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Quand Gad Elmaleh fait baptiser son fils Raphaël
par Laura Sarfati
“Le beau geste d’amour de l’humoriste juif à Charlotte Casiraghi” titrait la presse people. Mais est-ce bien d’amour dont il est question?

Si vous lisez la presse people, ou si vous êtes fan de Gad Elmaleh, vous êtes déjà au courant de la discrète cérémonie qui s’est tenue dimanche dernier au Rocher : l’humoriste juif et sa compagne Charlotte Casiraghi ont fait baptiser leur fils Raphaël à la chapelle Saint-Jean Baptiste. Et ce, dans la plus pure tradition catholique, religion d’État de Monaco.

Il y a 6 mois, dans la foulée de la naissance du bébé princier, l’une de nos collaboratrices avait soulevé la question  suivante : l’artiste qui a toujours revendiqué haut et fort son appartenance au peuple juif a-t-il payé la rançon du succès en donnant naissance à un second enfant non juif ?

Les réactions de nos lecteurs avaient été aussi diverses que passionnées :

Certains ne voulaient pas jouer les trouble-fête en soulevant l’épineux problème des mariages mixtes et auraient souhaité envoyer leurs  félicitations au couple le plus glamour de l’année. D’autres s’étaient dits désolés de voir l’acteur faire un tel pied de nez à Baba Yihia et au peuple juif. Mais la palme des commentaires revenait sans conteste à ceux qui avaient proposé de soumettre à Dieu un projet d’amendement de la loi biblique pour modifier les lois de filiations du judaïsme…

Pour cette fois, donc, pas de place à la polémique. Étant né d’une mère non-juive, le petit Raphaël n’est pas juif au regard de la halakha. Un point c’est tout. Alors le baptême auquel il a eu droit dimanche dernier n’a strictement aucune incidence sur sa judaïté (ou plus exactement, son absence de judaïté…)

En revanche, ce qui mérite le détour est la réaction des médias à cet évènement :

« Le beau geste d’amour de Gad Elmaleh à Charlotte Casiraghi » titrait un site de cancans.

« Par amour pour Charlotte, élevée dans la religion catholique, Gad a mis sa propre religion de côté et a accepté que son deuxième enfant soit catholique. » renchérissait une autre revue people.

Bref, à en croire les médias, renier son identité religieuse serait la plus grande marque d’amour que l’humoriste pourrait témoigner à sa douce…

Or rien ne saurait être plus contradictoire que cette affirmation. Et voici pourquoi :

Nous connaissons tous le commandement : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Un verset généralement cité pour prouver le devoir d’aimer autrui. Ce que nous oublions, à nos risques et périls, c’est que ce même verset contient une autre injonction préalable : celle de s’aimer soi-même !

Barbara De Angelis, une chercheuse américaine en relations humaines et le développement personnel, a trouvé les mots justes pour l’exprimer: « Si vous n'êtes pas doué pour vous aimer vous-même, il vous sera difficile d’aimer qui que ce soit, car vous vivrez mal le fait de consacrer du temps et de l’énergie à un autre sans pouvoir le faire aussi pour vous. »

Ou pour parodier les paroles de Johnny Halliday : avant d’ « apprendre à aimer », il faut tout d’abord apprendre à s’aimer !

Dans cette optique, on comprend bien que renoncer à son identité religieuse ne peut en aucun cas constituer une preuve d’amour pour autrui. Car cela revient à nier une composante capitale de notre Moi intime. Or on ne peut pas aimer son prochain si l’on ne s’aime pas soi-même !

Quand on épouse quelqu’un, on peut décider en toute conscience de faire certains compromis par amour pour l’autre : comme par exemple s’exiler en province parce que l’élue de votre cœur  y a décroché un poste quand bien même vous êtes parisien dans l’âme. Ou devenir végétarienne parce que votre futur époux est un fervent défendeur des droits des animaux.

Mais certaines valeurs sont trop cruciales pour faire l’objet d’un compromis. Ainsi, si pour vous, élever une famille représente une valeur fondamentale, vous ne pouvez en aucun cas épouser quelqu’un qui ne souhaite pas d’enfants, quand bien même vous êtes attaché à lui/elle. Car le mariage n’est pas seulement une question d’amour, c’est aussi et surtout une question de partage de valeurs communes.

De même, la fidélité au peuple juif, et à la mission particulière de « Lumière pour les Nations » qu’il remplit depuis 3000 ans, devrait faire partie de ces valeurs cruciales. De ces valeurs incontournables. De ces valeurs qui ne peuvent donc souffrir aucun compromis.

Bien entendu, si un Juif ou une Juive, n’a aucune conscience de la spécificité de son identité et de la richesse de l’héritage dont il est porteur, il n’aura donc aucun scrupule à troquer la sienne, ni celle de ses enfants, contre une autre. Mais cela n’en reste pas moins une tragédie.

Et une chose est certaine, mettre sa propre religion de côté n’est pas une preuve d’amour pour l’autre. C’est plutôt une tragique forme d’oubli de soi !


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