cliquez ici pour accéder directement au début de l'article
  • Lecture de la Torah: Nasso
Abonnez-vous

Recevez notre newsletter




Voie n°25 : Souffrir et grandir

Voie n°25 : Souffrir et grandir

La souffrance est une réalité incontournable de la vie. Ne vous dérobez pas. La clé de la réussite est d’apprendre à l’accepter et d’en sortir plus fort.

par
Plus...

Quel est le contraire de la souffrance ?

Neuf personnes sur dix répondront « le plaisir ». Faux. Le vrai contraire de la souffrance c’est « l’absence de souffrance » - à savoir, le confort. Et même si le confort peut être très agréable, il ne constitue pas pour autant le plaisir ultime. Celui qui dans sa vie n’aurait pour unique objectif que la poursuite du confort ne récolterait que déception, car passer sa vie à éviter et à contourner la souffrance est une façon aussi de passer à côté des plaisirs les plus sublimes.

Même si on a tendance à  vouloir réduire la souffrance au minimum, il n’en demeure pas moins que celle-ci reste incontournable. La vie est faite de hauts et de bas. Dès lors, si on veut réussir dans la vie, la solution n’est pas d’éliminer totalement la souffrance (car cela est impossible), mais plutôt d’apprendre à la comprendre et à l’accepter.

La Voie 25 est appelée kabalat ha’issourim, qui signifie littéralement « accepter la souffrance ». Les 48 Voies disent : « La souffrance est le prix à payer pour obtenir le plaisir. Tous les plaisirs durables de la vie, à savoir, les bonnes relations sociales, les carrières réussies, la recherche du sens (de la vie) nécessitent beaucoup d’efforts. Ce que nous appelons « souffrance » est très souvent une question d’ « effort. » L’effort qui nous permet de rester en forme, de penser à une idée complexe ne se fait pas sans douleur ni souffrance. Il en va de même lorsqu’il s’agit de construire une relation durable avec autrui. Dès lors, même si l’effort engendre de la souffrance, on ne peut y échapper.

Celui qui aspire à vivre une vie facile, sans douleur, sans souffrance, passe à côté des plaisirs réels et incommensurables.

UN EXEMPLE DE LA DUALITE « SOUFFRANCE-PLAISIR »

Le vrai plaisir est inséparable de la souffrance. En voici un exemple :

-A votre avis, quelle est la vraie source de plaisir pour vos parents ?

-Vous, bien sûr.

-Et la source de leur plus grande peine?

-Même réponse : vous.

Ce n’est pas un pur hasard si le plus grand plaisir de vos parents se confond aussi avec leur plus grande peine. Tout simplement parce que plus le plaisir est grand, plus la difficulté est importante. Plus on prendra de la peine pour atteindre un but, plus grande sera la joie lorsqu’on l’aura atteint. On appréciera d’autant plus une chose qu’on l’aura payée à un prix fort.

La poursuite des plaisirs entraîne la décadence. Lorsqu’une société toute entière considère les plaisirs comme la priorité des priorités, elle est dès lors en danger. L’Empire Romain s’est effondré à cause de la décadence ; les Romains baignaient dans le luxe et les plaisirs. Le taux bas de natalité du monde occidental est le signe de la décadence contemporaine.

Quand je demande à des jeunes combien d’enfants ils veulent avoir, ils me répondent « deux ! »

« Pourquoi si peu ? » 

« Parce que j’aime les enfants et je veux leur donner tout le bien-être. On aura du mal à envoyer deux enfants à l’Université, à plus forte raison cinq. Et les habits ? Et le centre aéré ? Avec deux, c’est faisable, mais avec cinq ?

LA PEUR DE LA SOUFFRANCE

Il arrive souvent que la peur de la souffrance soit pire que la souffrance même. Une piqûre dure une seconde, mais on peut passer des heures à en anticiper la douleur. Avoir peur de la douleur, c’est s’imposer des restrictions. Si vous avez peur de voyager, vous n’irez nulle part. Si vous avez peur des efforts physiques ou d’une émotion trop forte, vous n’accomplirez rien, vous n’évoluerez pas et vous ne trouverez pas la vérité.

