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6 Mitsvot # 2: Ne croire en aucune autre force
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Qui détient le pouvoir ici-bas ? Nous - ou Dieu ? À nous de l'éclaircir

Savoir qui détient le pouvoir ici-bas ? Nous - ou Dieu ? Décider cela une fois pour toutes est un défi permanent de l'existence.

" Ne crois pas en d'autres dieux " - C'est donc qu'il est interdit de croire qu'il puisse exister dans l'univers d'autres pouvoirs que celui de Dieu.

On peut comprendre qu'une action positive, comme la conscience de l'existence de Dieu ou l'amour de Dieu, puisse être une mitsva " permanente ". Mais comment une interdiction peut-elle être considérée comme une mitsva " permanente " ?

Prenons l'exemple de la nourriture non cachère. Si notre agent de voyage a oublié de commander pour nous un repas cachère, et que, huit heures durant, on serve dans l'avion d'appétissants rôtis bien juteux, tandis que nous devons nous contenter d'une boissons gazeuse et de cacahuètes… alors il paraît certain que nous accomplissons la mitsva de ne pas manger de la nourriture non cachère.

Cela est-il si certain que cela ? Non ! Le respect d'une interdiction suppose une situation où  l'on est soumis à une tentation de la violer et où l'on surmonte le désir de le faire.

Si donc l'interdiction de croire en d'autres dieux est une mitsva " permanente ", cela signifie que la tentation de croire en autres dieux est tout aussi permanente !

Pourquoi cette tentation est-elle permanente ?

Dans les Psaumes, le roi David dit : " Qu'il n'y ait pas en toi de dieu étranger ! " Quelle sorte de dieu étranger repose dans l'être humain ?

Le Talmud (chabbath 105b) identifie ce dieu étranger comme le yètsèr hara' - l'inclination qui pousse l'homme à s'autodétruire en s'éloignant de Dieu. Le yètsèr hara' essaie constamment de nous faire oublier que Dieu est le seul pouvoir dans l'univers.

Dans un sens pratique, les " pouvoirs de l'univers " désignent ce que nous croyons être les arbitres ultimes de notre réussite.

Maïmonide explique que l'idolâtrie n'est pas une étape isolée, mais un processus. Il y a très longtemps, quand l'adoration des idoles était un défi spirituel sérieux, on sculptait un morceau de pierre que l'on appelait le " dieu soleil. " On voulait ainsi rendre hommage à Dieu en tant que créateur du soleil. Mais on en est venu rapidement à adorer le soleil lui-même. On croyait que quelque chose d'autre que Dieu était la source ultime de la force et du salut.

Les hommes ont commencé par se concentrer clairement sur les priorités de vie. Mais ils s'en sont ensuite détournés.

Aujourd'hui, bien que l'adoration d'idoles au sens classique ait presque entièrement cessé, il n'est pas rare de croire que l'argent, la gloire, les stock-options, les ordinateurs ultra performants, ou un bonne présentation soient la source de la complétude et du bonheur. Voilà la forme moderne que prend l'idolâtrie !

Plus grave encore, nous faisons face aujourd'hui à un plus grand défi : Devons-nous attribuer nos succès à Dieu… ou à nous-mêmes ?

S'attribuer le pouvoir ne nous donne pas plus de pouvoir

" Peut-être mangeras-tu et seras-tu rassasié, tu te construiras de bonnes maisons, et t'y installeras… tu deviendras très riche et auras de tout… Alors tu deviendras arrogant, tu oublieras Dieu… Tu te diras alors : Ma force et la puissance de ma main m'ont fait ce succès-là " (Deutéronome 8, 12-17).

Je suis intelligent. Je suis solide. Je suis riche. Qu'ai-je besoin de Dieu ?

