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Tsav(Lévitique 6-8)

L’être et l’avoir

Parmi les commandements mentionnés dans la section de la Torah lue cette semaine se trouve l’ordre de retirer les cendres du foyer de l’Autel. Certaines parties du sacrifice étant brûlées, les cendres devaient être retirées par les prêtres chaque jour, avant le lever du soleil. Ceci était la seule et unique tâche du service du Temple qui répondait à la règle du « premier venu, premier servi ». Toutes les autres tâches du service étaient réparties équitablement entre les prêtres. Mais pour le retrait des cendres, si l’on espérait obtenir un ticket, il fallait se pointer tôt, et attendre sagement son tour…

On pourrait penser que pour cette corvée marginale voire humiliante consistant à retirer les cendres – un boulot d’agent d’entretien somme toute – il était difficile de trouver preneurs. Il existait des tâches bien plus prestigieuses comme par exemple allumer le candélabre, ou faire brûler l’encens…

Et pourtant, c’était tout le contraire. Tant de prêtres se disputaient le privilège de retirer les cendres chaque jour qu’ils courraient sur la rampe menant à l’autel afin d’arriver le premier. D’ailleurs, nos Sages racontent qu’un jour, il y eut tant de coureurs dans ce marathon sacerdotal que l’un d’entre eux glissa de la rampe et se cassa la jambe…

Moralité... Dans cette génération, nous jugeons généralement les gens d’après l’importance de leur carrière, ou le montant de leur fiche de paye... Un avocat qui s’en met plein les poches en défendant la cause de maris violents peut susciter plus de respect qu’un autre qui défend ces femmes battues à titre bénévole. Voilà un système de valeurs pour le moins pervers. Défendre des criminels peut rapporter des tas de sous, mais cela ne fait pas de vous une bonne personne.

Bien entendu, la véritable appréciation d’une personne ne devrait pas être basée sur le montant de son salaire, ou le respect suscité par sa profession. La vraie valeur d’une personne se mesure par sa contribution à sa famille, ses amis et la société en général.

Les prêtres avaient compris que retirer les cendres de l’Autel – qui, si je puis dire, revenait à jeter  « la poubelle de Dieu » - constituait un grand honneur. Non pas parce que la société le percevait ainsi, ni parce que ça rapportait gros. Simplement parce que si Dieu nous enjoint de faire une certaine chose, par définition, il s’agit de quelque chose de bien. Et s’efforcer de devenir quelqu’un de bien est ce qui nous confère toute notre valeur.

En conclusion, si vous souhaitez vous lancer dans la compétition, alors faites-le pour le Bien, non pas pour les honneurs ni la richesse. Si course il doit y avoir, faites en sorte qu’elle se déroule sur l’Autel de notre propre divinité. Les prêtres firent la course pour jeter les cendres, non pas parce que cette tâche était en elle significative, mais parce que c’était D.ieu qui l’avait ordonnée.

Dans la vie, il y a beaucoup de choses que les gens portent aux nues, mais qui sont pourtant dépourvues de tout intérêt. Et il y a tout autant de choses que les gens dédaignent – mais qui sont pourtant bons et pleins de sens. Ne jugeons pas par la richesse. Ne jugeons pas ce que les autres pensent. Jugeons par ce que nous-mêmes considérons sincèrement être bon. Et agissons ainsi, peu importe combien les gens considèrent cette tâche diminutive et « déshonorante ». Au final, c’est souvent celle qui est véritablement digne d’éloges.

25/3/2012

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