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Faut-il appeler un chat un chat?
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Une parabole sympathique sur la paracha de la semaine pour animer votre table du Chabbath.

Dans la section hebdomadaire de cette semaine, Dieu ordonne à Noé de faire entrer dans l'arche différentes espèces animales dans le but d'assurer leur pérennité après le déluge.

Dans les mots de la Torah, cela donne : "Dieu dit à Noé : "Tu prendras auprès de toi sept couples d'animaux purs, mâle et femelle, et un couple d'animaux qui ne sont pas purs".

Si vous avez l'oreille grammaticalement sensible, la formulation employée par la Torah pour désigner les animaux impropres à la consommation ne manquera pas de vous gêner: « un couple d'animaux qui ne sont pas purs ».

Pourquoi ne pas appeler un chat un chat et employer simplement l'adjectif « impur » ?

C'est Rabbi Yéochoua ben Lévi, un sage du Talmud, qui nous fournit la réponse à cette énigme : Que l’homme n’émette jamais une parole indécente de sa bouche. Nous voyons en effet que la Torah a rajouté huit lettres pour ne pas employer un langage indécent et a écrit  « des bêtes qui ne sont pas pures », plutôt que « des bêtes impures » (Pessa’him 3).

Soit, la Bible a tenu à nous enseigner l'importance d'employer un langage décent en toutes circonstances et de ne pas bafouer ce merveilleux outil qu'est la parole par des paroles viles ou vaines.

Alors comment se fait-il qu'à plusieurs autres occasion, la Bible ne s'embarasse pas de tant de précautions, et emploie le mot "impur" comme par exemple pour désigner les animaux de mers impropres à la consommation. Pourquoi ne pas l'avoir remplacé par l’expression « qui n’est pas pur » ?

Le rabbin et le rustre

Le prédicateur de Doubno (Lituanie, XVIIè siècle) répond à cette question par la parabole suivante :

Dans le voisinage d’un certain rabbin, vivait un homme de basse classe, sot et rustre, mais qui avait pourtant réussi à faire fortune. Les villageois l’avaient surnommé « Zeinvil le rustaud ». Un jour, l’un d’entre eux frappa à la porte du rabbin et lui demanda : « Où vit Reb Zeinvil ? » Le bedeau du rabbin répondit : « Vous parlez peut-être de Zeinvil le rustaud qui habite en face ? » Le rabbin réprimanda alors le bedeau pour avoir affublé son voisin d’un tel surnom.

Quelques jours plus tard, le marieur se présenta chez le rabbin et l’informa que ce fameux Zeinvil l’avait chargé de demander en mariage le fils du rabbin pour sa propre fille. Et le rabbin de s’indigner contre le marieur : « Quelle insolence de suggérer une telle union entre mon fils et la fille de Zeinvil le rustaud ! »

Le marieur parti, le bedeau exprima son étonnement face à son maître : « Votre honneur, lorsque j’ai désigné Zeinvil par son sobriquet, vous vous êtes emporté contre moi et pour finir, vous l’avez vous-même appelé ainsi ? » Le rabbin répondit : « Quand un simple juif a demandé après lui, il n’y avait pas lieu de le tourner en ridicule. Mais quand on a osé suggérer une alliance entre nous deux, je devais expliquer la raison de ma colère, à savoir qu’un tel homme n’est pas digne d’entrer dans ma famille ! »

L’interprétationde cette parabole est la suivante : quand l’ordre fut donné de faire monter les bêtes dans l’arche, il n’y avait pas lieu de faire la distinction entre les espèces pures et impures. La Torah a donc pris soin d’employer un langage décent en écrivant : « des bêtes qui ne sont pas pures ». En revanche, quand il s’agit de nous ordonner de nous éloigner des animaux interdits, il devient alors nécessaire de mettre l’accent sur leur impureté : « impurs ils sont pour vous ».

Affirmer ses convictions

Retour à notre question originelle: faut-il appeler un chat un chat?

Et bien, nous dit la Torah, cela dépend des circonstances. En temps normal, nous devons veiller à tout prix à préserver la sainteté et la pureté de notre langage.

Mais quand il s'agit de nous éloigner, ou d'éloigner nos enfants d'une conduite qui n'est pas louable, l'heure n'est pas aux mâchage des mots... Nous devons affirmer nos convictions haut et fort!

Adapté de l'ouvrage Peniné Hatorah, en vente sur le site Torah-Box.


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