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Ahurissant : les Juifs français accusés d’être des voleurs de poules
par Alexandra Attias
Y a-t-il d’accusation plus absurde que celle de soupçonner un juif empreint de bonne volonté et pétri de sentiments de repentir à l’approche de Kippour d’effectuer ses Kapparot avec une volaille volée ?!

Tout commence par une circulaire datée du 7 août émanant du département des Hauts-de-Seine et priant les responsables des fermes pédagogiques de bien surveiller leurs moutons et leurs poules à l’approche des prochaines fêtes religieuses musulmane et juive.

Pourquoi les moutons ? Eh bien parce que lors de la fête musulmane de l’Aïd al-Adha, qui a lieu cette année début septembre, le rite consiste à sacrifier un mouton. Or, par le passé, notamment en 2013, il est arrivé que quelques moutons soient dérobés à l’approche des fêtes.

Et pourquoi les poules ? se demande le lecteur. Comme chacun le sait, à l’approche de Yom Kippour, les Juifs ont l’habitude d’accomplir une expiation symbolique de leurs fautes à l’aide d’un poulet qu’ils font tourner autour de leurs têtes en récitant un texte approprié ; c’est la coutume des Kaparot. Même si, précisons-le bien, jamais aucun vol de poules par des Juifs n’a été recensé, la préfecture du « 92 » en a donc conclu que des membres de la communauté risquaient eux aussi d’être tentés de subtiliser des poules en vue des Kapparot !

Cette accusation scandaleuse a provoqué un tollé dans la communauté juive. Une indignation légitime résumée par Joël Mergui, le président du Consistoire, dans une tribune parue dans Le Monde du 25 août intitulée « Pourquoi les poules ? » : « J’ai été effaré de découvrir dans la presse écrite du 22 août dernier, que j’étais devenu soudainement et collectivement, avec tous mes coreligionnaires, un voleur de poules ! Pas n’importe quel voleur de poules, pas celui qui a faim, non, un voleur de poules pour la fête de Kippour. Un voleur de poules à motif religieux, pour le jour le plus saint de notre calendrier… »

Le tout premier dérapage de cette circulaire est bien sûr celui de l’amalgame : « Voilà comment de préjugés en amalgames, la communauté juive – contre laquelle aucune plainte n’a même été émise – est stigmatisée et jetée en pâture à l’opprobre public pour des faits imaginaires qui ne la concernent ni de près ni de loin ! » s’est indigné Mergui.

Le second, c’est la preuve, s’il en fallait, que « l’antisémitisme ne cesse de se réinventer et de renaître. Nos sociétés n’ont-elles pas assez progressé depuis le Moyen-Âge où les juifs étaient accusés pour la fête juive de Pâque de confectionner le pain azyme avec du sang d’enfants chrétiens ? N’ont-elles pas compris qu’il ne découle rien de bon de stigmatiser autrui voire toute une population au lieu d’affronter en face problèmes et responsabilités ? » martèle Mergui.

Mais pour le président du Consistoire, il n’y a pas que les juifs ou les musulmans qui devraient s’inquiéter d’une telle accusation. C’est aussi tous ceux qui se soucient de la santé de notre République : « Ce raccourci saisissant ne fait, selon moi, qu’entretenir une opinions malsaine – que l’on a trop vue utilisée en politique ces derniers temps – et qui voudrait que les religions soient seulement rétrogradées mais aussi contraires aux lois et à l’harmonie de la cité. Ce qui est non seulement faux mais également dangereux pour le bon équilibre de nos sociétés laïques. »

Enfin, le caractère révoltant de cette circulaire est aussi lié à une compréhension totalement erronée de la coutume des Kapparot. Rappelons que ce rite s’accomplit en faisant tourner un poulet trois fois au-dessus de sa tête en récitant le texte approprié. La volaille est ensuite abattue rituellement et sa valeur monétaire est donnée aux pauvres, ou, c’est le poulet lui-même qui est donné à une cause charitable.

Loin d’un simple rituel folklorique, la coutume des Kapparot est avant tout une forme particulière de charité. C’est un peu comme si nous disions à Dieu : « J’ai sans doute commis des erreurs cette année, des erreurs qui pourraient m’exposer à de sombres décrets, Dieu nous en préserve. Mais par le mérite de la charité que j’accomplis et celle que je m’engage à faire l’année suivante, je Te demande de transférer ces décrets sur cette volaille qui va être abattue. »

Y a-t-il d’accusation plus absurde que celle de soupçonner un juif empreint de bonne volonté et pétri de sentiments de repentir à l’approche de Kippour d’effectuer ses Kapparot avec une volaille volée ?!


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