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Violence en Israël : une cruauté inhumaine

Violence en Israël : une cruauté inhumaine

Assassinats, meurtres, attentats, les derniers événements en Israël sont tragiques. Une question se pose : comment faire face à toutes ces tragédies ? L'éclairage de Rav Ron Chaya.

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L’assassinat de trois jeunes durant l’été, l’attentat à la pelleteuse qui a coûté la vie à un père de famille, le meurtre d’un bébé de trois mois à Jérusalem sont autant d’événements tragiques qui nous interpellent.

Des orphelins pleurent encore leur père, des mères leurs enfants assassinés. Pourquoi toutes ces souffrances, au-delà des considérations géopolitiques ? Ces événements dramatiques nous incitent à une réflexion sur la souffrance endurée par le peuple juif, hier et aujourd’hui encore, durant l’exil décrit par la Thora.

Les derniers événements en Israël retentissent à nos oreilles comme un grand cri de souffrance. Souffrance physique et souffrance psychique des victimes et de leurs parents. Souffrance d’avoir perdu un être cher ou de voir souffrir son enfant. Souffrance aussi de ne pas comprendre, même lorsqu’on est croyant, et qu’on laisse le soupçon d’un silence divin nous envahir. Pourquoi D.ieu semble ne pas systématiquement nous protéger, nous qui sommes ses enfants ? Pourquoi permet-Il que cette violence aveugle touche nos proches, nos frères, des victimes innocentes ?
Depuis quelques mois, la liste des victimes du terrorisme s’allonge. Et lorsque certains attentats, par miracle, n’aboutissent pas ou ne font pas de victimes, ce sont des soldats qui tombent sous les coups de nos ennemis. Pourquoi ? En fait, les réponses de fond sont là, dans la Thora. Il faut avoir un certain courage pour savoir les entendre et ne pas fermer son cœur à l’appel que Hachem, loin d’être silencieux, nous lance à travers ces épreuves.

Mauvaise nouvelle à la radio

Il est vrai que nous ne connaissons pas les desseins de D.ieu. Les raisons profondes qui motivent nos souffrances personnelles et celle du peuple juif nous sont inconnues dans leur ensemble. En fait, les souffrances ne proviennent pas d’une raison unique mais d’une conjonction de phénomènes que l’on peut tenter de décrypter. Ainsi, affirmer que D.ieu a ses raisons que la raison ne connaît pas, et que la source des événements malheureux ne nous concerne pas, c’est faire preuve d’un manque de conscience. En effet, il y a certainement des causes que nous pouvons comprendre dans la mesure où la réalité nous parle et nous transmet un message. Si l’on considère que le monde est livré au hasard, on en viendra immanquablement à dire que les souffrances, elles aussi, procèdent du hasard. Mais si nous reconnaissons, et c’est là la vocation du peuple juif, que le monde est dirigé par un Créateur tout-puissant, nous pouvons aisément comprendre que rien ne survient dans notre vie sans raison. Si je suis au courant d’un malheur (ne serait-ce qu’au courant !) cela m’indique que j’ai quelque chose à tirer de cet événement, et du fait que j’en ai été informé.
Réduire le pourquoi de la souffrance à la conclusion d’un « tu t’es mal comporté » est insupportable. Mais fuir le sens des événements, c’est faire la politique de l’autruche…

Plongeons dans la vie spirituelle

Les souffrances et l’exil sont des moyens qu’utilise D.ieu pour le bien de l’homme, pour le faire progresser et non pour le punir.
Mais alors, comment comprendre les notions de récompense et de punition présentes dans la Thora ? Ne nous dit-elle pas clairement que si nous agissons comme il le faut, nous serons récompensés et que si nous agissons mal, nous serons punis ?
Pour comprendre, pénétrons dans l’univers extraordinaire de la vie spirituelle…
Lorsqu’on ingurgite un produit toxique ou un poison, le corps souffre et on peut même en mourir. Personne n’aura l’idée de dire que l’homme qui est mort après avoir avalé du poison a été « puni ». La mort est dans ce cas la conséquence directe de son acte. Il existe également une autre relation de cause à effet. La Thora nous expose le principe suivant : lorsqu’on agit dans le monde physique, cela a une incidence dans les mondes métaphysiques. Un acte positif a ainsi un impact positif dans les mondes supérieurs (épanouissement, abondance qui se répercute dans le monde physique). Grâce aux phénomènes corporels, on comprend mieux ce mécanisme.

