu à Har Nof, un pogrom qui a laissé quatre veuves et 24 orphelins (voir Il se bat pour sa vie !).

Nous avons enterré quatre hommes qui ont été assassinés, et leur disparition a incité beaucoup d'entre nous à une réflexion profonde sur ce qu’est véritablement la mort. Que signifie une mort brutale provoquée par des personnes que vous n’avez jamais rencontrées ? Que signifie une mort causée par le seul fait que vous êtes Juif ? Est-ce une tragédie sans raison ? La mort n’est jamais douce pour ceux qui restent, mais ils peuvent trouver un peu de réconfort en sachant que la mort de ces quatre hommes était un reflet de la façon dont ils choisirent de vivre.

Leur disparition a une signification

Les hommes qui ont été tués, en priant dans la communauté de « Kehilas Bnei Torah » sont morts comme ils ont vécu ; ils consacrèrent leur vie à la émouna, la confiance en D.ieu, et commençaient chaque jour de leur existence en se dévouant pour les autres. Ils ont été tués parce qu’ils n’étaient pas musulmans. Quand ma fille Miri a reçu l'appel de l'hôpital qui lui demandait de se rendre à Hadassah dès que possible et de ne pas venir seul, ce fut l'un des pires moments de notre vie. Dans la voiture, nous avons passé les 20 minutes de trajet en ressassant les différentes variations de « Je ne peux pas croire que cela ait pu se produire. C’est trop terrible ». Lorsque nous avons été autorisés à entrer dans la salle de réveil pour voir Shmuli après l’opération, nous n’avons pas pleuré ; nous étions trop choqués.

Quand j’ai demandé à l'infirmière quel était le filet de sang qui sortait de l'oreille de Shmuli, elle m'a dit qu'ils n’étaient pas en mesure de contrôler totalement l’écoulement mais que ça n’avait pas vraiment d’importance. Lorsqu’ils feraient la seconde opération, ils s’occuperaient de ça. La réponse semblait rationnelle et je me sentis soulagée. J’avais accepté que le sang sortant de la tête d'un homme était une chose normale, et qu’une seconde intervention chirurgicale était quelque chose à espérer. Je ne sais pas ce que Miri pensait, mais ce que je sais, c’est que la seule chose qui n’a jamais traversé nos esprits est le regret.

Regretter

Aucun d'entre nous n’aurait souhaité qu’il reste à la maison ce mardi-là, pas plus que tout autre jour de la semaine. Aucun de nous n’aurait souhaité que mon petit-fils Mordechai soit le genre d'enfant qui n’aime pas se rendre à la synagogue avec son père. Nous savions tous que le méchant de l'histoire n’était pas la coïncidence de temps et de lieu qui provoqua leur présence dans la synagogue à ce moment-la. Le méchant était le meurtrier avec sa machette et l’assassin avec son pistolet.

Ils sont au centre de la tragédie, mais nous savons tous qu'ils font partie d’une foule immense. N’oublions pas la multitude d’enfants à qui l’on a enseigné la haine de l’autre dès le plus jeune âge. N’oublions pas les mosquées où retentissent les « Itba’h al Yahud » (tuons les Juifs) dans les sermons du vendredi après avoir dûment loué Allah le Miséricordieux.

Mais nous n’avons pas pensé à tout cela à l’hôpital. Ma fille et moi étions au centre de quelque chose de beaucoup plus grand et de plus réel que le drame politique qui se jouait devant nous. Cela s’appelle la foi en D.ieu. Qui peut faire évoluer les choses ? Nous avions conscience que la volonté divine ne nous était pas dévoilée mais que Sa bonté était en action. C’était la seule chose qui comptait dans la salle de réveil.

Emouna

La Emouna signifie que tout a une source, qu'il y a un but et un sens à toute chose. Cela signifie que nous aurons tous des comptes à rendre concernant notre existence à Celui qui l'a donnée. Cela signifie que vous vivez sur une page d'un livre sans fin, et que la seule chose qui importe vraiment, c’est le genre de personne que l’on choisit de devenir.

Choisissons la lumière

Nous pouvons choisir la lumière. L'apprentissage. Nous pouvons choisir les actes de bonté. La proximité avec les blessés en continuant à prier pour Shmuel Yerucham ben Baila, Chaim Yechiel ben Malka et Eitan Ben Sara. Les Rabbanim ont fortement recommandé d’allumer les bougies de Chabbat plus tôt. Le Maharal nous dit que la lumière de ces bougies est la même lumière que celle que la Torah apporte au monde. Nous pouvons dépasser nos limites et notre attachement au matérialisme en donnant la tsedaka. Un fonds a été lancé pour les veuves et les orphelins. Les dons peuvent être envoyés à la Kuppat Haïr, Fonds 2159, (appelez le 1-888-587-2842 pour savoir où adresser le don). Ce fonds est dédié aux victimes de la tragédie de Har Nof. Divers fonds ont été lancés, mais les Rabbanim du quartier ont recommandé celui-ci parce qu'il est en mesure de fournir un reçu déductible d'impôt à ceux qui le désirent. Nous pouvons choisir de faire partie de leur vie dans ces moments difficiles. Après tout, nous sommes tous les membres d’une même famille.

Aidons-les également en informant nos amis qui veulent se dépasser.

Avec affection,
Tziporah

27/11/2014

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Vos réactions : 1

(1) Alain, November 29, 2014 11:17 PM

crimes abjectes

Tous les représentants des trois religions monothéistes devraient se soulever contre ces actes barbares commis de surcroît dans un lieu de culte ! Quelle abomination !

 

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