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6 Mitsvot # 4 - Aimer Dieu

6 Mitsvot # 4 - Aimer Dieu

Il existe dans les tréfonds de chaque âme humaine un désir passionné d’être relié au Tout-Puissant.

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Le monde entier chante l'amour et en rêve. Mais savons-nous seulement ce que signifie le mot " amour " ? 
 
L'amour est le plaisir émotionnel consistant à percevoir les vertus d'autrui. Ainsi que l'a écrit Maïmonide, " on ne peut aimer que selon le degré de connaissance que l'on a de l'objet de son amour. Si on le connaît un peu, on peut l'aimer un peu. Et si on le connaît beaucoup, on peut l'aimer beaucoup ". (Lois de la Techouva 10, 6).

" Aimer Dieu " constitue une mitsva " permanente ". A certains égards, elle est facile à observer, dans la mesure où tout ce qui touche à Dieu est vertueux par essence. Cependant, l'enjeu dépend totalement du degré que nous avons dans Sa " connaissance ". 
La Torah définit trois manières fondamentales de développer l'amour de Dieu : " Tu aimeras Dieu, ton Dieu, de tout ton cœur et de toute ton âme et de tout ton pouvoir " (Deutéronome 6, 5).

Que veut dire aimer Dieu " de tout son cœur " ? Il faut que notre plus profond désir soit d'accomplir Sa volonté. Soit, par exemple, quelqu'un à qui l'on promet un bel avenir professionnel, mais qui devra pour cela travailler le Chabbath.

L'amour de Dieu signifie que si notre carrière ne s'aligne pas sur ce qu'Il nous demande, il faudra se résigner à y renoncer. Non pas parce que l'on consent à souffrir, mais car ce n'est plus l'objet de notre désir. Nous aurons atteint le niveau où notre volonté, et celle de Dieu, n'en formeront plus qu'une.

Que veut dire aimer Dieu " de toute son âme " ? Cela signifie employer toute son énergie et tous ses talents à Le servir. Même si cela implique douleurs ou humiliations. Et même s'il faut pour cela faire le sacrifice de sa vie.

Aimer Dieu " de tout son pouvoir " signifie utiliser toutes ses ressources matérielles pour Le servir, notamment en dépensant son argent pour des mitsvot, en contribuant aux œuvres de charité, et en renonçant à des occasions commerciales qui impliqueraient la transgression d'une mitsva.

Voyons quels sont les outils spécifiques permettant de développer l'amour de Dieu dans chacun de ces domaines.

Méthode N°  1 : la nature  

Quand quelqu'un nous offre un cadeau, notre réaction naturelle est d'aimer la source de ce cadeau. 
Le monde de la nature - avec tout son génie, sa beauté et sa symétrie extraordinaires - est un don de Dieu. 
Maïmonide a écrit (Fondements de la Torah 2, 2) :

Quel est le sentier pour aimer (et craindre) Dieu ? Quand on considère les grands et merveilleux actes de la création qu'Il a accomplis, et que l'on y voit un génie auquel rien ne se compare, alors on aimera, complimentera, glorifiera automatiquement et l'on désirera profondément connaître la grandeur de Dieu.

Les merveilles de la création sont sans fin. Les oiseaux, les fleurs, les cimes montagneuses, les nourrissons, l'équilibre de l'écosystème, la complexité du corps humain ne sont que prodiges. Et plus la science fait des découvertes, plus on voit apparaître de nouveaux motifs d'admiration.

L'une des premières questions que l'on nous posera lorsque nous monterons au Ciel sera : " Est-ce que vous avez goûté à tous les fruits de Dieu ? "

 
LeTalmud enseigne qu'une des premières questions que l'on nous posera quand nous monterons au Ciel sera : " Est-ce que vous avez goûté  à tous les fruits de Dieu ? " La beauté des fruits ne réside pas simplement dans leurs vertus nutritives, mais elle inclut aussi de nombreux bienfaits comme le goût, la texture, la couleur et la forme. On nous demandera : " Avez-vous goûté à tous les fruits ? " - autrement dit, avez-vous apprécié les dons de Dieu dans ce monde-ci ? 

