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Ki Tetsé(Deutéronome 21:10-25:19)

Prenez le taureau par la queue !

La portion hebdomadaire comporte une loi qui, à premier abord, semble difficile à comprendre : si un soldat se prend de passion pour une femme en plein cœur de la bataille, il ne doit pas la séduire. (Jusque là, rien d’anormal.) A la place, ce qu’il devrait faire est de la ramener chez lui, de lui raser les cheveux, d’attendre 30 jours… et seulement alors de laisser libre cours à sa passion. (Deutéronome 21: 10-14)

Nos Sages expliquent : la Torah n’interdit pas la promiscuité. La Torah comprend la nature humaine et nous donne des lois pour nous aider à la contrôler.

Dans le feu et l’agitation de la bataille, il est difficile de garder son contrôle de soi. Les balles sifflent de partout, le corps sécrète des hormones à tout bout de champ ; les valeurs s’émoussent, au mieux. Et puis soudain, un soldat tombe sur une belle femme…

La Torah reconnaît que si elle disait d’emblée que cette femme est interdite, le défi risquerait de se révéler pour beaucoup trop difficile à surmonter. A la place, elle donne au soldat un moyen de se contrôler. Cette femme ne t’est pas totalement interdite ; tu dois juste attendre 30 jours. De cette manière, notre soldat ne fait pas face à une bataille entre sa passion et ses valeurs. Il peut avoir les deux ; tout ce qu’il doit faire est de patienter.

Il pourrait encore échouer à l’épreuve, mais il est certain que cela rend l’épreuve plus facile. Et, bien entendu, il est pratiquement certain qu’à la fin des 30 jours, avec la tête rasée de sa dulcinée et le champ de bataille bien derrière lui, sa passion aura diminué et il reconnaîtra que ce n’est pas ainsi que l’on traite une autre être humain.

Nous apprenons de là que plutôt d’aborder des désirs indésirables de plein front, il est souvent préférable de les contourner.

Alors plutôt que de prendre le taureau par les cornes, prenons-le par la queue.

Votre alarme sonne à 7h. Une petite voix en vous vous informe que c’est l’heure de vous lever. Une autre voix rétorque que vous préféreriez mieux dormir jusqu’à 10h, 11h ou pourquoi pas 12h. La deuxième voix sait bien évidemment qu’elle ne parviendra pas à s’imposer avec la méthode de la confrontation directe. Alors, comment réagit-elle ? Elle vous susurre d’appuyer sur la plus démoniaque des inventions – le bouton snooze. Et avant que vous ne le sachiez, en l’espace de dix minutes, vous vous êtes accordé une grasse mat’ de trois heures.

Gérer nos désirs indésirables avec diplomatie – tout comme eux-mêmes savent si bien le faire avec nous – est la clé pour les vaincre. Voici quelques petits exemples pratiques :

Vous êtes terriblement en colère contre votre collègue et vous n’avez qu’une seule envie : lui hurler à la figure. Alors dites-vous que vous allez passer tous vos nerfs contre lui. Imaginez la scène de violence, fantasmez à propos d’elle ; salivez à la perspective du délicieux plat de vengeance qui vous attend. Je ne vous demande qu’une seule chose – reporter la corrida au lendemain. Et le lendemain venu, faites-moi confiance votre colère se sera dissipée et vous serez à même de prendre une décision plus objective. Peut-être bien que votre collègue mérite vos reproches – mais vous les lui adresserez de manière bien plus saine et efficace.

Ou bien, votre femme a besoin de vous maintenant, mais ce soir sur TF1, Barça joue contre le PSG en Ligue des Champions. Au lieu de faire le choix entre votre moitié et le match du siècle – choix qui pour le commun de la gent masculine relève de l’impossible – faites les deux. Passez la première mi-temps à faire la vaisselle et réservez-vous pour la seconde mi-temps. De cette manière, vous évitez la collision frontale, et puis si ça se trouve, la fragrance du liquide-vaisselle vous ensorcela à tel point que vous en oublierez la seconde mi-temps !

Le conseil que la Torah nous donne est excellent : Plutôt que de réfréner vos désirs, apprenez à négocier avec eux ! Abordez-les de front et vous serez certainement perdants. Négociez, et vos chances de remporter la bataille augmenteront de manière significative. Rien n’est garanti – parce que vous avez toujours le libre-arbitre – mais vous mettrez au moins un maximum de chances de votre côté.

26/8/2012

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