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Pensées négatives, attention danger !

Pensées négatives, attention danger !

Les pensées négatives nous gâchent la vie, ça on l’avait deviné. Ce que la science découvre aujourd’hui, c’est qu’elles mettent carrément notre santé en péril. Explications.

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Vous connaissez tous le Schtroumpf grognon et le Schtroumpf heureux. Un beau jour, ils sortent déjeuner ensemble. Le Schtroumpf heureux apprécie l’ambiance chaleureuse ; le Schtroumpf grognon peste contre le service lamentable. Le Schtroumpf heureux apprécie sa salade de salsepareille, fraîche et savoureuse ; le Schtroumpf grognon, quant à lui, se plaint de sa soupe qui n’est pas suffisamment chaude. Le Schtroumpf heureux admire l’emplacement agréable du restaurant ; le Schtroumpf grognon, pour sa part, se plaint des prix excessifs pratiqués.

À vrai dire, les plaintes du Schtroumpf grognon sont justifiées. La soupe n’était vraiment pas assez chaude, c’est vrai, et l’addition était réellement salée. Mais ce que les râleurs de cet acabit ignorent, c’est la chose suivante : la négativité exige un prix qu’aucune personne en bonne santé ne peut se permettre de payer.

Nous considérons généralement la négativité - la tendance à critiquer, à accuser, à haïr, à redouter ou à être déprimé - comme une tendance psychologique. « Certaines personnes ont le chic de voir la vie du bon côté, entend-on dire. Et bien moi, non ! »

Cette déclaration est prononcée avec le même dégagement qu’un simple constat physique : « Certaines personnes sont blondes, d’autres bruns. C’est la vie ! »

Mais qu’en serait-il si vous considériez la négativité comme une maladie spirituelle ? Tout comme vous ne diriez jamais d’un ton hautain : « Certains n’ont pas le cancer, mais moi, oui », vous résignant au statu quo plutôt que de chercher à vous soigner, vous considéreriez un état d’esprit négatif comme aussi dangereux pour votre santé spirituelle que physique.

Une mauvaise compréhension de la cause des maladies contagieuses fit que le choléra sévit pendant des millénaires jusqu’à ce que les scientifiques découvrent l’existence des micro-organismes et leur fonctionnement. De même, la vision juive du caractère profond des pensées négatives et de leur fonctionnement est cruciale pour traiter ce fléau. 

Le sage du vingtième siècle, Rav Chelomo Wolbe a expliqué qu’il existe deux mondes parallèles, et qu’à chaque moment donné, nous évoluons dans l’un ou l’autre de ces mondes. L’un de ces mondes est appelé le Monde de la Proximité (Olam HaYedidout en hébreu), qui est caractérisé par l’amour, la joie, la sérénité, l’optimisme, l’harmonie, la générosité, la confiance et la foi. L’autre monde, appelé le Monde de l’Aliénation (Olam Hazarout) est caractérisé par l’animosité, la colère, la faute, le ressentiment, la critique, l’anxiété, la tristesse et la peur.

La négativité n’est pas un sentiment ou une émotion qui se trouve en nous. Il s’agit plutôt d’un monde ou d’une dimension spirituelle externe, dans lequel nous nous plongeons, ou non.

Puisque ces mondes sont parallèles, à chaque moment donné, un individu donné ne peut se trouver que dans l’un de ces mondes. Quand notre Schtroumpf grognon critique la lenteur du service au restaurant, il est incapable de se réjouir pour son meilleur ami qui vient d’obtenir une promotion tant attendue. Il ne peut pas ressentir d’amour pour sa nièce, un bébé pourtant adorable. Il ne peut manifester d’optimisme quant à ses chances de décrocher l’emploi pour lequel elle vient de postuler. Ce n’est qu’une fois qu’elle quitte le Monde de l’Aliénation et toute la négativité qu’il suppose [voir Le GPS spirituel pour en connaître le mode d’emploi], qu’il peut se sentir heureux, affectueux et optimiste. Mais tant qu’il est occupé à critiquer, il est inéluctablement confiné au Monde de la l’Aliénation tel un prisonnier dans sa cellule.

En effet, la négativité n’est pas un sentiment ou une émotion qui se trouve en nous. Il s’agit plutôt d’un monde ou d’une dimension spirituelle externe, dans lequel nous nous plongeons, ou non. De même qu’on ne trouve aucun palmier en Antarctique, il n’y a ni amour, ni joie dans le monde de l’Aliénation. Les critiques, les accusations, le ressentiment, l’hostilité, et la colère - peu importe à quel point ils sont justifiés - sont les billets d’avion qui nous font atterrir dans le Monde de l’Aliénation. Certains d’entre nous visitent ce monde seulement de temps en temps. D’autres parmi nous y ont carrément élu domicile fixe. 