Un homme qui boit ou qui fume verra son corps réagir négativement

Le corps est géré par des lois, énumérées par les sciences de la médecine, de la biologie… Or, le corps s’épanouit lorsqu’il vit en adéquation avec ces lois, et dépérit s’il vit en contradiction avec elles. Un homme qui boit ou qui fume verra son corps réagir négativement : petite toux ou maladie grave, son action se concrétise d’une façon ou d’une autre. La Thora considère que nous possédons un « corps » métaphysique qui est notre vrai « moi », notre être intrinsèque, notre essence. Il est également géré par des lois. L’ensemble de ces lois gérant le corps métaphysique s’appelle la Thora (traduite incorrectement par le mot « bible », du grec biblos qui signifie « livre », alors que Thora en hébreu signifie « mode d’emploi », « enseignement »). Or, ce corps spirituel réagit lui aussi en fonction des lois spirituelles qui le gèrent. Quand le peuple d’Israël respecte ces lois spirituelles, il s’épanouit. Sinon, il tombe malade et s’affaiblit.
D’autre part, la qualité de vie de l’être physique dépend de la qualité de l’être spirituel. Le même phénomène existe au niveau du peuple juif : quand il agit en accord avec les lois qui gèrent sa réalité spirituelle, le monde physique se développe dans l’harmonie et l’abondance. Mais s’il s’éloigne de la Thora, s’il prend du poison spirituel, cela engendre des maladies telles que pogroms, exils, shoah. La présence de D.ieu s’éloigne… Ainsi, que ce soit lors d’attentats terroristes, de catastrophes ou d’accidents, la leçon est la même, et c’est à nous de la lire entre les lignes des événements douloureux, de la vivre positivement et d’en tirer les conséquences afin d’assumer notre raison d’être sur terre et notre mission. C’est ce que dit la Thora au chapitre 29 du Deutéronome, verset 28 : « Les choses cachées appartiennent au Seigneur notre D.ieu (c’est-à-dire, le sens total de la souffrance est une chose cachée qui n’appartient qu’à D.ieu) mais les choses révélées (c’est-à-dire le sens intelligible de la souffrance) nous importent à nous et à nos enfants afin que nous mettions en pratique toutes les paroles de cette Thora. »

La techouva

Difficile d’entrevoir un espoir de paix dans les conditions géopolitiques actuelles. Pourquoi Israël se trouve-t-il, une fois de plus, dans un étau de violence, menacé de toutes parts par de nombreuses nations ?
Dans Devarim (Deutéronome, chapitre 4, versets 27-28), la Thora nous donne la clef des souffrances d’Israël : « Et D. vous dispersera parmi les peuples… et là vous adorerez des dieux, œuvre des mains de l’homme, dieux de bois et de pierre… Et c’est là que tu rechercheras Hachem, ton D., et que tu le trouveras, si tu le cherches de tout ton cœur et de toute ton âme. »

Chaque Juif récite chaque jour, à plusieurs reprises, le « chema Israël » où il est écrit clairement que la paix et l’abondance reposent sur la pratique des mitsvoth et de la Thora. S’attacher à de faux dieux (lire aujourd’hui : à d’autres valeurs, telles que l’argent, la réussite sociale, le modèle des Nations…) ne peut mener qu’à la ruine :