Penser que l'on peut agir seul équivaut à " croire en d'autres pouvoirs que Dieu ". Pourquoi est-ce aussi destructif ? Parce que, quand on s'attribue à soi-même son propre pouvoir, on se prive de la possibilité d'en faire plus. Toutes les fois qu'une tâche devient trop difficile ou trop pénible à entreprendre, on dira : " Je ne puis le faire ! " Et l'on expliquera ainsi ce refus : " Tout ce que j'ai fait jusqu'à présent, je l'ai fait grâce à mes propres forces. Ce que l'on me demande à présent : changer le monde, me perfectionner, voilà qui est impossible ! "

Toutes les fois qu'une tâche devient trop difficile ou trop pénible à entreprendre, on dira : " Je ne puis le faire ! "

Quand les gens cessent d'essayer, c'est parce qu'ils croient en un " dieu étranger " intérieur, le yètsèr hara' qui leur dit : " C'est grâce à mon pouvoir. Sans moi, rien ne peut être fait. "

Laquelle de ces deux affirmations est exacte ?

- " Je peux aimer toute l'humanité, je peux observer chabbath, je peux étudier la Torah chaque jour, je peux accomplir les six mitsvoth "permanentes". "

- " Je ne peux pas aimer toute l'humanité, je ne peux pas observer chabbath, je ne peux pas étudier la Torah chaque jour, je ne peux pas accomplir les six mitsvoth "permanentes". "

L'affirmation selon laquelle " je ne peux pas " est plus exacte. Parce que, à dire vrai, " je " ne peux rien faire du tout. C'est seulement parce que Dieu m'en donne le pouvoir que je peux lacer mes chaussures le matin !

Il ne faut pas croire que le fait de s'attribuer le mérite de ses accomplissements nous donne confiance pour entreprendre d'autres choses. Au contraire, on abandonnera beaucoup plus vite.

Si en revanche on se rend compte que tout ce que l'on accomplit est un don gratuit de Dieu, cela fait prendre conscience qu'il n'existe aucune limite à ce qu'on peut accomplir. Parce que, avec le Tout-Puissant derrière soi, il n'y a plus aucune raison de dire : " Je ne le puis ! "

Voilà pourquoi c'est là une mitsva " permanente ". On a besoin d'efforts surhumains pour éviter de lancer : " Regardez ce que j'ai fait ! Voyez qui je suis ! " Si l'on s'attribue le mérite de ce que l'on a fait, le lien avec le Tout-Puissant disparaît aussitôt…

Examinons les trois domaines où les gens s'attribuent le plus fréquemment et d'une manière inappropriée le mérite de leurs actes :

1) Les aptitudes naturelles.

2) Les accomplissements.

3) La bonté.

 

S'attribuer le mérite de ses aptitudes naturelles

Quelqu'un vient nous dire : " Lève une de tes mains, et je vais te montrer mon intelligence en te disant si c'est la droite ou la gauche ! "

Hem ! Tu veux m'impressionner par ton acuité visuelle ?

Aussi ridicule que cela paraisse, les gens s'attribuent souvent le mérite des aptitudes naturelles avec lesquelles ils sont nés. Un génie tend à penser qu'il est supérieur à tout le reste du monde. Mais est-il meilleur que quelqu'un qui posséderait une acuité visuelle de 20/20 et qui se trouverait dans une pièce avec plein de gens portant lunettes ? Et parlons de notre dernière grippe, pendant laquelle nous claquions des dents tandis qu'un ami se vantait : " Moi ? Je ne tombe jamais malade ! J'ai une santé de fer ! "

Les gens qui sont beaux ou intelligents sont souvent tentés de devenir arrogants, puisque la société  attribue tant de valeur pour ces qualités. Nous ne suggérons pas ici que la beauté des gens devrait les inciter à s'effacer. Mais comment peut-on s'attribuer quelque mérite que ce soit pour quelque chose que l'on n'a pas eu à développer soi-même ?

Ne laissons jamais nos aptitudes naturelles devenir une source d'arrogance ! Remercions plutôt Dieu de nous les avoir données !

 

S'attribuer le mérite de ses accomplissements

Quelqu'un vient nous dire : " Tu ne croiras jamais ce que je viens de faire ! En ouvrant mon courrier, j'ai trouvé un chèque de plusieurs millions. C'était l'héritage laissé par un oncle perdu de vue depuis longtemps. J'ai encaissé le chèque, et je suis maintenant millionnaire. Incroyable, n'est-ce pas ? "

De quoi est-il si fier ? Il n'a rien fait pour gagner une telle somme !