Quand la science rejoint le judaïsme

Le judaïsme est une religion holistique. Un principe du judaïsme veut que tout ce qui est vrai le soit sur tous les plans. De ce fait, toute réalité spirituelle possède des retombées concrètes au niveau psychologique, émotionnel et physique. En réalité, la distinction entre Monde de la Proximité et Monde de l’Aliénation trouve des parallèles intéressants dans les découvertes scientifiques les plus récentes.

Les scientifiques ont perçu depuis longtemps que le corps possède deux systèmes nerveux distincts : le système nerveux sympathique qui fonctionne dans les états de lutte ou de fuite, ou d’adrénaline élevée et de cortisol (les hormones de stress), et le système nerveux parasympathique qui fonctionne lorsque l’être humain se trouve dans un état de relaxation et de contentement.

La lutte (l’antagonisme) et la fuite (la crainte) appartiennent bien entendu au Monde de l’Aliénation. La relaxation (la sérénité) et le contentement (le bonheur) appartiennent au Monde de la Communication. Ces deux systèmes nerveux distincts sont solidement ancrés dans le corps humain, et c’est une corrélation intéressante pour l’enseignement de ces deux mondes.

De récentes études montrent la corrélation entre des relations harmonieuses et une bonne santé.

Plus impressionnant encore : de récentes études montrent la corrélation entre des relations harmonieuses et une bonne santé. Pendant des années, les études ont indiqué que les couples mariés vivaient plus longtemps. Ils étaient moins susceptibles de contracter des pneumonies, de subir des opérations, de développer le cancer, ou d’avoir des crises cardiaques. Le New York Times (14 avril 2010) a cité un groupe de chercheurs suédois qui ont découvert que le fait d’être marié était associé à un risque moindre de développer une démence. 

Des études plus récentes, toutefois, indiquent que ce n’est pas l’état du mariage en soi, mais plutôt le niveau d’amour et d’harmonie qui le caractérise qui explique les bénéfices accrus pour la santé :

Une étude récente suggère qu’un mariage stressant peut être aussi nuisible pour le cœur qu’une habitude régulière de fumer. Et malgré des années de recherche suggérant que les célibataires sont en moins bonne santé que les gens mariés, une vaste étude publiée l’an dernier conclut que les célibataires qui ne se sont jamais mariés bénéficient d’une meilleure santé que ceux qui se sont mariés et ont ensuite divorcé. [« Le mariage est-il bon pour votre santé ? » New York Times]

Les professeurs Ronald Glaser et Jan Kiecolt-Glaser, chercheurs à la faculté de médecine de l’université de l’état d’Ohio ont conduit des études extrêmement fascinantes sur la corrélation entre les relations harmonieuses et la bonne santé. Les Glaser ont recruté 76 femmes, dont la moitié était mariée ; l’autre moitié était séparée ou avait divorcé. Les Glaser firent ensuite passer des tests pour identifier les femmes mariées qui se trouvaient engagées dans des relations conflictuelles, ainsi que pour déterminer qui parmi les femmes séparées ou divorcées de leurs maris étaient les plus amères ou pleines de ressentiment.

Ensuite, à l’aide d’examens sanguins, les Glaser mesurèrent les réactions du système immunitaire des femmes. Les résultats indiquèrent que les femmes se trouvant engagées dans des relations malheureuses et celles qui restaient émotionnellement obsédées par leurs ex-maris avaient incontestablement des réponses immunitaires plus faibles que les femmes engagées dans des relations plus heureuses (ou qui se sentaient bien une fois ces relations achevées).  [Ibid]

Le couple Glaser entreprit ensuite de découvrir ce qui se passe dans le corps minute par minute, heure par heure, lorsque des couples s’engagent dans des disputes conjugales hostiles. Travaillant avec 90 couples fraichement mariés et apparemment heureux, ils relièrent chaque couple à des tubes afin que des échantillons de sang puissent être pris auprès d’eux à intervalles réguliers. Le mari et la femme étaient assis l’un en face de l’autre alors que les chercheurs, masqués par un rideau, observaient les couples sur des moniteurs vidéo. Des infirmières entraient à intervalles réguliers pour prendre les échantillons de sang. Lorsqu’on les y poussait, les participants abordaient les sujets les plus explosifs en matière de conflit conjugal. Les couples qui adoptaient la conduite la plus négative et la plus hostile au cours de ces discussions conflictuelles montraient les plus grandes régressions dans le fonctionnement du système immunitaire.  

Conclusion : vivre dans le Monde de l’Aliénation, le pays de la négativité, revient à vivre au-dessus d’un site de broyeur de déchets nucléaires. Alors pourquoi une personne douée de bon sens y demeurerait-elle ? Pourquoi ne pas simplement faire le pas de déménager ?

N’y laissez pas vos plumes !

