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Aimer la terre d’Israël

Aimer la terre d’Israël

Le pouvoir spirituel du lieu privilégié de D.ieu

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J’ai un aveu à vous faire : je suis amoureuse du pays d’Israël. Après presque 18 années de vie ici, à travers deux Intifadas, deux guerres du Golfe, des hauts et des bas (surtout des bas) de l’économie turbulente d’Israël, et une vague de terreur de deux ans et demi qui m’emplit d’effroi et me brise le cœur, mon ardeur pour Israël n’a pas faibli.

Pourquoi aimé-je Israël ? Car j’ai visité la moitié des sites saints du monde. J’ai médité à Varanasi, je me suis immergée dans les sources sacrées du Gange, visité le Vatican, circulé autour du stupa bouddhiste à Sarnath, me suis baignée dans les eaux de Lourdes, randonné sur le lieu saint de Weepong Madonna dans trois mètres de neige dans les Alpes françaises, et visité des ashrams éloignés dans l’Himalaya. J’ai ressenti un sentiment d’exaltation à tous ces endroits.

Ce n’est qu’en Israël que je ressens la présence palpable de D.ieu lorsque je recherche une place de parking

Mais ce n’est qu’en Israël que je ressens la présence palpable de D.ieu lorsque je recherche une place pour me garer, lorsque je prépare le dîner, lorsque je suspends le linge, lorsque je suis prise dans un embouteillage, lorsque je me demande comment nous allons payer la facture de téléphone.

Ce ne devrait pas être une surprise. D.ieu a explicitement promis dans la Torah qu’Il entretiendrait un lien constant, 24 heures sur 24, avec le pays d’Israël et ceux qui y résident : « Un pays que le Seigneur ton D.ieu surveille constamment ; les yeux de l’Éternel ton D.ieu y sont rivés depuis le début de l’année jusqu’à la fin. » (Deut. 11 :12).

Providence divine

La plupart de mes amis ici à Jérusalem ont des myriades d’histoires sur la manière dont l’intervention Divine constante, directe (appelée en hébreu hachga’ha pratit), s’est révélée dans leur vie. En voici quelques-unes que je voudrais partager avec vous :

Lorsque mon mari (un musicien) et moi fîmes notre alya, la loi stipulait que les nouveaux immigrants avaient le droit d’importer trois « cadres » sans taxe. Cela signifiait que nous pouvions faire venir par bateau des appareils ménagers et des meubles d’Amérique sans payer les 100 % de frais de douane – une occasion trop bonne pour laisser filer. Pour notre dernier envoi, nous achetâmes un micro-ondes, un sèche-linge Maytag, un four autonettoyant et tout ce dont nous pensions avoir besoin pour le reste de notre vie. Lorsque, de retour en Israël, nous calculâmes le coût de tout ce que nous avions acheté plus les frais d’envoi et d’assurance, il nous manquait 2,100 dollars.

Je priais D.ieu de couvrir le déficit. Après tout, nous avions fait ces achats afin de mener notre existence ici, en Israël.

Quelques jours plus tard, une lettre arriva dans le courrier de la Fédération américaine de musiciens, Local 47, à laquelle mon mari avait appartenu dans le passé. La lettre l’informait que des rediffusions de « Face the music » - une émission télé sur laquelle il avait travaillé environ dix ans plus tôt -, avaient été vendues à un réseau chrétien de diffusion. L’enveloppe contenait un chèque d’un montant de 2,100 dollars.

Autre histoire : dans les appartements israéliens, la place est toujours extrêmement précieuse. C’est pourquoi, lorsque nous emménageâmes dans notre appartement il y a environ quatorze ans, je fus heureuse de trouver deux étendoirs à linge, qui, du point de vue de la taille et de la forme, entraient parfaitement dans le passage étroit entre ma chambre à coucher et la salle de bain où était située la machine à laver. Après de nombreuses années d’usage, l’un des deux étendoirs en plastique se fêla, jusqu’à ce qu’il ne tienne plus. Son jumeau était toujours en parfait état.

Un jour, j’observai l’étendoir cassé et me dis : « Il ne sied pas à la tiféret Yerouchalayim (la splendeur de Jérusalem) d’avoir des objets cassés dans notre appartement. » Mais où pouvais-je acheter un tel substitut pour s’accorder avec l’étendoir en bon état ? On ne fabriquait plus de tels étendoirs de nos jours. Même le magasin où j’avais acheté les étendoirs avait fait faillite. Et quelle chance avais-je de trouver deux nouveaux étendoirs pour remplir cet espace étroit ?

Le jour suivant, un projet d’élagage dans le jardin de ma cour me laissa avec un carton de débris à jeter. Là où je vis dans la Vieille Ville de Jérusalem, nous plaçons nos détritus dans des pièces fermées réservées aux ordures, une pour différentes familles. Je n’avais pas été dans notre local de poubelles depuis très longtemps, car mon mari jette les ordures. Lorsque j’ouvris la porte du local pour y placer mon carton, je n’en crus pas mes yeux. Devant mes yeux, je vis un étendoir, identique au mien, en parfait état.