Comment apprécions-nous la valeur d'un cadeau de Dieu ? En mettant l'accent sur le fait que ce qui nous manque n'est rien en comparaison de ce que nous avons déjà. Considérons nos yeux, par exemple. Nous ne pourrions pas acheter un œil, même pour tut l'argent du monde. Et pourtant Dieu nous a donné une paire d'yeux qui travaillent avec plus de précision et plus d'efficacité que les systèmes informatisés de vision numérique les plus sophistiqués. Et cela sans qu'il nous en coûte rien !

Considérons le processus de la Genèse, et considérons Celui qui en a été la source. Cela nous amène à aimer Dieu " de tout notre pouvoir ".- 
Comment cela ? Imaginons quelqu'un qui nous offrirait une voiture en cadeau, et qui nous demanderait ensuite la permission de nous l'emprunter. Ne serait-ce pas pour nous un plaisir de lui permettre de l'utiliser ?

De même, si Dieu nous demande de redistribuer 10 % de notre revenu à des activités charitables, ou d'accrocher une mezouza à notre porte, comment pourrions-nous protester ?

Méthode N°  2 : L'histoire

Le véritable amour de Dieu va plus loin. Ce n'est pas parce que quelqu'un nous a offert une voiture que nous allons passer notre vie à l'aider. 
Pour augmenter cet amour, étudions notre propre histoire.

Considérons tout ce que Dieu nous donne comme forces et comme aptitudes. Il entretient notre respiration et fait fonctionner nos organes. Il nous aide à trouver un emploi, à découvrir un conjoint, à nous faire construire un logement. Et Il nous donne la vie elle-même.

Dieu est notre Dieu individuel et personnel. Voilà pourquoi le verset dit de l'aimer " de tout notre cœur et de toute notre âme et de tout notre pouvoir ".

Quand il nous arrive de nous heurter à des difficultés, ce n'est pas parce que nous avons réussi à survivre après avoir lutté. Bien au contraire, Dieu nous a montré la voie à suivre et nous a permis de progresser. Il règle les événements selon les circonstances propres à chacun, pour nous guider à chaque étape et à chaque moment.

L'intuition nous dit que le monde possède une signification intrinsèque. Sinon, pourquoi se donner tout ce mal pour se lever de son lit ? 
Rien n'arrive par hasarD Dieu nous met à l'épreuve et nous envoie constamment des messages.

Ce ne sont pas des punitions. Tout ce qu'Il veut, c'est nous réveiller. De même qu'il nous comble de cadeaux, de même envoie-t-Il un signal si nous partons à la dérive. Dieu dit : " Voulez-vous vraiment que la vie ait une signification ? Voulez-vous vous perfectionner ? Peut-être suivez-vous la mauvaise route ! C'est Moi, Dieu. Faites attention ! "

La coopération de Dieu opère également au plan de la nation. Celui qui appartient à la famille éternelle du judaïsme doit se rendre compte de ce que Dieu a réalisé pour lui transmettre son précieux héritage. Il vaut la peine d'étudier l'histoire du monde pour voir comment Dieu a perpétué, contre toute attente, la survie du peuple juif.

Si quelqu'un nous a prouvé  qu'il était prêt à tous les efforts - jusqu'à nous sauver la vie - notre niveau de reconnaissance sera incommensurable. Dieu a fait cela, et bien plus encore. Aussi notre plaisir doit-il être de déployer de grands efforts pour Lui - de lui consacrer notre temps, nos aptitudes, et le cas échéant, notre vie même.

Voilà ce qu'est aimer Dieu " de toute son âme ".

Méthode N°  3 : La Torah

 
Pourtant, même cette sensibilisation ne nous conduira pas nécessairement à changer nos désirs profonds. 
Qu'est-ce qui peut nous inciter à changer ? La prise de conscience que notre plus profond désir est de nous relier à Dieu.

L'étude de la Torah est la voie à suivre pour découvrir cette prise de conscience. Torahth 'hayim - littéralement le livre des " Instructions pour la vie " - est la communication de Dieu avec le monde. C'est par lui que la sagesse enseigne comment réussir son mariage, l'éducation de sesenfants, la vie en collectivité et le sort du monde.

De même que les lois de la physique sont vastes et complexes, de même en est-il de celles de la métaphysique. Il faut beaucoup d'efforts méticuleux pour les comprendre. Mais une fois qu'on se met à y naviguer et que l'on y voit clair, on est saisi de respect devant elles. Tout s'articule parfaitement et nous commençons à voir la perfection, la consistance et l'harmonie du système.

La Torah est l'esprit de Dieu, le dépôt ultime pour la sagesse.