« Il arrivera, si vous obéissez bien à Mes commandements que Je vous ordonne aujourd’hui, d’aimer l’Éternel, votre D.ieu, et de le servir de tout votre cœur et de toute votre âme : Je donnerai la pluie à votre terre, en son temps, pluie d’automne et pluie de printemps ; et tu récolteras ton blé et ton vin et ton huile. Je donnerai l’herbe dans ton champ pour ton bétail, et tu mangeras et te rassasieras. Prenez garde que votre cœur ne soit séduit, que vous ne vous détourniez et ne serviez d’autres dieux et ne vous prosterniez devant eux : la colère de l’Éternel s’enflammerait contre vous, Il fermerait le ciel et il n’y aurait plus de pluie, et la terre ne donnerait plus son produit ; et vous disparaîtriez vite du bon pays que l’Éternel vous donne. » (extrait du chema Israël, tiré du Deutéronome, chapitre 11, versets 13-21).
Relues à la lumière des derniers événements, durant lesquels les Palestiniens, soutenus par de nombreuses nations, remettent en cause la présence juive en Eretz Israël et font régner la terreur, ces paroles répétées par les Juifs à chaque génération, ont un accent pathétique.
À l’époque du Premier Temple, alors que les armées babyloniennes, telles les armées arabes d’aujourd’hui, menaçaient aux portes d’Israël, le prophète Jérémie nous prévenait (34/17-21) : « C’est ainsi que parle l’Éternel : Vous ne m’avez point obéi, quand il s’agissait pour chacun de proclamer la liberté de son frère, de son prochain (l’une des mitsvoth de la Thora) ; eh bien ! Moi, dit l’Éternel, je vais proclamer contre vous la liberté du glaive, de la peste et de la famine, et Je ferai de vous un objet d’épouvante pour tous les royaumes de la terre. Et Je livrerai ces hommes, violateurs de mon pacte, qui n’ont pas exécuté les termes de l’alliance, ces princes de Juda et ces princes de Jérusalem, ces chambellans, ces prêtres et tous les gens du pays, qui sont passés entre les portions du veau, je les livrerai aux mains de leurs ennemis, aux mains de ceux qui en veulent à leur vie, et leurs cadavres serviront de pâture aux oiseaux du ciel et aux bêtes de la terre. »
Cet avertissement à de quoi nous faire frémir ! D’autant que les termes du contrat avec Hachem n’ont pas changé depuis 3000 ans : si nous respectons Ses commandements (objectif de notre existence sur terre) nous pouvons profiter des bienfaits d’Eretz Israël. Mais si nous échouons, notre sort est clair…

Maïmonide

Maïmonide, dans son œuvre Hil’hoth Taanith (livre Zmanim, alinéa 2), nous explique que l’indifférence face aux appels divins préside à une certaine cruauté : « Il existe une mitsva de faire retentir un cri de prière vers Hachem et de sonner du chofar quand il arrive un malheur au peuple juif. Cela fait partie du processus de techouva. Il faut savoir que tout ce qui nous arrive provient de nos mauvaises actions. Et c’est cette conscience (de notre responsabilité) et la techouva qui permettront de faire cesser les malheurs. Mais, si l’on ne crie pas et que l’on déclare que ces choses là procèdent du hasard, on fait preuve de cruauté, et cela nous pousse à persister dans la mauvaise voie ; cela amènera à d’autres malheurs, comme il est écrit dans la Thora (Vayikra 26/27, 28) : « J’amènerai sur vous un malheur pour que vous fassiez techouva et si vous dites que ce malheur est dû au hasard, Ma colère grandira, aggravant ce malheur « hasardeux ». D’après Rav Chimchon Raphaël Hirsch (Sage du XIXe siècle), le mot a’hzar (cruel) vient du mot a’h signifiant « exclusivement » et de zar « étranger » : être « totalement étranger », cela signifie qu’en ne réagissant pas devant le malheur, je reste « étranger » à ma propre douleur et à la douleur de mon peuple. Voilà ce que cruel veut dire pour un Juif. Ainsi, devant des événements aussi cruels, ne le soyons pas pour nous-mêmes, sachons faire preuve du sens de la responsabilité et agissons en conséquence ! Tous concernés, et chacun à notre niveau, nous avons l’opportunité chaque jour et à chaque instant, à chaque occasion, de nous bouleverser et d’améliorer nos actions afin de devenir meilleur. Pour créer un monde meilleur.

Millie Salomon d’après les propos de Rav Ron Chaya.

28/10/2014

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