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T'as un bout de papier ?

T'as un bout de papier ?

Le moment est venu de vous faire le récit de l’histoire la plus incroyable qui me soit arrivée depuis bientôt trente ans que je vis en Israël.

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Le moment est venu de vous faire le récit de l’histoire la plus incroyable qui me soit arrivée depuis bientôt trente ans que je vis en Israël. J’aurais dû vous la raconter depuis longtemps mais j’attendais que Yom Kippour soit passé et que nous soyons encore sous l’influence de ces journées particulières de Tichri.

Nous venions de passer un fort agréable Chabbath à Jérusalem. C’était il y a vingt-cinq ans. Nous n’avions alors que trois enfants, âgés de 5, 4 et 2 ans. En reprenant la route du retour, à la sortie de la ville, entre les deux stations d’essence, l’aiguille de la température monte rapidement et touche la zone rouge. La voiture sent le brûlé. Rien à faire, il faut s’arrêter. Rapidement le petit se met à pleurer, dans les bras de sa mère qui tente vainement de le calmer, les deux grandes demandent pourquoi on ne rentre pas à la maison, je cours à la station téléphoner à la dépanneuse qui promet d’arriver très vite. Entre temps, de sympathiques automobilistes s’arrêtent pour proposer leur aide mais repartent aussitôt lorsqu’ils entendent que la dépanneuse ne devrait plus tarder. Tiens, encore quelqu’un qui vient de stopper à notre hauteur.

– Besoin de rien ?

– Non, non, toda, on attend la dépanneuse.

– Et tu habites où ?

– Dans le Néguev.

Le type contemple un instant le tableau : la jeune femme avec le gosse dans les bras, les deux petites de plus en plus nerveuses, le capot de la voiture ouvert et encore très chaud.

– T’as un bout de papier ?

– Je dois avoir ça, pourquoi ?

– Donne.

Je lui tends le papier et je vois le type griffonner quelque chose.

– Tiens, prends ça, me dit-il en me rendant le bout de papier, c’est mon nom, Avi, naïm meod, et ça c’est mon numéro de téléphone.

Je prends le papier sans comprendre où il veut en venir. Pendant ce temps, il sort de sa poche ses clefs de voiture.

– Et ça, ce sont les clefs de la voiture. Moi j’habite à Roméma, là bas, pas très loin. Je n’ai pas besoin de la voiture pour rentrer chez moi et demain je ne travaille qu’à partir de 11h00. Donne tes instructions aux dépanneurs lorsqu’ils arriveront, puis ramène tranquillement ta petite famille dormir chez vous. Ils ne vont quand même pas passer la nuit à galérer. Demain, je suppose que tu reviendras à Jérusalem pour récupérer ta voiture. Passe-moi un coup de fil quand tu arrives, je te dirai où me remettre la mienne. Sur ce, nessia tova, je dois rentrer.

Il se retourne sans rien dire d’autre et se dirige à pied vers Romema.

– Attends ? Prends au moins mon numéro de téléphone ! Tu ne me connais même pas !

Et il me lance sans se retourner :

– Pourquoi faire ? Si tu es malhonnête, tu peux m’écrire n’importe quel numéro et je ne te retrouverai plus. Et si tu es honnête, ce que j’espère, à quoi bon me laisser ton numéro, puisque tu me recontacteras demain pour me rendre ma voiture ?

– Mais…

– Layla tov, mon vieux, à demain !

Sans y croire, je suis resté bouche bée, avec les clefs de sa voiture dans les mains, en le regardant s’éloigner. Dix minutes plus tard, la dépanneuse était là. Encore un quart d’heure et nous étions sur l’autoroute, n’arrivant toujours pas à réaliser qu’un inconnu m’avait prêté sa voiture pour la nuit sans aucune garantie de ma part ! Le lendemain, je le remerciais chaleureusement en lui rendant ses clefs. Je ne l’ai jamais revu.

Depuis, à chaque kippour je rajoute dans la prière, entre « fais-le pour ton grand nom » et « fais-le pour toi si ce n’est pas pour nous » une petite phrase toute personnelle : « Fais-le pour le mérite de tant de gens simples et anonymes qui, comme Avi, aiment leur prochain comme eux-mêmes… ».

7/10/2015

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Vos réactions : 2

(2) RV, December 10, 2016 2:50 PM

Et pour un juste je ne détruirais pas soddom.. .

Et pour un juste je ne détruirais pas Sodom

(1) Denis sellam, October 7, 2015 9:29 PM

Magnifique histoire

Merci pour cette belle histoire ....

 

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