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La perfection contre assez bien

La perfection contre assez bien

Comment cesser de se blâmer et persévérer en tentant de votre mieux.

par Marnie Winston-Macauley
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L’autre jour, alors que je flânais dans une librairie, je suis encore tombé sur un nouvel ouvrage dont le titre promettait : « Comment accéder à la perfection en dix étapes ? ».

La perfection, nous y voilà ! Si vous souhaitez le parti parfait, le mariage parfait, la famille parfaite, contentez-vous d’acheter les manuels des experts et hop ! Suivez les dix étapes recommandées, et le tour est joué...

Nous avons tous lu le ramassis d'âneries qui ont envahi les rayons Développement Personnel depuis vingt-cinq ans. Et s’il s’y trouve certainement quelques conseils que nous pouvons glaner - soit dit en passant d’une simplicité relevant du bon sens - le délit insidieux consiste en ce qu’ils définissent des attentes insensées.

Oui, ces livres se vendent, car le concept de la perfection est séduisant. Devenir le numéro un est un rêve universellement partagé. Qui ne souhaite pas réaliser le parfait atterrissage sur la poutre parallèle olympique ? Qui n’aspire pas à avoir un compagnon « parfait » ou un enfant parfait ? Mais cette course à la perfection commence à dépasser les limites de l'acceptable. « Imparfait » signifie que vous n’arrivez pas à avaler cent vers de terre en moins de trente secondes sur la chaîne de télévision nationale.

J’ai confiance dans l’esprit humain pour améliorer les choses. Mais pas dans la « perfection ».

Dans la sphère des relations humaines, le danger est encore plus grand. Noyé dans cette culture du « perfectionnisme », l’homme ordinaire ne peut parvenir qu’à une seule conclusion : l'humanité n'est qu'un immense groupe de ratés. Le titre même de ces ouvrages sous-entend que nous sommes des bons à rien si nous avons manqué d’accéder à notre Nirvana personnel. Alors, comme nous sommes un peu fous, nous achetons ce genre de bouquins. Puis, arrivés à « l’étape 2 », lorsque, malgré nos meilleurs efforts pour suivre les « lois » des experts, nos conjoints ne reconnaissent pas leurs défauts, nos enfants sont virés de l’école, notre chien dévore notre charte des Valeurs Familiales et nos beaux-parents nous rayent de leur testament, ce qu’il nous reste, c’est cette désolante constatation : « Nous sommes tous des ratés. »

Tout ceci parce que le perfectionnisme est une impossibilité qui fait bonne figure.

L’enfant « parfait » ? Commencez par épargner pour les factures de psy.

Le conjoint « parfait » ? Vérifiez votre tension artérielle.

La famille « parfaite » ? Jolie pensée. Contentez-vous du film éponyme.

Avant de me traiter de pessimiste invétéré, sachez que j’ai consacré ma vie à offrir de l’espoir et à croire au changement. J’ai confiance en l’esprit humain pour améliorer les choses. Mais pas pour les rendre parfaites.

Alors, opérons un simple changement de formulation. Au lieu de « parfait », que pensez-vous de « assez bien » ? « Assez bien » ne revient pas à s’allonger dans une chaise longue avec un Pepsi light en main dans l’hébétude, tandis que la famille est prise d’une crise de folie furieuse. Non.

« Assez bien », c’est difficile. Cela demande un vrai travail. Un vrai engagement est requis, non pas au niveau de la fiction, mais pour développer le meilleur de nous-mêmes et opérer les meilleurs choix pour nous, sachant que la vie nous présente parfois de sérieux bouleversements.

« Assez bien » est un concept que nous les Juifs pouvons bien comprendre. Ayant vécu dans un monde « imparfait », qui mieux que nous avons dû intérioriser la nécessité de faire avancer les choses du mieux que nous le pouvons ? Il ne s’agit pas de rester les bras croisés. Au contraire. Il s’agit d'aller de l'avant pour créer une réalité meilleure, non pas « parfaite », quelles que soient la situation et les circonstances.

Rendons-nous à la réalité : il arrive que de bons parents aient des enfants difficiles. Il arrive que de bonnes épouses soient délaissées. Il arrive que de bons pères de familles se fassent licencier. Nous ne pouvons contrôler qu’une partie de la folie du monde.

En visant l' « assez bien », vous avez la possibilité d’entreprendre des choses que vous pouvez contrôler sans que votre égo ne soit mis en pièces.

L'effort par opposition aux résultats

•  « Parfait » est motivé par les résultats.

« Assez bien » est conduit par l’effort - une qualité bien plus réaliste et plus importante, indépendante du résultat. Maintes et maintes fois, nous constatons que la mesure la plus réelle du succès personnel se trouve dans l’effort.

• Le caractère « parfait » crée des attentes irréalistes. Si nous ne débordons pas de joie conjugale vingt-quatre heures sur vingt-quatre, ou si notre enfant est né avec le tempérament de Gengis Khan, nous avons le sentiment qu’une fête s’organise quelque part et que notre invitation s’est perdue dans le courrier.

« Assez bien » nous laisse gérer notre existence dans la réalité objective. Nous voyons les potentiels et les limites, nous les évaluons, nous créons des stratégies, et opérons des choix solides reposant sur les efforts et les circonstances.

• « Parfait » signifie que nous avons « échoué », si nous n’avons pas réussi chaque mission ambitieuse.

« Assez bien » signifie que nous avons tenté de notre mieux. Nous pouvons persévérer ou avancer sans auto-flagellation.

• « Parfait » suggère une liste de courses. Une taille unique qui se conforme au standard.

« Assez bien » nous permet de faire de la vie un travail sur mesure. Il n’est pas question de : « Qu’est-ce qui est juste aux yeux de Dr. Bestseller ? » mais de ce qui marche pour nous et du but que nous visons.

• « Parfait » suggère des absolus. Les échecs et les succès sont définis avec rigidité.

« Assez bien » embrasse le principe très juif du pardon et de l’acceptation de situations de fait, même si elles sont imparfaites. Comprenons qu’il n’y a pas une réponse unique, mais des valeurs opposées qu’il faut évaluer, débattre et résoudre sincèrement.

• « Parfait » devient une mesure impossible d’estime de soi. Les fautes et les faux-pas deviennent une part dévastatrice de notre définition personnelle de nous-mêmes.

« Assez bien » nous permet d’opérer une distinction entre nos véritables défauts humains et les imperfections qui proviennent entièrement de notre perception de nous-mêmes. Elle met non seulement les faiblesses des autres en perspective, mais elle nous permet de continuer à nous aimer nous-mêmes, ainsi que les autres, de manière inconditionnelle, contribuant à notre bien-être psychologique et spirituel.

La vie est une œuvre glorieuse en cours. La prochaine fois que vous voyez un « expert » colportant « Les dix étapes pour un mariage parfait » ou « Comment élever l’enfant parfait », jetez cet ouvrage et pensez à fixer votre existence selon vos règles, vos principes et la réalité. Faites de votre mieux et célébrez ceci : oui, vous n’êtes pas « parfait », mais vous vous évertuez à être « assez bien. »

23/9/2012

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