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Béhar-Bé’houkotay ((Lévitique 25-27))
Discours prudent
par
Un regard actuel sur la section hebdomadaire de la Torah.

La Parachat Béhar discute de l’interdit d’ « onaah » – offenser autrui. Au chapitre 25, verset 14, la Torah interdit d’offenser autrui financièrement, par exemple, en appliquant des tarifs exagérés. Puis au verset 17, la Torah nous défend d’offenser autrui par la parole.

Certains jugeront ce commandement impraticable, prétextant qu’ « il est impossible de légiférer la morale ». Mais un tel argument n’est valable que dans un système judiciaire qui ne relève pas du divin. Lorsque vous êtes conscient que D.ieu vous surveille, alors même les relations interpersonnelles se voient dotées d’une norme auto-appliquée du bon ou du mauvais. Voilà pourquoi le verset 17 conclut avec les mots « et vous craindrez l’Eternel ».

Le Talmud discute des ramifications exactes de cette interdiction d’ « offenser autrui par la parole ».

Une application de cet interdit consiste à ne pas rappeler à autrui son passé négatif. Disons que Laurent était un célibataire aux conquêtes multiples qui s’est maintenant coulé dans le rôle respectable de père de famille. Il a travaillé dur pour tourner la page de ces années folles, et il serait embarrassant – voire nuisible – pour nous de faire l’historique de ses escapades.

Agir de manière trompeuse est un autre aspect de l’interdit de « blesser autrui avec des mots ». Disons que vous ne cherchez pas à acheter un nouvel ordinateur, mais vous êtes simplement curieux d’admirer les nouveaux modèles disponibles sur le marché. Alors vous entrez dans un magasin d’informatique et vous commencez à poser tout un tas de questions. Le vendeur, cela va de soi, pense que vous êtes intéressé à acheter un produit, et tandis que la conversation se poursuit, à propos de modèles et de prix, le vendeur a de plus en plus d’espoir que vous finirez par sortir votre carte bleue.

Il existe une assomption non déclarée que vous êtes entré au magasin dans le but d’acheter quelque chose. Vos questions ont donc induit le vendeur en erreur, même si vous ne l’avez pas fait sciemment. Dans un cas pareil, la Torah vous permettrait de satisfaire votre curiosité informatique à condition que vous fassiez clairement savoir, dès le départ, que vous « désirez simplement admirer les modèles, sans aucune intention d’acheter ».

A première vue, on pourrait penser qu’offenser autrui financièrement est plus grave que l’offenser par la parole. Mais en réalité, c’est tout le contraire. Les biens d’une personne ne sont qu’externes à elle-même tandis que ses sentiments font partie intégrante de sa nature. Etre sensible aux sentiments d’autrui constitue, aux yeux de la Torah, une grande mitsva que nous devrions toujours nous efforcer d’accomplir.


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