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Parti en Fumée

Parti en Fumée

Elle ne veut pas sortir avec un drogué

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Chères Rosie & Sherry

Cela fait deux mois que je suis en contact avec un homme que j’ai rencontré sur un site pour célibataires. Comme moi, il est divorcé, il va sur la quarantaine, et son profil m’intéresse beaucoup. Il semble être un homme pragmatique, pratiquant un judaïsme qui ressemble au mien. J’ai été favorablement impressionnée par le fait qu’il soit resté dans sa  communauté pour être a proximite de sa fille qui va passer son bac le mois prochain.

Il m’a dit qu'il fume de la marijuana à cause de la solitude

Après quelques semaines d’échanges de mails, Simon a commencé à m’appeler au téléphone une fois par semaine. Ces rencontres téléphoniques me plaisaient, nous discutions de nos vies personnelles et professionnelles, de nos familles, et des valeurs qui nous tiennent à cœur. Lors d’une conversation je lui ai demandé s’il avait une addiction quelconque comme boire ou fumer, etc. Il m’a dit que depuis trois ans il fumait de la marijuana à cause de la solitude. 

J’ai dit à Simon que je n’étais pas d’accord de fréquenter quelqu’un qui se drogue. Il m'a alors assuré qu’il pourrait s’arrêter quand il veut. Nous avons beaucoup parlé de ce sujet, et je lui ai expliqué que s’il voulait que notre relation continue, il devait cesser de fumer. Il m’a donné l’impression qu’il était prêt à s’arrêter, et nous avons donc projeté de nous rencontrer physiquement prochainement.

Alors que la date convenue approchait, j’ai voulu avoir la confirmation qu’il s’était effectivement arrêté. Je fus abasourdie d’entendre qu'en fait il continuait. « Tu sais que ça me pose un problème » lui ais-je dit, « et je t’ai clairement fait comprendre que je ne pourrai pas m’en accommoder. » Il s’est tu un instant puis m’a dit : « C’est à prendre ou à laisser ».J’étais tellement choquée que je ne pouvais plus parler.

Plus tard il m’a envoyé un email me disant que nous avions du mal à communiquer. Je ne pense pas que ce soit le problème. Je pense qu’il m’a trompée et qu’il m’a fait perdre deux précieux mois de ma vie.

Qu’en pensez vous ? Simon pense que nous allons bientôt nous revoir, mais je ne suis pas intéressée. J’ai connu trop de gens sous dépendance et je me méfie de ce genre de personnes. Suis-je à blâmer ?

Ellen.
 


Chère Ellen.

Merci de nous avoir écrit et de nous donner ainsi la possibilité de vous aider. A nos yeux, il semble que vous posez trois questions distinctes :

1 - Dois-je m’abstenir de fréquenter quelqu’un sous prétexte qu’un trait de son caractère ou de son mode de vie font partie de ce qui, pour moi, est inacceptable chez un conjoint ?

2 – S’il se dit prêt à s’arrêter, puis-je faire de cela une condition avant de poursuivre nos rencontres ? Et s’il ne respecte pas l’accord, puis-je mettre une fin à la relation ?

3 – Qu’en est-il spécifiquement de la marijuana ? Ai-je raison de me méfier de ses promesses d’arrêter dans l’avenir parce que son addiction semble difficile à reléguer ?

A chacune de ces trois questions nous répondons fermement : OUI.

D’abord, nous sommes tous en droit de fixer des critères pour les gens que nous acceptons de rencontrer. Si déjà nous considérons une personne pour passer le reste de notre vie avec elle, nous sommes en droit d’attendre qu’elle partage avec nous certaines valeurs et certains objectifs de la vie. Nous pouvons exiger que certains traits de caractère, comme l’honnêteté et le sens des responsabilités, correspondent à nos attentes.

Il arrive qu’on identifie des aspects de la personne ou de son mode de vie qui nous semblent inacceptables. Il s’agit souvent de critères sur la base desquels nous avons décide qu’une personne par ailleurs toute indiquée sera disqualifiée. Par exemple : s’il/elle habite un autre pays et ne veut pas déménager, ou bien il/elle fume, ou encore : je veux quelqu’un qui sait ce qu’il veut faire de sa vie mais voilà, il/elle a 27 ans et n’a pas encore décidé. Tout célibataire a ses critères qui sont pour lui des sine-qua-non, comme dans le cas de Simon.

