cliquez ici pour accéder directement au début de l'article
Abonnez-vous

Recevez notre newsletter




Le secret d’un Pessah réussi

Le secret d’un Pessah réussi

Comment donner le coup d'envoi à votre sortie d'Égypte personnelle.

par
Plus...

Shimon E., champion israélien de Karaté Shotokan, voyagea à l’âge de 16 ans à Philadelphie avec onze autres garçons israéliens pour sa première compétition internationale. Il s’était soumis à un long et dur entrainement en prévision de cette rencontre mais un simple coup d’œil sur ses adversaires et plus particulièrement sur l’équipe japonaise, suffit à le décourager. Les sportifs japonais semblaient avoir le Karaté dans le sang.

Et lui, qu'avait-il dans le sang? Une chose le frappa alors: Il n'avait vu aucun des participants prier. Shimon n’était pas religieux, et pourtant il ressentit intuitivement la nécessité de se tourner vers Dieu et lui demander Son aide. Il pria ainsi, au début de chaque match, pour tenter d’obtenir l'assistance divine. Shimon remporta victoire après victoire. Si bien qu’à la fin du tournoi, il devint n°1 dans sa division en Israël et n°2 dans le monde.

Comme le décrivit Shimon des années plus tard, sa prière n'était pas une formule magique pour se renforcer ou déstabiliser son adversaire. Il s’agissait au contraire d’exprimer sa conviction que Dieu était tout simplement le facteur décisif. Bien sûr, s'il ne s’était pas entraîné aussi sérieusement, sa victoire aurait été impossible. Mais ayant suivi de nombreuses compétitions sportives, il avait pu constater que l'effort humain, même doublé d’un immense talent, n'était pas toujours synonyme de succès. Il en conclut que les victoires improbables ainsi que les défaites surprenantes étaient toutes déterminés par le Divin.

Il y a plusieurs années, mon mari et moi-même avons décidé d’investir la plupart de nos économies dans un fonds commun de placement nommé Tiger. Tiger était dirigé par Julian Robertson, considéré comme l’un des plus brillants et des plus efficaces gestionnaires de fonds monétaires dans le monde. Nous eûmes très rapidement la preuve du génie de Julian Robertson : notre investissement tripla en un court laps de temps. Nous étions euphoriques.

Qu’importe notre manière de travailler, le succès et l'échec résident en fin de compte dans les mains de Dieu.

Puis, pratiquement du jour au lendemain, Tiger s’effondra. Cela avait quelque chose à voir avec la dévalorisation du Yen par les Japonais. Je n'ai pas réellement compris les tenants et les aboutissants économiques du problème, mais tout d'un coup, tous nos gains s’étaient évaporés. Julian Robertson écrivit une lettre à tous ses clients, leur expliquant que cette débâcle de 24 heures sans précédent, n’aurait pu être prévue, même avec son professionnalisme et sa compétence. Il traçait ensuite les grandes lignes de ce qu’il envisageait de faire pour rétablir Tiger à son ancienne gloire. La dernière phrase emphatique de la lettre me fit grincer des dents. Julian Robertson rassurait ses investisseurs, insistait qu’ils ne devaient pas s'inquiéter, car « Ce Tigre (Tiger) rugirait à nouveau. »

Ce ne fut pas le cas. Ce fut même le silence total car après quelques mois, le fond disparut totalement et irrémédiablement.

Julian Robertson ne savait pas ce que Shimon avait compris lui, à 16 ans: Dieu est l'ultime facteur décisif. Bien que l'effort humain soit essentiel, qu’importe notre manière de travailler, que nous soyons brillants ou des travailleurs acharnés, la victoire et la défaite, le gain et la perte, le succès et l'échec sont en bout de compte déterminés par Dieu.

Crier du tréfonds de son âme

Nos ancêtres en Egypte ont mis du temps à comprendre ce point crucial. Pendant 116 ans d'esclavage dont 80 ans de cruelle oppression, il ne leur vint pas à l’idée de faire appel à Dieu. Assimilés dans la culture de la population dominante, nos ancêtres adoraient les idoles de ce temps et lieu. Ils touchèrent presque le fonds, descendant jusqu'à l’avant-dernier niveau d'impureté spirituelle, oubliant le Pouvoir Suprême, le seul qu’avaient enseigné Abraham, Isaac et Jacob. Ils cherchèrent à la place leur salut dans des changements politiques, comme l'avènement d'un nouveau Pharaon plus compatissant.

Ce n'est que lorsque Pharaon mourut et que son successeur poursuivit la même politique d'oppression que nos ancêtres perdirent tout espoir d’obtenir de meilleures conditions de vie par des moyens naturels. C’est seulement à cet instant, nous apprend la Torah, qu’ils « crièrent » vers Dieu. Le verset suivant précise que Dieu lança alors immédiatement le processus de la Rédemption.

