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Haazinou(Deutéronome 32)

Rester à flot

Il est dit dans la Paracha de cette semaine que le Peuple Juif « s’est engraissé et s’est révolté » - c'est-à-dire qu’il s’est rebellé contre Dieu.

Il est symptomatique de la nature humaine que lorsque tout va bien, nous avons tendance à perdre un peu de vue Dieu. Il n’existe pas beaucoup d'athées dans un tunnel tout noir mais on en trouve bien davantage sur des yachts de luxe. Ou pour employer une autre métaphore, marcher sur des épines est bien plus bénéfique pour nous spirituellement que marcher sur des pétales de rose. La réussite matérielle et la spiritualité ne coexistent que difficilement. Et c'est bien dommage car il n’existe aucune raison technique pour laquelle les deux ne puissent aller de pair.

Nous constatons le même phénomène également chez les plus grands ; leur succès a souvent causé leur perte. Prenons par exemple mon homonyme, le roi Saül. Il était le plus humble et le plus pieux des hommes - jusqu'à ce qu'il devienne roi. Ou bien Kora'h, dont la Tradition Orale précise qu’il avait le potentiel d'être plus grand encore que Moïse, il échoua, vaincu par sa richesse. Même le roi Salomon, le plus sage de tous les hommes, lutta pour garder du recul face à sa réussite.

Et observons ce qui est arrivé au Peuple Juif à travers l'histoire. Les périodes durant lesquelles notre spiritualité atteignît des sommets furent des périodes de persécution - que ce soit le temps des Grands Rabbins de l'époque romaine, l'incroyable créativité dont fit preuve la communauté juive au Moyen-âge en Europe occidentale, ou sa résilience durant les pogroms et expulsions en Europe de l’Est. Par contre, ce fut en période de prospérité et de succès pour le Peuple Juif que nous nous sommes le plus assimilés – comme durant l'Age d'Or en Espagne, le début du 20e siècle en Europe occidentale ou même ce que vit notre génération de nos jours.

Pourquoi le succès nous conduit-il donc à «ruer dans les brancards»? Parce que plus nous réussissons, moins nous sentons le besoin d’avoir Dieu dans nos vies. Si j'ai une grande maison pour rester bien au chaud, un frigo abondamment rempli pour nourrir ma famille, de l'argent sur mon compte en banque pour me rassurer, de bons médecins et des hôpitaux pour me garder en bonne santé, alors pourquoi aurais-je besoin de Dieu? Il est tellement facile de Le renvoyer gonfler les rangs de ceux qui pointent au chômage, quitte à Le rappeler très vite ensuite en cas d’effondrement du système bancaire ou d’aveu d’impuissance des docteurs face à la maladie d’un enfant.

Dieu veut faire partie de nos vies, et il n’existe réellement que deux façons de le faire. Lorsque nous nous efforçons de nous rappeler la source de notre réussite quand c’est le cas - et nous devons vraiment nous y efforcer car il nous est si peu logique de penser ainsi et d’en attribuer la raison à Dieu. Et, lorsque nous ne nous rappelons de Dieu qu’en cas de crise pour Le ramener dans nos vies. Dans ce cas, de nombreuses autres crises seront alors nécessaires. C'est exactement ce que décrit ensuite la Torah « J'entasserai sur eux tous les malheurs, J'épuiserai mes flèches sur eux, etc. »


Quelle est par conséquent la solution? Si nous voulons que notre réussite soit durable, il suffit de se montrer reconnaissant. La gratitude protège ce que nous avons. Plus nous profitons de ce que nous avons, plus nous l’apprécions, plus nous sommes reconnaissants et plus nous avons de chances de conserver ces bénédictions qui nous ont été accordées. En d'autres termes, si vous invitez Dieu sur votre yacht de luxe, il y a plus de chance qu’il puisse rester à flot.

27/9/2012

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