Il en est de même quand nous mettons en œuvre nos potentialités. Nous appliquons nos talents naturels à quelque chose que nous voulons réaliser, à quelque chose qui soit significatif. C'est comme encaisser un chèque de plusieurs millions.

L'artiste, le chirurgien du cerveau, le musicien utilisent tous les talents que Dieu leur a donnés pour s'engager dans une grande carrière. Si le Tout-Puissant ne leur avait pas donné du talent pour peindre, une main sûre pour opérer, ou de l'oreille pour la musique, ils n'auraient rien accompli.

On a besoin, bien entendu, pour parvenir à des résultats, de déployer des efforts. Mais les matières premières - et les circonstances qui leur permettent d'être mises en œuvre - sont toutes fournies par Dieu.

Il est tentant de dire : " Regarde ce que j'ai fait ! " Mais cela revient à s'attribuer le mérite d'avoir " encaissé le chèque ". Remercions plutôt Dieu pour la chance qu'Il nous a offerte !

 

S'attribuer le mérite de sa bonté

La pire arrogance de toutes est celle qui nous fait dire : " Voyez comme je suis bon ! Je fais ce qu'il fallait faire ! "

Quelqu'un vient nous dire : " Voyez mes immenses mérites ! J'avais une très forte envie de me couper le nez. C'était une envie terrible, incoercible. J'étais là, tenant mon rasoir devant mon nez. Je menais un combat sans merci contre moi-même. Finalement, j'ai pu surmonter ce désir et j'ai jeté le rasoir le plus loin possible. Ne suis-je pas un homme merveilleux ? "

" Vous êtes fier de vous ? Vous n'êtes rien ! Vous n'avez fait que ce qui est bon pour vous ! "

C'est comme quelqu'un qui s'enorgueillit d'être empli de bonté. Il ne s'est pas détruit par la corruption ; il n'a pas perdu son temps ; il ne s'est pas mis en colère ; il ne s'est vengé de personne. De quoi se glorifie-t-il ? Il a simplement évité de se faire du mal !

Imaginons un jeune homme poursuivant des études universitaires. Il passe son temps à boire, se couche tard, néglige complètement ses études et se trouve finalement en situation d'échec. Son père est désespéré et conclut un accord avec son fils : " Si tu réussis à avoir la moyenne à tes examens, je t'offrirai une BMW. " Le garçon a tellement envie de la voiture qu'il se hâte de boucler ses révisions et obtient la moyenne.

Un jour qu'il l'aperçoit au volant de sa BMW, un camarade s'exclame : " Super ! Comment as-tu fait pour recevoir une voiture comme celle-là ? "

" J'ai été récompensé  pour mes succès universitaires. "

Quoi ? ! Il a travaillé  dur pour son propre bénéfice - pour obtenir une bonne formation ! Bien sûr, la BMW a été une incitation, mais s'il avait compris la valeur inestimable de l'éducation, cela aurait suffi à lui seul à le motiver efficacement.

Par les mitsvot, le Tout-Puissant nous donne l'occasion, l'aptitude, l'incitation, et l'ultime récompense.

Quand on fait une mitsva, on fait quelque chose de bien. Les êtres humains désirent des plaisirs spirituels ayant un sens.

Par les mitsvot, le Tout-Puissant nous donne l'occasion, l'aptitude, l'incitation, et l'ultime récompense. Tout ce que nous devons faire, c'est employer les forces que notre Dieu nous a données pour tirer parti de l'occasion offerte. Il ne faut donc pas se vanter d'être bon. Remercions plutôt Dieu pour le cadeau. Ne nous a-t-il pas, après tout, fait plaisir ? 

Accomplissement et potentialités

Un moyen d'éviter une fierté  inappropriée consiste à mettre nos accomplissements en perspective.

