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Saut Périlleux

Saut Périlleux

Comment passer la barre ?

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Debout face à la piste d’élan. Dans vos mains une perche de quatre mètres de long en fibre de verre. Une brise légère la fait doucement balancer de gauche à droite. Vous ignorez cette distraction pour vous concentrer sur le tapis de réception là-bas, à la fin de la piste, et la barre que vous devrez passer, placée à cinq mètres du sol.

  
Vous n'avez jamais sauté une telle hauteur, et c’est votre dernière tentative. Toute l'équipe entoure la piste, pour vous applaudir. Que l'équipe gagne ou perde va dépendre si vous passez la barre. L’adrénaline commence à inonder vos veines. 
 
Vous repoussez vos peurs, vos doutes et vos craintes et vous commencez à courir. En quelques secondes, vous atteignez la zone du tapis, courant maintenant à pleine vitesse. Vous abaissez la perche adroitement et toute l'énergie de votre course va la plier. Des années d'entraînement et de synchronisation se mettent à l’œuvre. 
 
Alors que la perche se détend, vous lancez votre corps en position verticale. C'est merveilleux, le saut se passe à merveille. Vous positionnez votre corps parfaitement et vous sentez la perche vous projeter alors qu’elle se détend, libérant son énergie. Vous jaillissez vers le haut et sentez votre corps qui commence à franchir la barre des cinq mètres. La foule hurle. Mais le résultat n’est pas encore acquis. 
 
<PAUSE> 
 
Plusieurs fois dans ma carrière d'entraîneur, je me suis retrouvé dans une situation comme celle-ci avec un de mes athlètes. Dans la vie, tout comme dans le saut à la perche, nous nous trouvons dans des situations où nous devons investir  tout notre effort dans une entreprise, qu'il s'agisse d'investir en bourse, de passer un examen, ou d'élever des enfants. Nous pouvons l’investir dans le travail, mais le résultat est toujours incertain. 
 
Dans la société d'aujourd'hui le succès est le plus souvent mesuré par le résultat. Alors que paradoxalement, le résultat réel est complètement hors de nos mains une fois l'effort produit. Parfois on touche à peine la barre et elle tombe, alors que d’autres jours l'athlète la frappe violemment, et pourtant elle reste miraculeusement en place. 
 
<PLAY> 
 
Vous sentez votre corps qui plane au-dessus de la barre, la foule hurle. Vos jambes et le torse ont déjà passé la barre. La joie inonde votre corps. Soudain, de façon inattendue, votre thorax effleure alors un peu la barre. Vous atterrissez en bas, les yeux fixés sur la barre. Elle roule sur le bord des chevilles qui la tiennent en place et vacille pendant ce qui semble être une éternité. La foule retient son souffle ... 
 
L’attitude : c’est moi qui contrôle. 
 
La barre tombe, et je me sens ... 
 
abasourdi
 
Si l'athlète pensait contrôler le résultat, il se prend à ce moment pour un raté complet. Il imagine qu’en faisant ceci ou cela différemment il aurait pu atteindre le résultat qu'il souhaitait. En vérité, il sait qu’il n’aurait rien pu faire de plus, mais la chute de la barre l’a trop déçu. Il ne parvient pas à reconnaitre qu’il a fait un des meilleurs sauts de sa vie. Tout ce qu'il voit c’est son échec. 
 
C'est comme cela que tellement de personnes vivent leur vie, comme une voie assurée vers la misère. Elles vivent comme sur des montagnes russes, exaltées et pleines d’assurance quand les choses vont bien, et découragées quand ça ne va pas. Les athlètes qui n'ont pas pu sortir de cet état d'esprit ont souvent abandonné leur carrière pour une activité moins pénible, à l’abri des creux qu’ils ne pouvaient gérer.

De même dans le monde du travail, quand une personne investit de longues heures de travail et rencontre le succès financier, et qu’il devient capable de s'offrir une belle voiture et une maison, elle ressent le bonheur. Mais le jour où après avoir investit le même effort elle se met à perdre beaucoup d'argent, elle ne pourra détacher son attention de son découvert en banque.

  
L’attitude : c’est Dieu qui contrôle.

 
La barre tombe, et je me sens ... 
 
satisfait
 
Si l'athlète ressentait que Dieu contrôle tous les résultats, il saurait qu'il n’aurait rien pu faire de plus. D’accord, il ressent une frustration d’avoir été si près du but, mais il sait dans son cœur qu'il n’aurait rien pu faire de plus. Il sait bien qu’il y a des jours où Dieu veut que la barre reste en haut, et d'autres qu'elle tombe. Tout ce qu'il peut faire est d’investir son meilleur effort, et faire confiance à Dieu que tout se passera pour le mieux. 
 
Vivre avec cet état d'esprit engendre une joie permanente. Le véritable succès est mesuré par le niveau de travail que nous avons investi. Un jour la barre ne tombera pas, et ce jour là nous serons en mesure de vraiment remercier Dieu pour ce don. 
 
C’est cela plus que toute autre chose que  j'ai souligné à mes athlètes. Je savais que s'ils pouvaient maîtriser cet état d’esprit à la perche, ils pourraient l'appliquer à d'autres aspects de leur vie. 
 
Dans ma dernière saison d’entraînement, nous sommes sortis victorieux de nombreux meetings athlétiques. J'étais plein d’optimisme et d’excitation  lorsque je me suis présenté à ma dernière rencontre, espérant mettre fin à ma carrière d'entraîneur sur une note positive. Dieu avait d'autres plans. Sur le papier, la rencontre a été un désastre, mes athlètes ayant été dans leur ensemble en dessous de leurs capacités en raison de variables hors de notre contrôle. 
 
Au début de ma carrière d'entraîneur, j'aurais été anéanti par une saison qui se termine sur une note négative. J'aurais passé d'innombrables nuits blanches à réévaluer et à réexaminer toutes les décisions que j'ai faites, en essayant de voir où je me suis trompé. Au lieu de cela, j'ai été heureux de voir mes athlètes déçus mais pas désespérés. Nous savions que nous avions donné le meilleur de nous-mêmes, que la barre soit restée en haut ou non.

8/1/2012

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