 
Il en est ainsi parce que la Torah est l'esprit de Dieu. 
Que va-t-il arriver si nous étudions la Torah sans rien ressentir ? C'est que nous n'aurons pas étudié correctement. 
Le signe qui permet de savoir si l'étude de la Torah a été fructueuse se révèle quand on en devient dépendant de manière insatiable.

Un enseignement paraît-il incompréhensible ? On se triturera le cerveau jusqu'à ce qu'on l'ait éclairci. Et chaque fois que l'on réussit à le rendre intelligible, le plaisir devient tel que l'on en veut encore et encore. Ce niveau est appelé ahavath Torah - le véritable amour de la Torah. Son étude nous transporte tellement qu'elle devient notre véritable essence et que l'on veut en absorber toujours plus.

L'étude de la Torah nous pénètre de l'idée que Dieu est la source infinie de toute sagesse et qu'Il définit sa " signification " ultime. C'est pourquoi les désirs et les buts personnels ne peuvent se mesurer à elle, et l'on abandonne tout ce qui ne correspond pas à Sa volonté. 
Voilà ce qu'est aimer Dieu " de tout son cœur ".-

Savoir se concentrer correctement

 
Quand nous contemplons les sommets alpins, nous sommes saisis de respect. Quand nous voyons un pré recouvert d'une neige fraîchement tombée, nous éprouvons un sentiment de sérénité. Quand un éclair illumine un ciel parsemé d'étoiles, nous nous remplissons de joie. Et quand un bébé vient de naître, nous percevons la pureté et la perfection.

Il va de soi que mieux on comprend la nature, plus on devrait aimer Dieu. Et pourtant, si ce procédé est si simple, pourquoi y a-t-il si peu de scientifiques - de ceux qui comprennent le mieux la perfection de la Création - qui se rapprochent de Dieu ? Cela ne devrait-il pas être automatique ?

Un homme visitait le Musée du Louvre. Après avoir regardé çà et là pendant quelque temps, il dit : " Je n'arrive pas à comprendre pourquoi cet endroit est aussi célèbre ! Toutes les peintures ici ressemblent à des yaourts ! "

A ce moment-là, quelqu'un lui tapa sur l'épaule et dit : " Hé, Monsieur, pourquoi ne pas essuyer le yaourt de vos lunettes ? " 
Aimer Dieu est une affaire de concentration attentive. Deux personnes peuvent assister à une scène identique, et pourtant en retirer des impressions totalement différentes. Pourquoi ? Elles ont porté leur attention sur des détails différents basés sur leurs attitudes et leurs attentes du moment.

Toutes les fois que notre cerveau recueille une nouvelle information, il la fait entrer dans un système de classement qui forme notre vision fondamentale sur la vie. Nous traduisons automatiquement tout ce que nous voyons et entendons en relation avec le système préexistant.

La seule condition pour parvenir à l'amour de Dieu est d'avoir l'esprit ouvert. Ne décidons pas d'une vérité préétablie. Débarrassons-nous des obstacles qui nous empêchent de contempler le monde avec honnêteté et franchise. Il faut que nous voulions vraiment savoir, sans aucun préjugé : " Qu'est-ce que la nature est en train de me dire ? "

Considérons un évolutionniste, qui affirme avec certitude que la nature s'est créée elle-même et qu'elle s'entretient d'elle-même. Au fur et à mesure qu'il découvre de plus en plus de complexités dans la nature, son engagement en faveur de cette attitude fondamentale est renforcée. " Extraordinaire ! dit-il. Si l'énergie nucléaire n'était qu'un tout petit peu plus faible, alors un proton ne pourrait pas se combiner avec un neutron et le soleil ne serait qu'une simple boule de gaz. Cela prouve à l'évidence que la vie a dû évoluer ! "

Il apprécie la nature, mais comme une fin en elle-même.

Le judaïsme dit que Dieu est caché à l'intérieur de la nature. C'est par la beauté de celle-ci que nous découvrons Dieu. De même que chaque coup du pinceau donné par Picasso porte sa marque, de même tout dans ce monde-ci porte-t-il la marque de Dieu. Certes, beaucoup de scientifiques croient en Dieu précisément parce que la perfection de la nature fournit une preuve à l'appui de cette position.