Imaginons quelqu'un qui acquiert auprès de la municipalité un immeuble délabré. Il le fait démolir et revend le terrain en tant que parc de stationnement à quatre fois le prix qu'il lui a coûté. Très satisfait de l'opération, il ne cesse de vanter ses talents d'homme d'affaires. Jusqu'à ce qu'il apprenne que son acheteur a revendu l'endroit au promoteur d'un centre commercial pour cent fois plus !

Comment notre homme se sent-il ? Continuera-t-il de glorifier son sens des affaires ?

Quand nous éprouvons de la fierté parce que nous faisons la charité, honorons nos parents, ou apprenons la Torah, nous sommes comme l'homme qui se vante d'avoir vendu le terrain comme parc à voitures. Mais si nous nous examinons pour ce que nous sommes vraiment et réfléchissons à ce que nous " aurions pu " accomplir, nous nous apercevons que nos accomplissements ne sont rien d'autre qu'une goutte d'eau dans la mer. Loin d'en être fier, nous en ressentons du regret.

Faut-il prendre du plaisir à ce qu'on a fait ? Bien sûr ! Mais pas jusqu'à en devenir prétentieux et arrogant - et à oublier que l'on peut faire beaucoup plus. Mettons nos accomplissements en perspective et ne cessons jamais de nous demander avec insistance si nous n'aurions pas pu faire davantage. On ne peut jamais être sûr de n'avoir fait plus qu'une infime fraction de ce qu'on aurait pu faire.

Produire des efforts, ou compter sur Dieu

Bien que Dieu soit à l'origine de tout ce qui survient dans le monde, le système qu'Il a installé contient pour nous l'obligation de déployer des efforts. Entre cette toute-puissance de Dieu et les devoirs de l'homme, l'équilibre est difficile à découvrir. Nous devons travailler pour un gagne-pain, mais savoir en même temps que c'est Dieu qui le fournit. S'imaginer qu'il suffit d'un travail acharné pour devenir riche revient à admettre qu'il existe d'autres dieux.

La question qui se pose est de savoir quelle doit être l'importance de l'effort à fournir au regard de celle de la confiance à avoir en Dieu pour qu'Il le fasse prospérer. On appelle cela en hébreu hichtadlouth par opposition au bita'hone. Si le Tout-Puissant veut que je devienne riche, je deviendrai riche. S'Il me veut pauvre, je serai pauvre. Quel est mon rôle dans cette alternative ?

L'importance précise de l'effort diffère de l'un à l'autre. Un effort qui convient à une personne peut être totalement inapproprié chez une autre. Tout dépend du niveau de la confiance portée par chacun en Dieu.

Un effort qui convient à  une personne peut être totalement inapproprié chez une autre.

Prenons l'exemple de l'achat d'un billet de loterie. Pour celui qui considère un tel billet comme une absurdité, disant : " Il faut que je travaille durement, c'est ainsi que je gagnerai ma vie ! ", un tel achat ne représentera pas pour lui un effort honnête. Il y aura de fortes chances pour que cela ne donne rien.

Mais il y a celui qui dit : " Le Tout-Puissant dirige ce monde. Cependant, si je veux devenir millionnaire, je ne peux pas m'asseoir simplement en attendant que le facteur m'apporte le chèque. Je dois donner au Tout-Puissant un moyen de me l'envoyer. Et un billet de loterie est un bon moyen ! " Pour cette personne, son achat représente un effort approprié.

Une troisième personne dira : " Le Tout-Puissant dirige ce monde. Il n'a pas besoin que j'investisse de l'argent dans l'achat d'un billet de loterie pour faire de moi un homme riche. Je vais prier et étudier la Torah et Dieu s'occupera de mes besoins. " Cette personne, si elle perçoit vraiment avec une telle évidence la mainmise de Dieu sur le monde, et si elle sait qu'il n'existe aucune corrélation directe entre l'effort et la réussite, n'aura même pas besoin d'acheter de billet.

