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Yaïr Nétanyahou et sa copine non-juive

Yaïr Nétanyahou et sa copine non-juive

Pourquoi tout ce battage médiatique autour de la petite amie non-juive du fils du premier ministre israélien ?

par Jonathan Rosenblum
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Cette semaine, les medias israéliens ont jeté leur dévolu sur Yaïr, le fils aîné du premier ministre, Benjamin Nétanyahou, qui fréquenterait une petite amie non-juive. Quant à la presse du monde entier, elle s’en est donnée à cœur joie pour relayer ce sentiment de prétendue inquiétude en Israël.     

Dans un monde où des centaines de milliers si ce n’est des millions de Juifs entretiennent des relations plus ou moins sérieuses avec des non-juifs, la vie amoureuse de Yair Nétanyahou n’a rien d’exceptionnel selon des critères rationnels. En Amérique, aujourd’hui, plus de quatre mariages sur cinq de Juifs (non orthodoxes) sont des mariages mixtes, d’après une étude conduite par le Pew Research Center.

Alors, qui prétendrait être affligé par les prétendues aventures romantiques de Yaïr Nétanyahou ? (Cela dit en passant, le bureau du premier ministre, a publié un communiqué selon lequel Yaïr et la jeune femme norvégienne identifiée comme sa petite amie ne sont rien de plus que des compagnons d’études au Centre interdisciplinaire de Hertzlya.)  

Les Juifs forment un peuple aussi réduit qu'ancien. Leur survie, en dépit des ennemis impitoyables qui se sont élevés contre eux pour les détruire à chaque génération, constitue le miracle le plus prolongé de l’histoire. Aujourd’hui encore, Israël reste le seul pays du monde développé à ne pas être menacé de suicide démographique, puisque le nombre de personnes arrivées à l’âge de la retraite égalera dans un futur proche le nombre de travailleurs plus jeunes.

Pour les Juifs croyants, la pérennité du peuple juif à travers les générations vient confirmer le fait que Dieu les a choisis pour dévoiler Sa présence dans le monde. Depuis plus de trois millénaires les Juifs ont montré combien ils étaient attachés à cette relation.Dans le monde entier, et à chaque période de l’histoire, de grands érudits aussi bien que de simples paysans ont sacrifié de plein gré leur vie plutôt que de renoncer à leur relation avec Dieu.

Lorsqu’un homme juif épouse une non-juive, cette chaîne ancestrale, millénaire et ininterrompue est brisée irréversiblement. Ses enfants ne sont pas considérés comme Juifs au regard de la Loi juive. Et si une femme juive épouse un non-juif, il est presque garanti, statistiquement parlant, que ses descendants cesseront d’être juifs dans une ou deux générations. En Amérique par exemple, ¾ des enfants issus de mariages mixtes épousent non-juifs. Seuls 14 % de foyers mixtes décrivent leur orientation religieuse comme principalement juive, d’après le sociologue Bruce Phillips au milieu des années 1990, et 60 % d’entre eux ont des sapins de Noël.    

Pour le dire sans détours, les segments non orthodoxes de la population juive en dehors d’Israël cesseront d’exister dans une ou deux générations en raison des mariages mixtes. La fin de si nombreuses lignées familiales qui remontent à l’antiquité ne peut que nous attrister.   

Or, les mariages mixtes sont la conséquence plutôt que la cause d’un changement plus radical. La plupart des Juifs d’aujourd’hui ont perdu le lien avec les croyances et les pratiques caractéristiques du peuple juif, en particulier la croyance que le peuple juif a été choisi pour relever une mission historique exceptionnelle.

Si l’on ne croit pas au but particulier assigné au peuple juif, il est parfaitement naturel de rechercher des conjoints parmi ceux qui ont les mêmes idées politiques ou les mêmes goûts cinématographiques. La véritable dans tout cela tragédie est que la composante « juive » ne constitue qu’une infime partie de l’identité de la plupart des Juifs d’aujourd’hui.

La décision d’épouser un Juif revient à accorder dans son mariage une place primordiale à des aspirations spirituelles communes

Ce que les Juifs orthodoxes pleurent lorsque leurs frères assimilés contractent des mariages mixtes, c’est l’irrévocabilité d’une démarche qui les coupe, eux-mêmes et leur descendance, de la possibilité de redécouvrir ce que signifie d’être juif.

La taille n’est pas une unité de mesure juive. La Bible elle-même promet que nous serons la plus petite nation. Mais la perte de chaque Juif n’en demeure pas moins une tragédie. Car au Mont Sinaï, le peuple juif n’a pas uniquement reçu une mission collective. Chaque âme qui se tenait là-bas ou qui descendrait de ceux qui étaient au Sinaï, avait été créée avec le potentiel de révéler, dans le cadre des commandements de la Torah, un pan de Dieu, en vertu de sa combinaison unique de talents et de défis à surmonter, et de sa situation familiale et historique particulière. La perte de ce potentiel affecte tout le peuple juif.  

De nombreux non-juifs, et de plus en plus de Juifs également, trouvent que l’insistance du judaïsme sur l’endogamie est raciste. C’est ridicule. L’accès au peuple juif est ouvert à toute personne qui souhaite s’engager au même niveau que ceux qui se tenaient au Sinaï. Le judaïsme ne sanctifie pas le patrimoine héréditaire, mais plutôt l’engagement envers une mission.

Il n’est pas nécessaire d’être juif pour servir Dieu. Parmi les principales religions monothéistes, le judaïsme est la seule à ne pas faire dépendre la récompense éternelle au fait de devenir juif. Or, les Juifs ont toujours pensé qu’ils avaient été choisis pour mener à bien une mission exceptionnelle.

Pour ceux qui ont le sentiment aigu d’avoir un engagement, une mission à remplir, le problème de l’endogamie n’est pas uniquement une question de Loi juive, mais également de logique. Car toute mission - en particulier une mission dont les composantes, aussi bien que la rétribution sont si importantes - ne peut être transmise de manière cohérente de génération en génération, que par deux conjoints qui partagent une vision commune.

La décision d’épouser un Juif revient à accorder dans son mariage une place primordiale à des aspirations spirituelles communes.

Toutes les religions, chacune avec ses propres croyances, ne préconisent-elles pas la même vocation ?

Cet article a paru à l’origine sur le site: cnn.com

6/2/2014

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Vos réactions : 2

(2) Gozlan, February 6, 2014 1:06 PM

Très bon mais parfois pas facile

Vous avez raison quoique les antisémite
Mites ou même moins radicaux nous désignent comme des communautaristes, il faut savoir donc que faire ?

(1) Lucien, February 6, 2014 10:19 AM

Fils à papa...

Je pense que le battage médiatique est dû au fait que Yaïr est fils de... Si déjà le fils du premier ministre israélien fréquente une non-juive, que faut-il attendre du reste de la nation. Qu'il le veuille ou non, ce jeune homme porte en lui l'emblème du peuple juif. Il doit donc faire attention à ses fréquentations...

 

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