Au début de la Révolution iranienne, les Juifs perses eurent l’autorisation de quitter ce pays mortellement dangereux, à la seule condition d’y abandonner leurs biens et leurs objets de valeur. Dans le même esprit, les êtres humains ne peuvent quitter le Monde de l’Aliénation tout en s’agrippant à leurs objets de valeur - leurs ressentiments longtemps retenus, leurs chères rancunes, leur précieuse doléance d’être la victime innocente des méfaits d’autrui. Ils prétendent être les propriétaires légitimes de ces plaintes justifiées, mais en réalité, ce sont ces plaintes qui les dominent.

L’histoire suivante illustre parfaitement cette difficulté humaine à s’extirper d’une situation qui est pourtant nocive :

Dans le Monde de l’Aliénation, les loyers pratiqués sont exorbitants.

Pendant deux décennies, la famille Weiss vécut dans le Monde de l’Aliénation. Cela commença par une dispute au sujet d’un héritage, qui conduisit à une querelle parmi les cinq frères et sœurs, pour se solder par une séparation parmi la génération suivante de cousins. Les factions en guerre ne s’invitaient pas à leurs fêtes de famille respectives, comme les bar-mitsva et les mariages, et dès que l’on faisait mention de « l’autre côté », les mauvaises langues allaient bon train. Cette situation ne connut pas de répit au fil des ans.

Or le Monde de l’Aliénation facture à ses habitants un loyer exorbitant. Trois de ces frères et sœurs décédèrent de diverses maladies au début de la soixantaine. D’autres membres de la famille, y compris des enfants et petits-enfants, souffrirent de morts prématurées, de divorces, et de stérilité, tandis que d’autres souffrirent de la douleur d’avoir des enfants âgés qui tardaient à se marier, et des adolescents à risque. Puis, Barry, le fils de l’un des principaux combattants, contracta la méningite et tomba dans le coma. Les médecins avaient perdu tout espoir.

À ce moment-là, Yossi, l’un des cousins, qui comprit la réalité spirituelle d’une hostilité meurtrière, entreprit de mettre un terme à la querelle familiale. Il établit un document officiel de pardon. Il fit le tour des 32 cousins, les implorant chacun : « Barry va mourir si tu ne signes pas. » Après des jours d’enjôlement et de persuasions, Yossi réussit à faire signer le document à chacun de ses cousins, accordant le pardon à chaque membre de la famille.

La fille de Barry, Etty, apporta le document avec les signatures dans la chambre de son père dans l’unité de soins intensifs, et la lut à voix haute à côté de son corps comateux. Alors qu’elle lisait la liste, un médecin entra en courant dans la chambre et l’interrogea : « Que se passe-t-il ici ? Les moniteurs à l’extérieur indiquent que l’activité cérébrale de votre père vient de commencer à se normaliser. »

Barry obtint une guérison complète. L’année suivante, plusieurs femmes célibataires de la famille, d’un âge avancé, se fiancèrent, et un couple qui n’avait pas eu d’enfants pendant 13 ans eut un bébé.

La magie du Monde de la Proximité avait fait son effet.

Bien entendu, se plaindre d’un service médiocre dans un restaurant n’est évidemment pas aussi néfaste qu’une querelle de famille. Mais si vous décidez de votre lieu de résidence, choisiriez-vous délibérément de vous installer dans les environs d’un broyeur de déchets nucléaires ? Toute personne qui se soucie réellement de son propre bien-être aura la sagesse de s’éloigner de plusieurs kilomètres de ce lieu plutôt que de traverser la frontière du royaume de la négativité.

22/4/2014

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Vos réactions : 3

(3) Michèle Toussaint, June 5, 2014 9:28 AM

deux mondes de réalité

Merci pour vos explications lumineusement claires sur les deux monde de la réalité:
- celui de l'aliénation est aussi celui de la plainte et de la dépendance à l'image de soi dans la pose de la victime
- celui de la proximité est aussi celui de l'ouverture à la réalisation de possibles rêves ou insoupçonnés.
Il est vital de savoir que l'élan nécessaire pour passer ou sauter de l'orbite de la victimisation à celle de la communication créative nous est donné par un acte de bonté. Et cet acte, plus que la mise en oeuvre calculée et réfléchie d'une décision , vient d'une impulsion comme celle d'aller faire une bise à une amie qui vient de nous blesser par un mouvement d'humeur. Ainsi le désir de vivre crée des ponts pour enjamber l'écart entre "Je et Tu", et libre arbitre coexiste harmonieusement avec prescience divine.

(2) Léo, April 24, 2014 8:49 PM

Bravo !

Bravo pour cet article percutant . Il fait réfléchir et apporte de vrais réponses. En espérant habiter toujours le monde la proximité, bonne continuation...

(1) Teboul, April 23, 2014 8:54 PM

j'ai beaucoup apprécié le cours de la rabbanite Rigler et j'ai aimé son livre le pouvoir de benir. Dans le même sujet, je recommande le livre de madame Sarah yossef : La pensée positive qui est un ouvrage merveilleux.Merci pour vos cours de thora .

 

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