Nous sommes tous confrontés  à un choix : soit de prendre le risque douloureux d’essayer, soit de souffrir du fait que l’on est trop faible pour essayer.

Par exemple : si vous ne postulez pas pour un emploi, vous évitez ainsi le stress douloureux d’un éventuel refus. Mais vous souffrirez d’être un poltron le reste de votre vie. Et vous serez toujours hanté par ce sentiment. Pourquoi un homme choisit-il de se suicider ? Quelle est sa réelle motivation quand il décide de prendre un revolver pour mettre fin à ses jours ? Son refus de la souffrance. Sa volonté d’échapper à la douleur. Selon les mots de Shakespeare : « être ou ne pas être, telle est la question », soit de résister à la tourmente de la mauvaise fortune, soit d’en finir une fois pour toutes avec notre funeste destin. C’est exactement ce que cet homme recherche : la fuite dans un sommeil éternel.

Pour vous aider à faire face aux situations difficiles, rappelez-vous : « La douleur est éphémère, les résultats sont durables. » En réalité, la souffrance et la douleur sont souvent le seuil de la porte qui nous donne accès au monde du plaisir. Prenons l’exemple du dentiste. Le plombage prend une heure, et la douleur va continuer pendant deux heures. Mais ce plombage va empêcher une autre carie et vous pourrez manger tranquillement pendant des années.

LA PEUR DE LA REALITE

Ce dont les gens ont le plus peur et qu’ils ont le plus de mal à surmonter, c’est la peur d’affronter la réalité. Les gens préfèrent vivre dans l’illusion que de faire face à la réalité. Pourquoi ? Parce que si la réalité s’avère être différente de celle à laquelle ils étaient habitués jusque-là, cela veut dire qu’il va falloir changer leurs habitudes. Et cela n’est pas une chose évidente à faire ! Nous avons tous tendance à nous soustraire aux efforts nécessaires pour réaliser les ambitions et les objectifs que l’on s’est fixés dans la vie.

Nous avons tous des désirs de grandeur, des velléités de changer le monde. Le problème, c’est que nous n’avons pas toujours envie de nous investir. Dès lors, nous oublions qui nous sommes réellement et ce que nous avons envie de réaliser.

Les 48 Voies disent : «  cela fait encore plus mal d’être acculé à la réalité, et particulièrement quand il est trop tard pour faire quelque chose ».

Posez-vous toujours la question : « au juste, quelle douleur je cherche à éviter ? »  Identifiez exactement la chose dont vous avez peur. Puis raisonnez : qu’est-ce qui pourrait arriver de pire ?

Comme exercice, faites une liste des objectifs que vous voudriez réaliser en écartant d’emblée la possibilité d’une quelconque souffrance liée à la réalisation de ces objectifs. Ensuite, à côté de chaque objectif, anticipez la dose de douleur ou de souffrance que vous aurez à éprouver en essayant d’atteindre ces objectifs.

Puis, dites pourquoi tel ou tel objectif vaut la peine de s’investir. Comparez les deux colonnes. Si un objectif particulier en vaut la peine, alors vous verrez tout de suite à quel point la peur de souffrir vous empêche de réaliser cet objectif. Vous prendrez alors conscience que vous êtes prêt à payer le prix de la souffrance pour arriver à vos fins.

NE QUITTEZ PAS LE BALLON DES YEUX

La meilleure façon de se débarrasser de la souffrance, c’est de l’oublier et de se concentrer sur le plaisir.

On pourrait croire que la souffrance et le plaisir ne peuvent pas coexister simultanément, et qu’au moment où l’on ressent de la douleur, on ne peut pas en même temps ressentir du plaisir. Faux ! Si, même au moment où l’on peut éprouver du plaisir, on se concentre sur la douleur, alors on devient hermétique au plaisir.

