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Vayakel(Exode 35:1-38:20)

Un verre à l’envers

La Paracha de cette semaine, Vayakel, retrace la construction du Tabernacle et la confection des différents ustensiles qui le composaient. Nous nous intéresserons plus spécifiquement à l’architecture de la Ménora, le chandelier à sept branches allumé quotidiennement par le Cohen Gadol, le grand-prêtre.

Dans beaucoup d’illustrations, la Ménora du Tabernacle puis du Temple est représentée avec des branches incurvées en demi-cercle. Toutefois, selon un croquis attribué à Maïmonide et que l’on retrouve d’ailleurs dans son commentaire sur la Michna, la Ménora serait en réalité dotée de branches rectilignes se détachant en oblique de l’axe central. Un avis corroboré par les propos de Rachi dans l’une de ses exégèses sur la Paracha de Térouma (Genèse 25, 22) :

Six branches sortiront de ses côtés : De part et d’autre et en oblique, s’étirant en longueur jusqu’au niveau de la menora elle-même, à savoir de sa tige centrale.

Mais il y a un autre détail qui diffère dans le croquis de Maïmonide ; la disposition des trois coupelles qui ornaient chacune des branches du candélabre. À la différence des reproductions classiques qui représentent ces dernières dans une position classique, la partie large vers le haut et la partie étroite vers le bas, Maïmonide a dessiné ces coupes en position inversée, tel un verre à l’envers.

Loin d’un simple caprice architectural, cette disposition particulière nous livre une leçon de vie cruciale.

Diffuser sa lumière

Le Talmud (Traité Mena’hot, p.86/b) nous enseigne que la Ménora témoignait de la présence divine qui réside sur la terre d’Israël. Quant à la lumière qu’elle diffusait, elle incarnait le devoir du peuple juif d’éclairer l’humanité toute entière par les valeurs de la Torah. Et c’est à cette responsabilité morale incombant aux Enfants d’Israël que se fait écho la disposition singulière des coupes de la Ménora.

En effet, lorsqu’un verre est debout, posé sur une table, sa fonction est de contenir un liquide. En revanche, lorsqu’il est incliné, c’est le signe qu’il se destine à étancher la soif d’un individu. Cette distinction se retrouve sur le plan spirituel. Lorsqu’une personne étudie la Torah, il peut choisir de se consacrer exclusivement à son érudition personnelle. Mais il peut aussi décider de partager sa science et sa sagesse avec son entourage pour accroître encore davantage la connaissance de la sagesse de la Torah.

En représentant les coupes de la Ménora en position inversée, Maïmonide nous enseigne que la sagesse divine doit impérativement être diffusée au plus grand nombre. Et cette recommandation ne concerne pas seulement l’érudit qui, plutôt de garder sa sagesse pour lui seul, se doit bien évidemment de la partager avec un maximum de personnes. Elle s’applique également à chacun d’entre nous, quel que soit notre niveau d’instruction ; car pour peu que nous soyons versés dans un quelconque domaine de la science divine, nous avons le devoir d’en faire profiter notre entourage.

La véritable grandeur d’Israël

Dans la vie d’un homme il se peut « qu’une coupe soit posée sur sa base ». Parce qu’il existe une époque de l’existence durant laquelle on doit s’imprégner de connaissances et « faire le plein » de spiritualité. Mais ce n’est qu’une première étape. On doit tôt ou tard s’acheminer vers une attitude moins égocentrique et tournée vers les besoins d’autrui. Quand la coupe sera pleine, il faudra alors la vider pour transformer le monde extérieur. Toutefois, une précaution s’impose : la lumière d’Israël n’est pas l’abondance des prix Nobel ou le nombre prestigieux de grands hommes politiques. On ne verra pas dans ces catégories la spécificité du peuple juif. La grandeur d’Israël réside dans l’étude et la pratique de la Torah. Ainsi la société sera plus juste et l’humanité deviendra un espace lumineux dans lequel la présence de Dieu sera davantage ressentie.


RAV YAACOV SPITEZKI

France : 01.77.47.61.88

Israël : 054 23 99 791

SHORASHIM

Le centre pour les étudiants francophones

Université Hébraïque de Jérusalem

29/2/2016

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