Le choix de notre carrière détermine la manière dont nous allons mener une grande partie de notre existence. Un travail qui nous convient vraiment, qui exploite tout notre potentiel et nous met au défi de donner le meilleur de nous-mêmes peut produire toute la différence dans notre qualité de vie.

Il est encourageant de savoir que les efforts pour accorder notre personnalité à la profession que nous choisissons ne sont pas nouveaux. Ba’hié Ibn Pakoudé, dans son œuvre classique Les devoirs du cœur, écrite aux alentours de l’an 1040 à Saragosse, en Espagne, traite de ce thème et offre une brillante structure en cinq points pour trouver une carrière qui nous corresponde vraiment. La voici (Les devoirs du cœur, la porte de la confiance, chapitre 3) :

1. Etes-vous attiré par cette profession ? De même qu’un chat est attiré par les souris, et un faucon par les oiseaux, chacun de nous possède une disposition et une attirance  pour un métier particulier. 

2. Correspond-elle à votre potentiel ? Un oiseau qui capture des poissons possède un long bec et des cuisses allongées. Un lion, qui met en pièce des animaux pour sa nourriture, possède des dents et des griffes puissantes. De même, notre physiologie et notre caractère sont plus adaptés à un certain type de travail qu’à d’autres.

3. Êtes-vous prêt à vous investir ? Chaque profession a ses obstacles à franchir, le prix à payer avant d’être pratiqué. La médecine requiert de nombreuses années d’étude. Le sport à un niveau professionnel nécessite   des années d’entraînement sérieux. Lorsque vous envisagez différentes options, demandez-vous si vous êtes prêt à payer le prix qu’il faut.

4. Éprouvez-vous un attrait pour cette profession ? La passion n’est peut-être pas toujours là, mais pour que vous aimiez votre travail, ce niveau de vitalité et de concentration doit être présent au moins une partie du temps. 

5. Emouna : traduit approximativement par « foi. » Gardez la foi qu’une   fois tous les facteurs ci-dessus réunis et que vous vous êtes engagés dans une certaine voie, vous allez réussir. Ne chancelez pas la première fois   que vous rencontrez un défi, ou ne soyez pas abattu. Puisez profondément dans vos ressources et tenez bon.

Quatre obstacles fréquents

Savoir opérer le bon choix n’est cependant pas suffisant. Il nous faut saisir les quatre obstacles fréquents qui obstruent notre voie pour être vraiment nous-mêmes, et comment les surmonter, afin de ne pas perdre la course avant même de la commencer.

1. Approbation et désapprobation : nous employons parfois la carrière comme un moyen d’obtenir l’approbation ou d’éviter la désapprobation de ceux dont l’opinion nous importe. Ce peut être un parent, un mentor ou même la société dont nous faisons partie. C’est normal et naturel, mais cela peut finir par se payer très cher. Retenons qu’aucune approbation, en dehors de la nôtre, ne vaut le prix de notre existence. 

2. La crainte : choisir le meilleur mode de vie exige souvent de sortir de notre zone de confort et d’effectuer des choses qui ne nous sont pas encore familières, pas encore habituelles. Ce peut être effrayant. En tant qu’êtres humains, nous éprouvons un grand besoin de certitude et de sécurité, et gérer ces désagréments entre en conflit avec ce besoin. Retenons que dans chaque processus de progrès, l’obscurité précède toujours la lumière (Zohar). Sachons que lorsque nous rassemblons notre courage pour percer les nuages qui nous font face, le soleil nous attend de l’autre côté.

3. L’échec : personne n’aime les échecs. En conséquence, nombreux sont ceux qui n’essaient même pas. Lorsque nous sentons que nous ne voulons pas commencer de peur de rencontrer un échec, il nous faut nous souvenir d’Edison. Il tenta un millier de modèles différents avant de réussir à fabriquer l’ampoule électrique. Lorsqu’on lui demanda s’il n’avait pas été découragé par ses nombreux échecs, il répondit qu’il n’avait jamais échoué ; il avait simplement appris un autre moyen de ne pas fabriquer une ampoule électrique. Alors souvent, les échecs que nous rencontrons sont nos meilleurs enseignants. Demandez à toute personne couronnée de succès : elle vous dira que c’est uniquement en commettant des erreurs et en tirant les conséquences de celles-ci qu’elles furent capables de réussir les exploits qu’elles ont atteints.

4. Renoncer trop tôt : accéder à nos rêves exige de notre part beaucoup de temps et de dur labeur. Souvent, nous en sous-estimons les implications. En conséquence, lorsque les choses ne se déroulent pas aussi facilement ou rapidement que nous le souhaitons, nous avons envie de renoncer. Lorsque c’est le cas, il faut nous souvenir de Ba’hié Ibn Pékoudé et garder la foi. Refusons d’accepter moins de nous-mêmes. Tant que nous continuons à grimper, nous nous tiendrons un jour au sommet de cette montagne de nos rêves et nous émerveillerons sur la manière dont nous y sommes parvenus. 

Trouver une carrière qui nous convient constitue l’un des plus grands moments de la vie. Lorsque nous trouvons la voie qui nous attire, qui correspond à nos dispositions naturelles, et nous inspire d’une vision de ce que nous pourrons devenir, nos immenses sources d’énergie trouvent alors le conduit nécessaire pour s’élever et illuminer le monde. Tentez la formule ci-dessus et commencez à briller.