Autrement dit, il suffit de changer de zoom pour changer d’état d’esprit, pour passer de la douleur à la joie et inversement.

Imaginez une équipe de joueurs de basket-ball, courant sur la piste et se poussant pour marquer un panier. Sont-ils conscients des efforts qu’ils sont en train de faire ? A peine. Le plaisir de jouer et de marquer des points occulte les efforts qu’ils déploient pour gagner.

Or, que se passerait-il si vous leur demandiez de faire l’expérience suivante : « Jouez au basket-ball normalement, courez, sautez, marquez et protégez votre défense. Mais cette fois, faites le sans le ballon ! » Combien de temps pensez-vous qu’ils pourront jouer ? Peut-être cinq minutes. Parce que sans le ballon, ils ne ressentent pas le vrai plaisir du jeu qui leur fait oublier leurs efforts. Chaque pas qu’ils font représente un grand effort physique. Redonnez leur le ballon et vous verrez qu’ils vont jouer pendant deux heures !

Le Judaïsme énonce le principe suivant : ne quittez pas le ballon des yeux ! Si vous voulez être au top de la vie, alors vous devez être disposés à apprendre tout sur la vie. Vous allez pouvoir vous concentrer et transformer chaque effort en un doux plaisir.

CONCENTREZ-VOUS SUR LE POSITIF

Imaginez un petit garçon jouant avec ses amis. Il tombe, s’égratigne le genou et commence à pleurer. Mais quand ses amis se moquent de lui en disant « Regardez ! Il pleure comme un bébé ! », il se remet aussitôt debout et reprend le jeu de plus belle. Une heure plus tard, l’enfant rentre à la maison, montre son genou à sa mère et éclate en sanglots !

Notre appréciation de la vie dépend de notre manière de gérer la douleur. Nombre de gens ont appris à dire : « Et alors ! » ce qui est une façon d’accepter la souffrance ou la douleur. D’autres se concentrent sur leur souffrance, se complaisent dans la plainte et se prennent en pitié. Beaucoup de gens commettent l’erreur de mettre le doigt sur leurs échecs plutôt que de mettre en valeur leurs points forts. Cela même est une source d’angoisses et de souffrances inutiles.

Chaque être humain est créé avec des talents merveilleux et des potentialités énormes. Dès lors, s’appesantir sur ses failles et défauts est aussi stupide que d’aller dans un restaurant chic, au décor luxueux donnant sur une vue magnifique, et s’exclamer tout à coup « Ah, il manque du sel ici, c’est inadmissible ! » Ce qui aurait pu s’avérer une expérience agréable se transforme en un cauchemar pour vous et votre entourage.

Ceux qui réussissent le plus sont ceux qui sont passés par des échecs et des souffrances. Endigueriez-vous la révolution sous prétexte que vous avez une écharde dans le doigt ? Arrêteriez-vous de rechercher la sagesse parce que vous souffrez de maux de tête ?

Les relations avec autrui peuvent dégénérer en conflits pour la même raison : au lieu de mettre en exergue le positif, certains se plaisent à faire ressortir le négatif. D’autres par contre nageront dans des eaux glacées ou marcheront sur des charbons ardents uniquement pour se prouver qu’ils peuvent maîtriser leur douleur.

Surmonter la douleur nous fait prendre conscience de notre libre-arbitre et nous montre jusqu’à quel point nous pouvons modeler notre vie. Concentrons-nous donc sur le côté positif de la douleur et nous découvrirons alors tout le plaisir que la vie peut nous offrir.

LA SOUFFRANCE D’AUTRUI

Les règles sont différentes lorsqu’il s’agit d’autrui. Il ne faut pas ignorer sa souffrance. Lorsque vous allez voir un ami à l’hôpital, ne commencez pas par lui faire de la morale en lui disant qu’il faut voir les choses de façon positive. Compassion et compréhension l’aideront à alléger sa douleur.