Il arrive qu’un candidat à la rencontre décide de passer outre à l’un des critères qu’il s’est fixe, pensant qu’en fin de compte ils ne seront pas si dérangés que cela, ou que la personne en face finira par changer. D’expérience, rien de cela n’arrive en général, et le couple finit généralement par se séparer. C’est pourquoi nous pensons qu'il est sage de se tenir aux résolutions prises avec considération et ne pas céder.

Quand vous avez dit à  Simon : «C’est une condition ferme pour moi. Si tu veux continuer, tu dois cesser de fumer », vous avez clairement exprimé vos sentiments. C’est votre droit d’exposer ces conditions, de la même manière que Simon a le droit de dire : « Non, la marijuana est importante pour moi à ce stade de ma vie. Je ne veux pas m’arrêter, donc je crois que nous devons cesser de nous voir ». Mais au lieu de cela, il vous a fait croire qu’il allait s’arrêter. Nous comprenons le sentiment de trahison que vous avez pu ressentir lorsque vous avez découvert qu’il continuait. Et peu importe s’il pensait réellement pouvoir s’arrêter, et ensuite a eu honte d’avouer que c’était trop dur, ou s’il vous a délibérément menti dans l’espoir que vous alliez changer d’avis, ou même s’il pensait faire un effort réel qu’après que la relation soit devenue plus sérieuse.

Bien sûr, il est aussi possible que vous ayez mal interprété ce qu’il voulait dire, parce que vous vouliez croire qu’il désirait s’arrêter de fumer pour que vous puissiez continuer vos rencontres. 

Il a développé une forme de dépendance psychologique comme moyen de répondre aux difficultés de sa vie

Mais parlons spécifiquement du sujet qui vous occupe : sa consommation de marijuana. On sait qu’une partie de la population considère la consommation de marijuana comme un comportement acceptable qui n’entraîne ni dépendance ni addiction. Beaucoup ne sont pas d’accord avec ça. Sans rentrer dans les considérations de qui a raison (la Loi Juive l’interdit formellement, cf. Igrot Moshe YD 3 :35), le fond du problème en ce qui vous concerne est que vous vous trouvez dans des camps opposés. Vous n’avez pas plus de raison d’accepter le comportement de Simon, qu’il n’a lui de raison de suivre votre décision, et il n’y a rien de mal à défendre votre position sur ce point.      

Par ailleurs, vous êtes assez intelligente pour savoir que malgré ses assurances qu’il « peut arrêter quand il veut », il a néanmoins développé une forme de dépendance psychologique comme moyen de répondre aux difficultés de sa vie. Quand quelqu'un utilise une drogue – que soit de l'alcool, de la marijuana ou un médicament  pour compenser un trouble ou un anti-douleur – cela signifie qu'il n'a pas su développer ses moyens propres pour affronter les stress et les défis de la vie. Cela peut avoir des conséquences graves sur n'importe quelle relation durable.

L'idee que Simon puisse arrêter de fumer quand il veut est bien intentionnée, mais tout de même assez naïve. Notre sentiment est que s'il veut avoir une relation saine avec vous, ou n'importe qui d'autre, il devra faire bien plus qu'abandonner la marijuana. Il devra acquérir les moyens de surmonter le stress, et la douleur de la solitude. 

Il n'a pas les ressources psychologiques pour être un bon mari

Félicitations pour avoir défendu votre position sur ce point. Il se peut que Simon présente des compatibilités avec vous sur d'autres points, mais il n'es pas encore prêt à être un partenaire pour une relation saine et durable. Nous espérons que cette lettre vous aura apportée la confirmation de votre décision, votre instinct avait vu juste. Et nous ne vous recommandons pas de le confronter pour lui dire à quel point vous vous sentez trahie. Il n'assumera probablement pas la responsabilité de vous avoir induit en erreur , prétendant que c'est vos critères qui sont trop rigides ou trop intolérants. Il vous sera sûrement plus facile d'accepter que pour l'heure, Simon n'a pas les ressources psychologiques pour être un bon mari. 

Nous vous souhaitons toute la réussite possible dans votre parcours dans le labyrinthe des rencontres.

Rosie & Sherry

23/6/2011

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