Est-ce que j’entends par là que le D.ieu tout-puissant sur terre et dans le ciel s’implique Lui-même dans mes finances et mes étendoirs ? Oui, absolument ! Telle est la qualité de la terre d’Israël : un engagement total. Une supervision constante, immédiate, détaillée. Une intimité implacable avec l’infini.

Rien d’étonnant à ce qu’il soit si difficile d’y vivre.

A la rencontre de votre "Moi" intime

D.ieu aime la terre d’Israël plus que le plus fervent sioniste. Comment le sais-je ? Il l’affirme dans Son Livre. À maintes reprises. Aucun gouvernement ou aucune brochure touristique d’un ministère israélien ne loue Israël plus que la Torah. D’après la Torah, Israël n’est pas simplement un merveilleux endroit à visiter – ou vivre, mais un coin de terre inextricablement lié à l’âme du peuple juif.

La première déclaration de D.ieu au premier Juif, Abraham, est l’ordre de venir en Israël. « Quitte ton pays, ton lieu de naissance, la maison de ton père, et va vers le pays que Je t’indiquerai. » [Gen. 12:1]

Se rendre dans le pays d’Israël consiste à se déplacer vers son moi le plus authentique, le plus profond.

Le terme hébraïque pour « aller » - lekh – est suivi du terme lékha, qui signifie « pour toi. » Le commentateur biblique classique, le Or Ha’haïm affirme que se rendre dans le pays d’Israël consiste à se déplacer vers son soi le plus authentique, le plus profond. L’alliance passée entre D.ieu et Abraham, Isaac et Jacob promit deux choses à leurs descendants : l’éternité du peuple juif et la terre d’Israël.

Au cours de la première révélation à Moïse, dans le buisson ardent, Il déclare qu’Il est conscient de la douleur des enfants d’Israël au sein de leur esclavage égyptien. Puis D.ieu révèle à Moïse Son projet de rédemption : « Je suis descendu pour les délivrer de la main de l’Égypte et les faire passer de ce pays vers une contrée fertile et spacieuse, vers une terre où coulent le lait et le miel… » [Ex. 3:8]

L’Exode ne fut pas seulement un passage de l’état d’esclavage à l’état de liberté, mais d’un endroit appelé Égypte jusqu’à un endroit qui sera appelé plus tard « terre d’Israël. » Venir en Israël faisait partie intégrante de la Rédemption. Un peuple qui avait développé une relation particulière avec D.ieu, qui avait été témoin de miracles visibles et à qui l’on avait donné la Torah ne pouvait résider que dans ce lieu particulier, la terre d’Israël.

Tout au long de la Torah, on se réfère à Israël sous l’appellation de « erets ré’hava », c’est-à-dire une terre spacieuse et expansive. C’est presque amusant, car Israël est un minuscule pays, environ de la taille de l’État du New Jersey. Même dans l’ancienne Mésopotamie, Israël était une lamelle de terre entourée de larges empires. Nos rabbins nous enseignent que ré’hava ne dénote pas une description géographique, mais plutôt une description spirituelle. Israël est « spacieux » car il développe la personne qui y vit.

Uniquement sur la terre d’Israël

Le judaïsme est la seule religion au monde liée à un pays spécifique. D’autres religions possèdent des sites sacrés, des rivières et des sources, mais le judaïsme soutient que chaque centimètre d’Israël à l’intérieur des frontières bibliques (n’inclut pas Eilat et la plupart du Néguev) est saint.

Ceci a d’immenses conséquences concrètes sur la pratique du judaïsme. Par exemple, toutes les mitsvot liées à l’agriculture (les commandements de prélever la dîme des produits, de laisser la terre au repos tous les sept ans, etc.), ne s’appliquent qu’à la terre d’Israël. Comme la Rabbanite Tsipora Heller aime le répéter : « Une tomate qui pousse sur la terre d’Israël est plus sainte que la manne qui tomba dans le désert. » Car des mitsvot s’appliquent à cette tomate. Et les mitsvot sont le moyen direct du Juif de se lier à D.ieu.

En donnant de nombreuses mitsvot dans la Torah, D.ieu commence par dire : « Lorsque vous viendrez dans le pays… » Na’hmanide, l’illustre sage du treizième siècle, soutenait que les mitsvot de la Torah ne pouvaient être accomplies convenablement que sur la terre d’Israël. Accomplir les mitsvot en dehors du Pays, écrit-il, n’est qu’un moyen de maintenir la pratique, de sorte que lorsque le peuple juif reviendra sur la Terre, il saura comment agir.

Le Kuzari décrit le plan de D.ieu de cultiver le peuple juif en tant que « royaume de prêtres et nation sainte », à l’instar d’un vignoble que l’on plante. Un vignoble a besoin de quatre éléments : des vignes, une terre, du soleil et de la pluie. Le Kuzari explique que les vignes sont le peuple juif, la terre est la Terre d’Israël, le soleil est la Providence Divine (hachga’ha pratit) et la pluie est la Torah. De toute évidence, si l’on plante des vignes françaises dans la vallée du Napa, elles vont produire des raisins différents. De la même manière, le peuple juif en dehors d’Israël ne peut accomplir sa finalité et son potentiel Divins.