Pareillement, il ne faut pas ignorer les souffrances de notre monde. S’il existe un problème dans votre communauté (ou même dans un pays à l’autre bout du monde), demandez-vous : « Que pourrais-je faire pour alléger le poids de ce problème ? »

Il faut être aveugle (ou obnubilé par autre chose) pour ne pas être conscient de la situation déplorable dans laquelle se trouve le monde aujourd’hui, en proie au désespoir, aux persécutions, aux cellules familiales brisées, etc. Ceux qui sont sensibles à cette situation feront un chèque lorsqu’on sonnera à leur porte, mais trop préoccupés par leurs propres affaires, ils n’essaieront pas de s’impliquer outre mesure. Rares sont ceux qui vont prendre à cœur de rechercher de réelles solutions.

«Augmenter nos dons » par rapport à l’année dernière n’est pas une preuve de grandeur d’âme. La meilleure preuve c’est de faire en sorte que le problème de l’autre devienne notre problème. Telle est la fibre d’un vrai leader qui saura ainsi exprimer sa véritable grandeur.

POURQUOI D.IEU EN A-T-IL DECIDE AINSI ?

D.ieu aurait pu faire de nous des robots. Il a préféré nous placer sur une course d’obstacles en nous donnant la possibilité de les surmonter. Telle est la condition de notre croissance spirituelle.

Utiliser notre libre-arbitre c’est s’accomplir en tant qu’être humain. A chaque minute de notre vie, nous utilisons notre libre-arbitre pour faire un choix entre la vie et la mort, entre affronter la réalité ou y échapper. C’est un choix constant. On a le choix, soit de faire l’effort nécessaire pour évoluer soit de baisser les bras.

Cela ne veut pas dire qu’il faille rechercher les difficultés. Mais s’il faut passer par des difficultés ou des obstacles, il serait absurde de les éviter. Trop souvent on recherche des distractions banales pour échapper à la réalité. Mais la dure réalité revient au galop parce qu’elle fait partie intégrante de notre condition d’être humain et qu’elle s’insère dans le Grand Plan Divin.

L’effort est un processus qu’on ne peut pas contourner et dont on ne peut pas se permettre de faire l’économie. La vie est un creuset d’expériences didactiques qui justifient la descente de notre âme sur terre.

Notre grandeur consistera à  nous servir de notre libre-arbitre pour résoudre nos conflits et apprendre à nous battre pour sortir vainqueur. Il faut affronter la réalité et ne pas chercher à la fuir à tous prix.

POURQUOI : « LA GESTION DE LA SOUFFRANCE » EST-ELLE LE CHEMIN QUI MENE A LA SAGESSE ?

- « La récompense est proportionnelle à l’effort. » Plus on s’investit dans des efforts et plus le plaisir sera grand.

- Si vous sautez par-dessus bord quand la mer est agitée, jamais vous n’arriverez à destination.

- Acceptez la douleur qui découle du fait d’affronter la réalité et de rechercher la vérité.

- Affronter les difficultés de la vie en trouvant du plaisir même dans des moments de douleur.

- Ne craignez pas la souffrance ; apprenez à l’accepter comme la condition nécessaire à votre évolution.

- Ne refusez pas de voir la souffrance des autres.

- Acquérir la sagesse nécessite de lutter pour rechercher une idée, pour la comprendre, l’intégrer et la mettre sans cesse en pratique. 

26/10/2011

Plus...
Vous avez aimé cet article? Aidez nous à en faire d’autres. Aish.fr
ne peut exister sans le support de ses lecteurs.
Les opinions exprimées dans la section « Vos réactions » n'engagent que leurs auteurs. Vos commentaires sont soumis à modération, veuillez rester courtois.
 

Réagir à cet article :

  • Afficher mon nom ?

  • Votre adresse mail restera privée. La rédaction en a besoin pour d’éventuelles questions à propos de votre commentaire.


  • * champ obligatoire 2000
Réagir
stub