Le fait de « crier », qui déclencha le processus de l'Exode d'Egypte, n'était pas ce que nous pourrions qualifier de prière. Ils ne prononcèrent aucun mot, aucune supplication interminable, aucun appel éloquent à la miséricorde divine. Au contraire, leur cri était un appel simple et primitif vers Dieu, leur unique source de salut. Pourtant, cette simple reconnaissance, fondamentale, engendra tous les miracles de l'Exode.

La sagesse du pompiste

Le Programme en Douze Etapes est le traitement d’addictions graves et de compulsions le plus efficace au monde. J’ai accompagné une fois un ami alcoolique à une réunion des Alcooliques Anonymes à Boston. La première personne à prendre la parole devant le groupe se présenta comme Tom, un ancien alcoolique. Il était habillé en pompiste. « Chaque matin », Tom a-t-il déclaré « Je me mets à genoux et supplie Dieu de me faire passer une autre journée sans alcool. » Cela faisait à présent 22 années qu’il était sobre.

Les deux premières étapes du Programme en Douze Etapes sont les suivantes: 1) Admettre que vous ne pouvez pas lutter contre l’emprise exercée par votre addiction (qu’il s’agisse de dépendance envers l'alcool, la nourriture, l’Internet ou autre) et 2) Croire en une Puissance Supérieure qui peut vous libérer. Les dix étapes suivantes consistent en un programme ardu d’un « inventaire moral sincère », reconnaissant les erreurs commises, les efforts pour les rectifier, etc. Le Programme en Douze Etapes exige un engagement total et des efforts considérables, mais il commence avec la reconnaissance simple, catégorique que Dieu, et Dieu seul, est l’ultime Décisionnaire.

J’aurais aimé que Julian Robertson en sache autant que Tom.

Le Cadeau de la Liberté

Pour accomplir quoi que ce soit - remporter un tournoi de Karaté, faire fortune, établir un records, épouser le conjoint de vos rêves, être admis à l'université / grande école / stage de votre choix, trouver un bon job en période de crise, ou briser les chaînes psychologiques ou émotionnelles qui nous entravent, il faut travailler dur. En parallèle de cet effort (et non en remplacement de cet effort), il faut savoir que Dieu dirige le monde.

Pessah est la fête du Cadeau Divin.

Pessah est la fête du Cadeau Divin. Pour recevoir le don de l'expiation de Yom Kippour et la joie qui s’en suit à Souccot, nous devons effectuer le travail intérieur, difficile et assidu, de se repentir et rectifier notre mauvais comportement. Pour recevoir le don de la Torah à Chavouot, nous devons «compter le Omer», mériter notre ascension à travers les 49 niveaux de raffinement spirituel. Le don de la liberté intérieure de Pessah, cependant, est un pur cadeau. Dans la nuit du Seder, Dieu accorde à tous les Juifs la possibilité de se libérer, quelque soit la servitude intérieure dont ils sont prisonniers. C'est comme gagner au Loto.

Bien sûr, pour gagner au Loto, vous devez au moins faire l’effort de vous rendre dans un stand de loterie et acheter un billet, vérifier le numéro gagnant puis venir réclamer votre prix. Et pour mériter la sortie d'Egypte, nos ancêtres ont dû faire l’effort d’abattre l’agneau, le sacrifice de Pessah et badigeonner de son sang les linteaux de leur maison. De nos jours, pour mériter la libération accordée par Pessah, vous devez faire l’effort de participer à un Seder, manger la quantité requise de Matsa, boire quatre verres de vin et soigneusement nous acquitter des autres Mitsvot du Seder.

Avant le Seder, demandez-vous : « De quoi suis-je l’esclave? »

Pour réclamer votre Cadeau de Pessah, votre liberté intérieure, deux autres étapes sont nécessaires: Avant le Seder, demandez-vous : « De quoi suis-je l'esclave ? » Il existe de nombreuses réponses possibles comme la colère, l'approbation des autres, le matérialisme, la jalousie, les habitudes autodestructrices, la peur de l'engagement, l'impulsivité, le ressentiment, la paresse, le désir de contrôler, la malhonnêteté, un naturel critique aussi exigeant que celui d’un tyran, etc. Puis, durant le Seder, tout en mangeant en silence votre Matsa, engagez-vous à tout faire pour réussir à opérer ce changement et faites appel à Dieu pour qu’Il vous libère de cette servitude.

Cela n'empêche en rien de devoir travailler dur chaque jour pour réussir. Mais parvenir à une véritable liberté exige d’admettre ceci : le réel catalyseur du processus de libération intérieure est la reconnaissance que Dieu, et Dieu Seul, est la source de cette libération et qu’Il est en fait la source de tout.

13/3/2013

Plus...
Vous avez aimé cet article? Aidez nous à en faire d’autres. Aish.fr
ne peut exister sans le support de ses lecteurs.
Les opinions exprimées dans la section « Vos réactions » n'engagent que leurs auteurs. Vos commentaires sont soumis à modération, veuillez rester courtois.
 

Réagir à cet article :

  • Afficher mon nom ?

  • Votre adresse mail restera privée. La rédaction en a besoin pour d’éventuelles questions à propos de votre commentaire.


  • * champ obligatoire 2000
Réagir
stub