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La polémique autour de la mort du gorille Harambe
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La décision d’abattre un gorille pour préserver la vie d’un garçonnet tombé dans l’enclos a suscité l’indignation des internautes du monde entier. Une mise au point s’impose !

Samedi après-midi, au zoo de Cincinnati, un garçonnet de 4 ans a échappé à la surveillance de ses parents et s’est débrouillé pour tomber dans un enclos où se trouvaient plusieurs gorilles. L’un deux, un primate de 17 ans appelé Harambe, a attrapé l’enfant avec un geste paraissant au début protecteur, mais il l’a ensuite entraîné dans l’eau d’une manière semblant de plus en dangereuse voire même mettant sa vie en danger.

Harambe était membre d’une espèce en voie de disparition. Il n’avait rien fait de mal. Il ne méritait ni d’être puni ni encore moins d’être abattu. Mais une vie humaine était en jeu et le personnel du zoo a dû prendre une décision immédiate. L’injection d’un tranquillisant par carabine aurait pris trop longtemps à faire effet.

L’équipe d’intervention sur les animaux dangereux a jugé qu’elle n’avait pas d’autre choix que d’abattre Harambe pour sauver la vie de l’enfant. Et sa décision a déclenché un déluge de réactions, non pas seulement de tristesse, mais aussi de colère, de reproche et d’indignation.

Plus de 185 000 réactions sur la page Facebook du zoo ainsi que sur la page de la pétition du site change.org ont condamné les parents pour leur surveillance négligente qui a permis au petit garçon de se faufiler à travers la barrière de sécurité. Mais un nombre encore plus grand de signataires se sont insurgés contre le personnel du zoo pour la mesure qu’ils ont prise. Et de prétendre, comme le titrait le Washington Post, qu’« abattre un animal appartenant à une espèce en voie de disparition est plus grave qu’un meurtre. »

À mesure que l’affaire que l’affaire a pris de l’ampleur, les accusations se sont intensifiées. Pour certains, le coupable numéro un était l’enfant, pour d’autres ses parents, et pour d’autres encore les gardiens du zoo. Mais à mon avis, l’aspect le plus marquant de cette polémique est le remarquable consensus d’un grand nombre d’internautes affirmant que tuer Harambe était un acte d’homicide. Et dans une ironie du sort frappante les parents du garçonnet continuent à recevoir de nombreuses menaces de mort pour leur responsabilité, bien qu’involontaire, dans la mort du gorille.

Vidéo du gorille : certaines images peuvent heurter la sensibilité

Quand on regarde le clip vidéo de l’incident, il y a lieu de se demander si Harambe s’est penché au-dessus du garçonnet pour le protéger ou lui faire du mal. Ce qui est évident en revanche c’est qu’il a traîné l’enfant dans l’eau par son talon avant d’agripper le dos de son vêtement. Jack Hanna, l’un des plus grands experts animaliers du monde et directeur émérite du zoo et de l’aquarium de Colombo a affirmé qu’il était « 1000 % d’accord avec la décision de tuer l’animal. J’ai une résidence située à deux kilomètres d'un site où des gorilles de montagne vivent au Rwanda. Observez la réaction de ce gorille. Il n’est pas conscient de ce qui se passe. Et puis il s’agit d’un dos noir, pas d’une femelle. Il est alarmé. Oui, il va observer le petit garçon de plus près. Que se passe-t-il quand vous administrez un tranquillisant à l’animal ? J’ai fait de la recherche en lieu sauvage. J’ai vu ce qui se passe, je sais ce qui se passe. Quand la flèche touche l’animal, comme vous pouvez l’imaginer, cela fait l’effet d’un coup de feu, l’animal saute en l’air. Que se serait-il passé s’il avait tenu l’enfant à ce moment ? J’ai vu un gorille au dos argenté s’emparer d’une noix de coco et l’écraser avec une force inimaginable. C’était donc un choix entre une vie humaine et une vie animale. »

Cette dernière phrase résume l’essentiel. Il fallait prendre une décision sur le moment. Le meilleur moyen de formuler ce dilemme est de demander ce que vous auriez fait s’il s'était agi de votre enfant. C’était un choix entre une vie humaine et une vie animale.

Et le plus troublant dans cette affaire c’est que pour trop de gens aujourd’hui, la réponse n’est pas évidente ni même politiquement correcte.

Tout comme les groupes de défense des droits animaux, il me tient à cœur de protéger les animaux contre les traitements cruels, la douleur injustifiée et toute autre forme d’abus. Ce sont les idéaux de la Torah. Quand Eliezer, le serviteur d’Abraham, se mit en quête d’une épouse pour Isaac, il fut extrêmement impressionné par les efforts entrepris par Rébecca pour s’assurer d’étancher aussi bien sa soif que celle de ses chameaux. De même, si Moïse fut jugé apte à diriger le peuple juif c’est parce que, comme le souligne un Midrach, lorsqu’il était berger il manifesta son empathie pour la souffrance d’autrui en portant un agneau blessé sur ses épaules jusqu’à un courant d’eau pour lui permettre de s’abreuver. Et Dieu de déclarer : « Parce que tu te soucies même des besoins d’un agneau en détresse, tu es digne de devenir le berger du peuple juif. » En outre, la che’hita, l’abattage rituel des animaux ordonné par la Bible, est la méthode de mise à mort la plus rapide et indolore.

Le judaïsme exige que nous nourrissions nos animaux avant de nous nourrir nous-mêmes, cela afin de ne pas leur infliger une souffrance émotionnelle en les forçant à nous regarder manger sans savoir à ce moment que leur repas suivra sous peu.

Cela dit, les animaux ne sont pas des êtres humains. Ils ont une forme de vie, mais ils n’ont pas été créés à l’image de Dieu. Mettre sur le même pied l’homme et la bête est une grave erreur non pas parce que cela surélève le dernier mais parce que cela diminue à tort le premier.

Le mot « meurtre » est inapplicable à la mise à mort d’un animal. La Bible nous enseigne que « celui qui verse le sang de l’homme, par l’homme son sang sera versé – car l’homme a été créé à l’image de Dieu » (Genèse 9, 6). La sévérité du crime qu’est le meurtre découle du caractère divin de l’homme. Le devoir de respecter la vie humaine au-delà de toutes les autres vies ne relève pas d’une échelle de priorités fallacieuse. Elle émane de l’enseignement le plus fondamental de la Torah voulant que les êtres humains abritent en eux l’étincelle de divinité qui leur confère à la fois les privilèges et les responsabilités de leur singularité.

Les vies animales méritent du respect. Les vies humaines exigent de la révérence. Quand un choix doit être fait entre eux, la décision est claire et sans équivoque. Nous pouvons certainement nous attrister de la mort d’Harambe mais nous devons être consolés par la reconnaissance qu’elle a garanti la survie d’un enfant créé à l’image de Dieu. 


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