Au début de la Paracha, nous retrouvons Avraham dans une situation particulièrement éprouvante. Dieu vient lui ordonner d'attacher son fils sur l'autel. Et lorsqu'il rassemble finalement le courage nécessaire et qu'il accomplit l'ordre Divin, là intervient le comble du choc émotionnel: Dieu lui ordonne en fin de compte de détacher son fils! 

Lorsqu'Avraham rentre chez lui pour reprendre ses esprits, il apprend que Sarah, sa femme bien-aimée, est décédée. Et Avraham doit à présent par-dessus le marché acheter une tombe appartenant à un denommé Efron, qui essaie de profiter de la situation en lui en demandant un prix exorbitant. 

C'est ce qu'on appelle une "mauvaise journée"!… Avraham a toutes les excuses du monde pour perdre patience et révéler à Efron le fond de sa pensée, et pourtant…

Avraham, la bonté personnifiée, traite Efron avec honneur et dignité. Avraham a compris que le fait de souffrir ne donne pas le droit de s'en prendre aux autres. 

Le Talmud nous enseigne que Dieu testa le caractère d'Avraham à dix reprises. De manière générale, nous comprenons que ces épreuves allaient justement à l'encontre des prédispositions naturelles d'Avraham à la gentillesse, afin de renforcer son "point faible" - la sévérité. Et si l'on réfléchit dans ce sens, la plus grande épreuve fut bien celle de devoir attacher Its'hak sur l'autel, attitude qui est l'antithèse de la gentillesse. 

Mais tel n'est pas l'avis de Rabeinou Yona. Selon lui c'est l'achat du tombeau d'Efron qui fut la plus grande des épreuves. C'est là-bas qu'Avraham puisa dans ses ressources de gentillesse et de patience, et qu'il fit des efforts surhumains. 

L'idée est qu'afin de devenir quelqu'un de bien, il n'est pas suffisant de travailler nos points faibles, il nous faut aussi améliorer nos qualités en permanence.