Comme l'a dit un jour Einstein : " Je veux savoir comment Dieu a créé l'univers. Le reste n'est que détails. "

Une expérience transcendantale  

Si les créations de Dieu peuvent avoir un tel impact, combien doit en avoir plus une expérience directe avec le Créateur Lui-même. 
Le roi David a dit : " Les yeux de tous les êtres humains Te regardent, et Toi Tu leur donnes de la nourriture en temps opportun " (Psaumes 145, 15).

Comment le roi David a-t-il pu affirmer une chose pareille ? La plupart des gens semblent courir ici et là, travailler et faire des achats. Où sont tous les gens qui " lèvent les yeux vers le Ciel " et remercient Dieu de leur fournir à manger " en temps opportun " ? !

David était au courant de cette réalité humaine. Considérons les jeux psychologiques auxquels s'amusent les gens, les enjeux qu'ils évitent, la manière dont ils s'occupent et travaillent durement pour ne pas devoir penser à Dieu. Il y a quelque chose qu'ils connaissent tous, mais dont ils se cachent.

Même l'athée. Au plus impénétrable de lui-même, dans les tréfonds de son cœur, dans sa conscience la plus profonde, chaque être humain est en quête de signification. Dans son Messilath yecharim (" Le sentier des justes "), Rabbi Luzzatto dit que l'homme n'a été créé que pour jouir du plaisir éternel de sa proximité à Dieu. Chacun veut être proche de Dieu. " C'est difficile. Je m'en éloigne. Mais le fait est que je ne puis m'en débarrasser. "

Pourquoi tant de gens ne sont-ils jamais en paix, jamais heureux, jamais satisfaits ? Parce que notre véritable for intérieur languit vers l'infini. Nous sommes en quête de ce qui que ne pourra jamais être atteint par aucune créature physique. Chacun de nous est un récipient, capable d'apprécier l'infini et d'en recueillir un plaisir infini. Mais tout ce qui nous manque dans l'infinité nous laisse insatisfaits.

Voilà pourquoi la Torah peut nous ordonner de ressentir l'émotion de l'amour. Le verset nous enjoint de mettre l'amour de Dieu " sur notre cœur " (Deutéronome 6, 6). L'amour est déjà là, il nous reste à le mettre en valeur.

Est-ce qu'une conversation privée avec le Roi ne serait pas l'expérience ultime ?

 
Imaginons quelqu'un voyageant à travers le monde en quête d'expériences, à qui nous déclarerions : " Tu vas pouvoir t'asseoir dans la pièce d'à-côté et discuter pendant toute une heure avec le Tout-Puissant Lui-même ! "

Une conversation privée avec le Roi. Ne serait-elle pas l'expérience ultime ? - 
" Essuyez le yaourt de vos lunettes ! " Voyez ce à quoi vous languissez dans votre vie. Reconnaissez le vide. Il n'existe rien dans les sphères émotionnelles et physiques qui puisse nous satisfaire totalement. Parce que nous sommes ouverts à tellement plus.

Essayons de découvrir un avant-goût de ce plaisir. Nous n'avons pas été créés pour souffrir dans ce monde-ci afin de gagner un prix dans le monde à venir. Si nous employons nos yeux et notre cerveau, nous pourrons avoir dès aujourd'hui le plaisir de la proximité, et ce toutes les fois que nous nous brancherons sur la vérité, sur la grandeur de Dieu. Tout le reste est néant. Sans le moindre doute.

L'aspiration à l'indépendance

Une des clés pour accéder à l'amour de Dieu consiste à abandonner l'illusion que nous seuls sommes responsables de nos accomplissements, et à reconnaître au contraire que tout ce que nous avons est un don gratuit de Dieu.

Pourquoi est-il si difficile de témoigner de la gratitude ? Parce que l'ego humain aspire à l'indépendance. Il hésite à admettre le concept d'une dette envers une puissance supérieure. Nous préférons croire que nous l'avons fait nous-mêmes !

Reconnaître la main de Dieu comporte d'énormes conséquences. S'il y a réellement un Créateur et un but à la vie, cela veut dire que nous ne sommes pas entièrement libres de faire ce qui nous plaît. Quelqu'un d'autre décide à notre place de ce qui doit être fait.

Paradoxalement, on trouvera des gens prêts à affronter d'immenses difficultés pour l'ultime plaisir d'un état sublime. Et pourtant ils fuiront Dieu parce qu'ils ont peur que cela les étouffe.