Relisons l'histoire du séjour de Joseph en prison. Au chapitre 40 de la Genèse, Joseph est emprisonné en Egypte avec le maître échanson de Pharaon. Comme le maître échanson doit être prochainement libéré, Joseph lui demande de solliciter sa libération auprès de Pharaon. Le Talmud indique que la faute de Joseph, qui a commis l'erreur de compter sur le maître échanson, lui vaudra de rester en geôle deux ans de plus. Comme il est écrit : " Heureux l'homme qui croit en Dieu, et non en de vaines poursuites " (Psaumes 40, 5).

Qu'est-ce que cela veut dire ? Joseph n'était-il pas un tsaddiq et ne croyait-il pas en Dieu de tout son cœur ? !

Si vous ou moi avions demandé  au maître échanson d'intervenir, cela aurait été approprié. Mais la compréhension par Joseph du pouvoir absolu de Dieu était si intense, que l'utilisation de tous autres moyens que ceux déployés par Lui pour obtenir sa libération était une erreur. Pour Joseph, solliciter le maître échanson était aussi absurde que s'agripper à de la paille pour ne pas se noyer.

Faut-il, dans ces conditions acheter un billet de loterie ? L'intensité de l'acte personnel dépend du niveau de perception que l'on a du rôle de Dieu dans le monde. C'est ce qui déterminera la position de l'effort sur notre échelle personnelle par rapport à la confiance en Dieu.

Un effort approprié même sans résultats directs

Mon oncle, Rabbi Avraham Weinberg, de mémoire bénie, qui est devenu plus tard le Slonimer Rebbe, habitait en Erets Yisrael pendant la première Guerre Mondiale. A cette époque, la situation dans le pays était si catastrophique que certains Juifs mouraient vraiment de faim. Mon oncle vivait à Tibériade, où il était presque impossible de gagner sa vie. Aussi dit-il à un ami : " Nous allons faire un effort raisonnable. Marchons d'un bout à l'autre de la place du marché, puis en sens inverse ! "

Ils descendirent jusqu'au marché, et ils le traversèrent sur toute sa longueur. Alors qu'ils en revenaient, quelqu'un s'approcha de l'ami de mon oncle et offrit de lui vendre de la marchandise en gros. Personne en revanche ne vint aborder mon oncle, qui rentra à la maison pour étudier la Torah. Arrivé chez lui, il vit un Arabe qui l'attendait avec trois sacs de blé. L'Arabe indiqua qu'il devait quitter la ville et qu'il avait besoin de quelqu'un à qui confier son blé. Il donna le blé à mon oncle et lui dit : " Vends-le pour moi, et tu recevras un pourcentage. " Un revenu instantané !

En racontant cette histoire, mon oncle disait : " Les gens pourraient penser que le fait d'aller au marché a aidé mon ami, mais pas moi. Ce n'est pas vrai. Vous n'avez pas à dire au Tout-Puissant quand et où Il doit répondre à votre effort. Vous faites un effort - et le Tout-Puissant procure des résultats. "

Il faut que nous fassions un effort raisonnable. Au niveau où se situait mon oncle, la traversée du marché représentait un effort suffisamment raisonnable.

Un effort illimité pour les mitsvot

Quand il s'agit de mitsvot, quel effort devons-nous déployer ? Un effort illimité.

Le Talmud (Avoth 5, 26) enseigne : " lefoum sa'ra agra - "selon l'effort est la récompense". " Cela signifie que chaque effort que l'on produit en vue d'une mitsva est récompensé. Cela fonctionne à tous les coups ! Même s'il nous semble que nous n'atteindrons jamais notre but, nous n'avons rien à perdre à essayer. Et on ne sait jamais… le Tout-Puissant fera peut-être un miracle pour nous aider à accomplir ce qui semble impossible.

La Torah raconte l'histoire de Batya, la fille de Pharaon, qui a trouvé Moïse flottant dans un panier sur le Nil. Elle étendit instinctivement sa main pour sauver l'enfant, bien que le panier flottât loin dans le fleuve et qu'elle se trouvât sur la berge. Dieu récompensa son effort, et le bras de Batya se prolongea miraculeusement de façon qu'elle puisse atteindre Moïse (Exode 2, 5 et Rachi).

Pourquoi Batya a-t-elle étendu son bras alors qu'il semblait impossible qu'elle pût attraper Moïse ? A-t-elle fait un effort inapproprié et a-t-elle spéculé sur la venue d'un miracle ?

