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Aimer l'Enfant des Autres
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Que faire quand ça ne vient pas naturellement?

Si vous avez des enfants, vous avez probablement éprouvé la plupart des émotions liées à leur éducation : joie, fierté, frustration, sentiment d’impuissance, panique, colère. Elever des enfants est une expérience éprouvante qui provoque chez nous toute une gamme de réactions. Mais l’émotion principale qui sous-tend généralement ces réactions, c’est l’amour.

L’amour contribue à nous faire éviter les écueils. On s’énerve peut-être sur un enfant qui revient trop tard à la maison, surtout quand il a oublié de prévenir, mais ça n’est rien en comparaison de l’immense soulagement de le voir arriver. Ce soulagement prend source dans l’amour immense et intense qu’on a pour  son enfant. Quand il/elle rechigne à faire ses devoirs, notre colère ou notre déception ne font que refléter notre préoccupation, elle-même née de l’amour que nous lui portons.

Mais que se passe t-il quand l’enfant qu’on élève est celui de notre nouveau conjoint, et n’est pas notre enfant d’un point de vue biologique ? Cet amour instinctif, irrationnel et insondable est-il toujours sous-jacent ? Pas forcément. 

Parfois, il arrive qu’un parent qui n’est pas le parent biologique, ressente un amour intense et quasi-parental pour l’enfant. Les tout-petits humains sont toujours adorables, même aux yeux d’étrangers. Et si notre nouveau conjoint débarque dans notre vie avec un p’tit bout de chou comme ça, notre cœur va sûrement se mettre à déborder d’amour, et tout ira pour le mieux. 

Mais ressentir un amour parental avec un enfant que l’on n’a pas connu bébé est autrement plus difficile. Les débordements de ce grand gamin, voire de cet adolescent, seront bien plus difficiles à supporter quand ses bouclettes et ses grands yeux, ronds comme des billes, ne seront pas là pour nous attendrir. Et je ne parle pas de l’aimer. 

La nature de l’enfant rentre également en ligne de compte. Un parent non-biologique sera mieux disposé vis-à-vis d’un petit ange poli, gentil et toujours prêt à aider, qu’envers un petit démon têtu et mal élevé. Votre conjoint aura toujours beaucoup de compassion pour un enfant qui doit faire face à une période émotionnellement difficile, mais qu’en sera-t-il de vous ? Comment allez-vous gérer une relation avec un enfant difficile ? Qu’allez-vous ressentir pour lui ? Et si vous ne devenez pas précisément un fan du gosse, que va en penser votre nouveau conjoint ?

Des gestes d’amour.

Il est normal de ne pas aimer particulièrement l’enfant d’un conjoint, même s’il n’est pas un démon. Apres tout, regardez le temps que cela vous a pris de trouver un nouvel amour. On ne peut pas donner son cœur au premier venu. 

Mais la Torah nous enjoint « d’aimer notre prochain comme nous-mêmes ». Ce commandement se décline dans toute une gamme de gestes et d’intentions que nous nous devons d’avoir. Nous ne devons pas user de paroles blessantes envers les autres, nous devons les juger favorablement, nous devons prêter main forte à ceux qui ont besoin d’aide, nous devons nous préoccuper de leur bien-être, nous devons savoir refuser sans blesser, nous devons visiter les malades, et nous devons être capables d’encourager. En d’autres mots, nous devons faire preuve de gentillesse et de bienveillance, à l’image de la compassion que Dieu exprime envers nous.

Ce commandement, on peut le mettre en pratique tous les jours quand on élève un enfant qui n’est pas le sien. Ressentir un amour authentiquement parental envers lui n’est pas toujours à notre portée, mais lui exprimer de l’amour est une mitsva que l’on peut clairement accomplir. Un beau-parent pourra toujours se montrer gentil avec l'enfant, indépendamment de ce qu’il ressent vraiment pour lui/elle.

Des parents remariés ne doivent pas s’imposer mutuellement d’aimer leurs enfants respectifs. Mais ils peuvent cependant attendre l’un de l’autre de traiter les enfants avec amour, tout comme chacun d’entre nous voudrait être traité.

Une famille authentique.

Les familles recomposées comportent des défis uniques. Les nouveaux époux doivent se libérer de leurs anciennes attaches pour se rapprocher l’un de l’autre. Les enfants doivent apprendre à vivre harmonieusement avec plus de parents qu’ils n’auraient voulu avoir. Et les parents doivent apprendre à montrer de l’amour à des enfants, parfois appréciés, parfois moins.

De nouveaux époux qui prendront la mesure de la tâche immense qui les attend, apprendront à mieux s'accepter eux-mêmes, et à mieux s'accepter mutuellement.

 


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