Mais en vérité, la vie apparemment " limitée " que craignent les gens est en réalité  une vie de bonheur extraordinaire. Quand nous sommes conscients de l'existence de Dieu, nous savons où nous allons, nous nous comprenons, nous nous focalisons sur un objectif et éliminons toute confusion.

Le meilleur moyen d'atteindre cette lucidité est de nous demander sans cesse : " A quelles fins suis-je sur terre ? Qu'est-ce que j'attends de la vie ? "

Rendons-nous compte que Dieu n'est que " bien ". Il n'y a rien à en cacher. Il n'y a aucune raison de fermer nos yeux ou notre cœur. Parce que tout ce qu'Il veut faire est nous donner ce que nous avons toujours voulu.

Comparés à l'amour de Dieu, tous les autres plaisirs sont insignifiants. Nous pouvons avoir de délicieuses nourritures, beaucoup d'argent, de l'amour et du pouvoir. Mais les êtres humains aspirent à transcender la réalité banale de la vie quotidienne.

Voilà pourquoi le mystère, la magie et les miracles retiennent nos imaginations. Ils nous obligent à dépasser nos propres limitations et à fondre nos minuscules et insignifiantes personnes dans la plus grande unité infinie.

Cessons de nous leurrer, de nous accrocher à ce qui n'est que pacotille. Les futilités auxquelles nous renoncerons ne sont rien, comparées aux plaisirs sans fin auxquels nous pouvons accéder.

Les actes extérieurs, sensations intérieures

Comment peut-on mesurer l'amour de Dieu ? 
Quand nous aimons quelqu'un, nous éprouvons un immense plaisir à faire des choses pour lui, y compris les plus difficiles. En conséquence, le degré du plaisir que nous éprouvons quand nous faisons des choses pour Dieu indique le niveau auquel nous sommes parvenus dans " l'amour de Lui ".

Cela joue aussi dans l'autre sens. Quand nous faisons quelque chose pour Dieu, nous pouvons créer l'émotion même de l'amour que nous essayons d'acquérir.

Il est de principe dans le judaïsme que 'hitsonith mi'orèr penimiouth - " l'externe éveille l'interne ". Il est possible de développer une émotion rien qu'en agissant comme si nous étions déjà dans l'état émotionnel correspondant. C'est ainsi que des études ont montré que lorsqu'on sourit pour faire fonctionner certains muscles, on augmente par là même sa bonne humeur.

Comment cela s'applique-t-il en termes spirituels ? Imaginons que quelqu'un veuille devenir plus charitable. Vaut-il mieux faire la charité d'un Euro à cent personnes, ou remettre 100 Euros à un seul bénéficiaire ?

Dans le premier cas, la répétition de l'acte physique brisera notre égoïsme et créera une habitude correspondant à celle d'une personne plus généreuse.

Tout amour se manifeste par un lien. Aimer Dieu signifie se sentir relié à Lui. La Torah nous donne 613 mitsvot - 613 activités - chacune d'elles étant conçue pour établir un lien avec Dieu. En fait, le mot " mitsva " a pour racine la notion de " raccordement ".

Le pouvoir des mitsvot  

La vie quotidienne d'un Juif s'articule autour d'activités préorganisées conçues pour éveiller l'amour de Dieu. Maïmonide souligne les exemples suivants :

1. Les Tsitsith. Le Juif embellit avec des franges les vêtements à quatre coins, comme un " uniforme " dans l'armée de Dieu. De même qu'un soldat est tenu de préserver en permanence le prestige de son unité, de même les Tsitsith rappellent-ils à celui qui les porte ses devoirs envers Dieu. Le soldat qui est placé en première ligne aime plus intensément son pays qu'un civil. De même, la conscience que Dieu est le maître développe l'amour et la loyauté.

2. La Berith Mila. La circoncision, signe de l'alliance éternelle avec Dieu, a été pratiquée sur les enfants mâles juifs depuis près de 4 000 ans, sans aucune interruption depuis qu'Abraham en a reçu l'ordre.

3. Le Birkath hamazone. Nous récitons les Grâces après les repas pour insister sur les multiples dons que nous a octroyés Dieu, non seulement pour notre alimentation physique, mais aussi pour nos besoins spirituels correspondants.

4. La rédaction d'un rouleau de Torah. Cette mitsva perfectionne notre sensibilisation à l'importance de la Torah, et elle engendre un grand amour pour l'Auteur de ces précieuses " instructions de vie ".