Le sol même d’Israël possède une certaine vitalité spirituelle. De nombreux Juifs de la Diaspora ressentent un réveil de l’âme lorsqu’ils viennent en Israël, ou à Jérusalem, ou au Mur occidental. Le Mur, situé à la base du Mont du Temple, est le vestige restant du Second Temple, et n’a aucun ornement spirituel. Aucune fresque, aucun encens, aucune musique, aucune architecture somptueuse. Or la Chékhina, la Présence de D.ieu, est si tangible là-bas que peu manquent de la ressentir.

Le lieu privilégié de D.ieu

Imaginez un amoureux conduisant sa bien-aimée sur son « lieu de prédilection. » Portant un panier rempli de vin et de pain, tout en se promenant, il la divertit par des descriptions de son lieu secret, son rendez-vous d’amour. « C’est si beau, si calme, si éloigné, comme un autre monde. Tu vas l’aimer. »

Ils atteignent enfin le lieu, une clairière isolée dans la forêt. Elle jette un regard et sourit dédaigneusement : « ça ? C’est ça ton lieu privilégié ? Il n’y a rien ici ! Il n’y a même pas un banc pour s’asseoir ! Même pas une table de pique-nique ! Penses-tu que je vais m’asseoir par terre et salir ma jupe ? Et il y a des insectes rampants sur l’herbe. Je déteste les insectes ! »

Si la bien-aimée rejette le lieu privilégié de l’amoureux, quelles sont les chances que leur relation tienne ?

La Torah relate comment dans la seconde année après l’Exode, les Bné Israël arrivèrent aux frontières de la Terre Promise. Dix espions parmi les douze envoyés pour espionner la Terre firent un compte-rendu négatif, et le peuple refusa de « faire l’alya. » Les Sages affirment que cette faute, le rejet de la Terre d’Israël, fut d’une certaine manière plus grave que la faute du culte du Veau d’Or. Après l’épisode du Veau d’Or, Moïse retourna au sommet du Mont Sinaï et implora le pardon Divin, qui fut accordé. Or, nous n’avons jamais été pardonnés pour la faute d’avoir rejeté la Terre d’Israël.

Si la bien-aimée rejette le lieu privilégié de l’amoureux, quelles sont les chances que leur relation tienne ?

Bien au-delà du nationalisme

Israël n’est pas simplement un projet de biens immobiliers parmi les autres

L’une des manières de rejeter Israël est de refuser d’y vivre. Il y a un autre moyen, plus pernicieux, de rejeter le lieu privilégié de D.ieu : de le traiter comme une parcelle de biens immobiliers comme les autres.

 

Imaginez que l’amoureux conduise sa bien-aimée sur son lieu privilégié de rendez-vous. Elle l’observe et s’exclame : « C’est très beau ! Nous pouvons le transformer en réel projet immobilier. Nous pourrons probablement le diviser en une dizaine de lopins, de 50 sur 60 chacun. »

La Terre d’Israël n’est pas une question de nationalisme. Le but de « faire d’Israël un pays comme les autres » viole son essence même. Imaginez les planificateurs urbains de la ville de Florence décidant de supprimer les inestimables œuvres d’art de la ville afin de faire de Florence « une ville comme les autres. » Le trésor inestimable d’Israël est son identité juive unique, sa puissance spirituelle, sa sainteté.

La Terre d’Israël n’est pas une question d’avoir un refuge contre l’antisémitisme. Ce but a échoué. Israël est le seul pays au monde aujourd’hui où de nombreux Juifs sont tués en raison de leur judaïté.

La Terre d’Israël n’est pas une question d’avoir un endroit où les Juifs dirigent. Oui, Israël a un Président juif, un premier ministre juif, des législateurs, maires et bureaucrates juifs. Il y a aussi des criminels juifs et des drogués juifs.

La Terre d’Israël est le lieu que D.ieu a assigné pour Son rendez-vous avec le peuple juif.

Comment pouvons-nous repousser cette occasion ?

18/10/2012

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Vos réactions : 2

(2) Bertrand ESCAFFRE, December 24, 2012 12:14 PM

Ceci rejoint une belle pensée

Shalom, Le Rav Josy Eisenberg a rappelé que le Projet Israël est ouvert et cohérent, une promesse d'harmonie, et ne saurait reposer en rien sur un nationalisme étriqué. La terrible épreuve est celle imposée par le voisinage, qui fait pression pour distinguer (à son insu) ceux qui, parmi Israël, resteront sur Torah, et ceux qui s'aviliront à sombrer dans le jeu de la haine et de l'insulte à-tout-va. Et nombreux sont ceux que je vois sombrer. Voici le terrifiant prix de téchouva, notamment dans sa valeur et son mérite. A ceux qui désespèrent, dire ceci, qui est la Vérité : Israël n'aura jamais 100 % d'ennemis, c'est aussi utopique que de souhaiter 100 % d'amis ;) Shalom

(1) Hanna, October 18, 2012 7:19 PM

Je ne peux que souscrire à ce témoignage, il aurait pu être le mien, tant je me sens moi aussi amoureuse de la terre d Israël,

 

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