Elle n'a spéculé sur rien de tel. Elle a vu un bébé dans le fleuve et a étendu instinctivement son bras pour le sauver. Ce fut un réflexe conditionné de secours. Si l'on voit un enfant courir sur la chaussée à l'approche d'une voiture, on étend son bras même s'il est très éloigné. On a peur pour lui, et donc on réagit. Et Dieu a récompensé le geste de Batya par un miracle qui l'a aidée à parvenir à ses fins.

Il faut travailler à  l'intérieur du système, parce que Dieu n'aime pas faire des miracles si ce n'est pas indispensable.

Quand il s'agit d'accomplir des mitsvot, il n'existe aucune limite à l'importance de l'effort à fournir. Dans le cas de Batya, elle ne disposait que d'un instant pour réagir, et tout ce qu'elle pouvait faire était d'apporter des soins. Mais en général, nous avons besoin de faire appel à notre tête pour trouver une manière raisonnable d'arriver au but. Il faut travailler à l'intérieur du système, parce que Dieu n'aime pas faire des miracles si ce n'est pas indispensable.

Il faut s'accrocher, garder la tête froide - et le Tout-Puissant aidera à découvrir une solution.
 

Des niveaux plus profonds d'humilité

Quand tout a été dit et a été fait, il existe quelques signes permettant de savoir si l'on a observé la mitsva de " ne pas croire en d'autres dieux " :

- Si l'on a acquis de la modestie.

- Si l'on ne se bat plus avec son ego.

- Si l'on comprend bien que tout est un don gratuit.

- Si l'on se rend compte que l'on n'a, en définitive, aucun pouvoir indépendant.

Le Talmud enseigne qu'il existe trois niveaux d'humilité - c'est-à-dire trois niveaux par lesquels nous comprenons qu'il n'existe dans le monde aucun autre pouvoir que celui de Dieu.

Le roi David représente un de ces niveaux. Il disait : Ano'hi tolaath welo ich - " je suis un ver, et non un homme. " David se voyait lui-même comme une humble créature vivante. Le ver est sans défense, sauf que Dieu lui donne le pouvoir de se déplacer. Comme roi, David avait à élaborer des stratégies et à prendre des décisions en utilisant son cerveau. Il se considérait donc encore comme " quelque chose ", même si ce " quelque chose " n'était qu'un humble ver.

Abraham s'est situé à un niveau plus élevé d'humilité. Il disait de lui-même : Ano'hi 'afar waèfèr - " je suis poussière et cendre ". Abraham reconnaissait que son rôle dans ce monde-ci consistait à enseigner aux gens qu'il existe un Dieu qui les aime. Il se voyait comme une sorte de tuyau d'écoulement, comme un objet inerte. Il était poussière, tout en assumant une certaine fonction d'intermédiaire, pour insignifiante qu'elle fût.

Mais le plus haut niveau d'humilité  a été celui de Moïse, qui a dit : Vena'hnou ma - " Nous ne sommes rien. " Il a atteint le niveau ultime de compréhension qui lui a fait prendre conscience qu'il n'existe rien d'autre que Dieu. Ni un ver, ni même un grain de poussière. Moïse a reçu la Torah de Dieu, et l'a transmise au peuple juif. Par conséquent, Moïse ne pouvait pas permettre à sa propre personnalité de corrompre la vérité pure du message de la Torah.

Un but primaire dans la vie est de parvenir à comprendre qu'il n'existe aucun pouvoir hors celui de Dieu, et que tout ce que nous avons accompli n'a été fait que parce que Dieu l'a voulu. C'est là l'essence de " ne pas croire en autres dieux ". Et c'est une mitsva " permanente " parce que nous subissons en permanence le désir du yètsèr hara' qui s'active contre nous.

Puissions-nous avoir assez de force et de clarté d'esprit pour le surmonter !

" Tu te souviendras de Dieu ton Dieu, parce qu'il te donne de la force pour obtenir du succès " (Deutéronome 8, 18).


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