5. Les Tefilines et la Mezouza. Ces parchemins, qui décrivent l'Exode d'Egypte, développent notre conscience que Dieu nous libère constamment de " l'esclavage " en guidant, en enseignant, et en arrangeant les événements de nos vies.

6. La récitation du Chema'. Nous affirmons que " Dieu est un ", qu'Il est un Dieu personnel qui veille sur chacun de nous, et qu'Il n'agit que pour notre bénéfice.

7. La prière. Le but de la prière doit nous rappeler que Dieu est la source infinie, permanente de toute vie.

8. La Birkath Kohanim. La bénédiction sacerdotale, transmise par les Kohanim, enseigne que Dieu nous aime et qu'Il veut nous bénir par toutes les bontés.

Partager Dieu avec les autres

 
Une puissante manifestation d'amour de Dieu consiste à vouloir le partager. Aimer Dieu et voir d'autres gens absorbés à toutes sortes de futilités, cela fait mal.

Ces gens passent à côté  d'une grande expérience humaine. C'est pourquoi nous voulons, quand nous aimons Dieu, que tous les autres partagent cet amour.

 
Vouloir partager Dieu avec les autres est un instrument exact de leur propre amour qu'ils lui portent. Il est naturel de partager avec d'autres ce que nous aimons le plus, comme on le voit chez les grands-mères qui sont toutes fières de faire circuler autour d'elles les photos de leurs petits-enfants.

 
Abraham est devenu le premier Juif, non pas parce qu'il a été  le premier à se relier avec Dieu, mais parce qu'il a été le premier à sortir pour Le partager avec les autres. Il a planté sa tente à une croisée de routes, afin d'engager des discussions avec les gens. Et quand l'idée de Dieu a été récusée, il a résisté à toutes sortes de moqueries et de persécutions, jusqu'à se laisser jeter dans une fournaise ardente.

Abraham est devenu le premier Juif parce qu'il est sorti pour partager Dieu avec les autres 

- Contrairement à ceux qui deviennent jaloux quand l'attention de leur bien-aimée est dirigée ailleurs, nous désirons réellement, quand il s'agit de Dieu, que d'autres aient un rapport avec Lui.

Cela parce que Dieu est infini. Il peut être partagé sans que personne n'y perde rien.

Et le désir de partager l'amour de Dieu va encore plus loin. S'il y a dans le monde un manque général de conscience de Dieu, notre propre rapport avec Lui est également défectueux. Dieu est la colle qui soude l'humanité, et une direction efficace exige le plein accord des hommes.

 
Voilà pourquoi il est si important, dans le service de Dieu, de faire appel à la collectivité. -

Pas de place pour d'autres ambitions

 
Qu'est-ce qui constitue une transgression de la mitsva d'aimer Dieu ?

 
Aimer quelque chose d'autre qui concurrence notre aspiration à  nous rapprocher de Lui. 
La mitsva d'aimer Dieu consiste à être constamment préoccupé par la poursuite d'une proximité par rapport à Lui.

Maïmonide compare cela à  l'intense attirance qu'un homme ressent pour une femme. Nous devrions être si totalement tourmentés par le désir pour Dieu qu'il ne faudrait y avoir de place pour rien d'autre.

 
C'est à nous de choisir. Comme le disait le Kotzker Rebbe : " Où est Dieu ? Partout où nous Lui permettons d'entrer. " 
Heureusement, nous avons une bonne longueur d'avance.

Parce que l'amour que nous porte Dieu est incessant, et que sentir l'amour de Dieu nous incite à L'aimer en retour. Comme l'a dit le roi Salomon : " Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi " (Cantique des cantiques 6, 3). C'est une voie à double sens, et Dieu est toujours prêt à y être impliqué.

 
Mais n'attendons pas que cette dynamique arrive spontanément. Engageons-nous y intelligemment. Soyons prêts à investir du temps et des efforts pour obtenir ce plaisir. C'est là l'affaire de toute une vie, et c'est pourquoi l'amour de Dieu est une mitsva " permanente ".

 
La vie n'est rien qu'une longue série d'événements qui nous font devenir de plus en plus conscients de la grandeur de Dieu. Portons notre attention sur la nature, sur la Torah, sur l'histoire - et branchons le tout sur l'amour de Dieu. Sans lui, nous nous glisserions hors de la Création.

29/12/2011

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Article 4 sur 6 dans la série Les 6 Mitsvot Permanentes

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