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Vaet'hanan(Deutéronome 3,23 - 7,11)

Une intime conviction

Dans sa classification des 613 commandements, Maïmonide place comme première et seconde mitsva, celles de croire en D.ieu et celle de croire en Son unicité. Pour ce faire, il se base sur deux versets de la paracha Vaet’hane : le premier des dix commandements et le premier verset du Chéma Israël. L’un des principes exégétiques de la Tora est que chaque détail a de l'importance et très certainement la séquence des versets. Il nous faut  donc comprendre pourquoi la mitsva de croire en l’existence de D.ieu est immédiatement suivie de celle de la croyance en Son unité.

Nombreux sont ceux qui pensent que ces commandements consistent uniquement à croire que D.ieu existe et ce sans aller plus loin. Pourtant en réfléchissant, on se rend compte qu’une « mitsva » présuppose une obligation. Mais ce qui est du domaine de la logique, n’entre pas dans la catégorie des obligations. Ainsi, par exemple, il n’y a pas de mitsva de dormir ou de manger car ici, nous n’avons pas besoin d’attendre pour cela  un commandement divin. Il en va de même pour l’existence de D.ieu. Quand on observe les merveilles qui composent l’univers, l’équilibre qui régit toutes ses composantes, les milliards de détails qui font de lui un système parfaitement organisé, on ne peut nier qu’une intelligence suprême en est à l’origine. L’évidence s’impose à nous et nous n’avons pas besoin d’une mitsva (un ordre contraignant) pour croire que D.ieu existe. C’est donc que le précepte de « croire en D.ieu » n’a rien à voir avec la conviction basée sur avec une  conviction basée sur l’observation de l’univers qui nous entoure.

Il nous faut donc repenser ce commandement sur un autre registre. L’existence de D.ieu est une donnée évidente de la conscience sur laquelle va se greffer une mitsva qui est celle de croire en D.ieu. Expliquons-nous

Perfection

Croire en D.ieu, c’est s’imprégner pleinement de la conviction qu’Il est la perfection absolue. Et en quoi consiste cette perfection ? A la différence de toutes les créatures D.ieu n’est pas « composé » et c’est ce qui fait Sa perfection.  Par contre, chaque être vivant est formé de différents éléments qui font justement sa fragilité. En effet, si l’un de ces éléments disparaît ou s’affaiblit, l’être vivant perd sa consistance.

C’est un des aspects de la différence ontologique entre l’Etre nécessaire (Dieu) et les créatures contingentes que nous sommes actuellement.  

Prenons l’exemple de l’homme, constitué de la faculté de penser, d’un squelette, de chair et de sang, de liquide.  Si l’un de ces éléments vient à perdre de sa force, c’est la totalité de l’homme qui s’affaiblira. Cette dépendance n’existe pas chez D.ieu.  Comme l’explique le Rambam ( Hil’hot Yesodei HaTora) : «  D.ieu  ne dépend de rien et tout dépend de Lui ».

 Ce qui vient d’être expliqué est une approche de D.ieu dans l’absolu, au-delà du temps et de l’espace. Mais depuis la création de l’univers D.ieu se mit, pour ainsi dire, « en retrait » (tsimstsoun) pour que ce monde puisse exister et que nous usions de notre libre arbitre.  Et c’est là,  que se pose un problème existentiel. SI D.ieu met « un voile » sur Son existence, l’homme risque de donner plus d’importance à ce monde qui, à ses yeux devient plus séduisant.  Il y a alors dans l’esprit humain deux entités : D.ieu et le monde. On risque d’oublier D.ieu et de tomber dans les pièges de l’idolâtrie quelle que soit sa forme.  

C’est la raison pour laquelle, juste après la Foi, Maïmonide a placé, comme seconde mitsva, celle de croire en l’unité de D.ieu.  Maimonide veut nous avertir : que même après la création du monde, D.ieu est Un, exactement comme Il l’était avant la création.  D’ailleurs l’univers est recréé à chaque instant par la parole divine. En peu de mots, avec ces deux commandements, se trouve résumé, tout le projet humain tel que l’enseigne le judaïsme : nous amener à une humilité active devant la grandeur infinie de l’Eternel.


RAV YAACOV SPITEZKI

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6/8/2014

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Vos réactions : 1

(1) Michèle Toussaint, August 7, 2014 2:39 PM

une humilité active peut défaire les enchaînements néfastes

faire preuve d'une humilité active, c'est peut-être s'interdire de juger et donc de condamner les enchaînements néfastes, les logiques délétères pour que puissent surgir des paroles nouvelles, des paroles capables de tisser des liens qui libèrent...?

 

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