cliquez ici pour accéder directement au début de l'article
Abonnez-vous

Recevez notre newsletter




Aider son enfant à affronter les difficultés

Aider son enfant à affronter les difficultés

Difficultés scolaires, bizutage, séparation... Le quotidien d'un enfant est jalonné de défis. Comment lui donner la force de surmonter les épreuves de la vie?

par
Plus...

Dès que les enfants traversent les premières étapes de leur développement, ils ont besoin que nous faisions preuve de fermeté et que nous leur imposions des limites. C’est ainsi qu’ils pourront forger leur tolérance à la frustration.

Un système dans lequel les parents acceptent tout et n'importe quoi de leur enfant est néfaste pour celui-ci. Lorsque des règles et des limites sont imposées à l'enfant, il se sent généralement bien. Bien qu'il ne nous soit pas toujours facile de dire "non" en présence de comportements négatifs, il faut bien reconnaître qu'un environnement bien structuré, avec horaires réguliers de siestes et de coucher, procure à l'enfant un sentiment de sécurité: on s'occupe bien de lui.

Très jeune, l'enfant apprend qu'il ne peut pas toujours satisfaire toutes ses envies.

La mise en place d’un environnement structuré procure aussi à l'enfant une frustration fort saine. Très jeune, l'enfant apprend qu'il ne peut pas toujours avoir ce qu'il veut. Par exemple, l'enfant qui mange cachère, doit attendre après un repas de viande qu'il ait le droit de boire du lait. Il lui faut maîtriser son désir de friandises non-cachères, qu'il voit au supermarché. La discipline et la maîtrise de soi étant mises en valeur, elles rendent l'enfant capable de vivre plus facilement les frustrations qu'il rencontrera dans sa vie.

En apprenant la signification des expressions "dans quelques minutes", "plus tard", ou "pas aujourd'hui", l'enfant rencontre une autre étape particulièrement importante dans le développement de sa tolérance à la souffrance.

Non à la vie trop facile !

Soyons francs. Nous essayons tous, dans la limite de nos moyens financiers, de créer un style de vie confortable (pour nous et) pour nos enfants. Nous essayons de satisfaire leurs (et nos) désirs de jouets, de vêtements et autres biens matériels. Néanmoins, il est bon pour l’équilibre moral de nos enfants de mettre en place des limites raisonnables entre leurs "besoins" et leurs "désirs".

Nos Sages disent: "Mange du pain avec du sel, bois de l'eau avec mesure, couche sur le sol, accepte une vie de privations" (Maximes des Pères 6:4) Ce n'est pas un appel à une vie d'ascétisme, mais un plaidoyer pour la modération. Les enfants qu'on habitue à voir tous leurs désirs se réaliser, sont portés à penser et à agir comme si tout leur était dû. Ils pensent souvent en terme de "la vie me doit quelque chose". Ils ne savent pas comment vivre la souffrance de ne pas recevoir tout ce qu'ils veulent. Ils n'apprécient pas ce qu'ils ont. Et lorsque les choses ne vont pas comme ils le souhaitent, il peut leur manquer le niveau normal de tolérance à la frustration.

Les enfants qu'on habitue à voir tous leurs désirs se réaliser, sont portés à penser et à agir comme si tout leur était dû.

Un moyen intéressant pour ne pas rendre la vie trop confortable à l'enfant, consiste à lui faire partager sa chambre. Bien des parents préfèrent que chacun de leurs enfants ait sa chambre. C'est déjà plus agréable pour les parents de ne pas entendre les enfants se chamailler, que ce soit dans des échanges d'insultes, ou bien à propos de dormir avec la fenêtre ouverte ou fermée. Toutefois, les enfants deviennent capables de résoudre bien des problèmes importants, à force de partager leur chambre avec un frère ou une sœur. Ils apprennent à supporter les humeurs de l'autre, à gérer les problèmes d'ordre dans leurs affaires, à ne pas réveiller l'autre inutilement, à avoir des goûts différents en musique, etc.

Bref, le partage d'une chambre par des frères ou par des sœurs suscite des problèmes, dont nous ne voulons pas vraiment protéger nos enfants. Ces problèmes sont sains pour eux, car ils les préparent à leur future vie en résidence universitaire, et ensuite au mariage.

Guider l'enfant pour supporter la souffrance

Lorsque de jeunes enfants nous font part de leurs problèmes, souvent nous sommes portés à les trouver insignifiants, ne méritant pas beaucoup d'attention. Il est nécessaire que nous comprenions que leurs petits problèmes sont pour eux aussi importants que nos grands problèmes le sont pour nous.

Les enfants qui dans leur jeune âge se voyaient repoussés, apprennent bien vite que leurs parents ne sont pas la bonne adresse pour eux en cas de nécessité.

Si les parents se détachent des problèmes de leurs enfants lorsque ceux-ci sont jeunes, ils s'exposent à compromettre ainsi l'avenir. Car les enfants qui dans leur jeune âge se voyaient repoussés, apprennent bien vite que leurs parents ne sont pas la bonne adresse pour eux en cas de nécessité. Ensuite, leurs parents s'étonnent de voir qu'à l'adolescence, leurs enfants ne se confient pas à eux.

C'est pourquoi, lorsqu'un petit enfant est malheureux parce que quelqu'un s'est moqué de lui, ou bien lorsqu'il ne trouve pas sa couverture préférée, il est nécessaire que nous lui fassions sentir que nous partageons sa sensibilité. Il faut aussi que nous ne le jugions pas, mais au contraire que nous l'aidions à trouver la solution à son problème.

Illustrons notre propos par quelques conseils pratiques:

1. Montrez votre sympathie pour le sentiment de votre enfant.

Quand votre enfant vient vers vous, essayez de ressentir sa peine, son souci, sa colère, ou sa frustration. Dans les Maximes des Pères (6:6), nos Sages disent que nous devons partager la peine de notre prochain. Il faut prendre conscience de l'importance pour l'enfant de son problème. Il faut l'aider à reconnaître et à bien définir l'émotion qu'il ressent. Il s'agit de reconnaître sa peine, sans exagérer la situation dans laquelle elle le met.

2. Ne jugez pas votre enfant.

Si votre enfant a été grondé en classe, et que vous lui demandez ce qu'il a fait pour s'être fait attraper, c'est que vous l'avez déjà jugé défavorablement. Il serait plus positif de lui demander de vous raconter ce qui s'est passé. Soyez prêt à accorder à votre enfant le bénéfice du doute. Ainsi, vous vous conformerez à l'injonction de la Torah (Lévitique 19:15): "Tu jugeras ton prochain avec droiture". Ceci implique l'obligation d'accorder à notre prochain le bénéfice du doute. Il est possible, après tout, que l’enseignant de votre enfant a passé la nuit à bercer son bébé, et que la fatigue l'a privé ce jour-là de la patience normale et nécessaire. Ecoutez votre enfant, sans faire de remarque sur son comportement ou sur les manifestations de son caractère. Ne vous précipitez pas pour lui infliger immédiatement un conseil, un reproche ou une solution. Ecoutez de manière calme et réfléchie, et essayez de ressentir ce que ressent votre enfant. (Remarquez que plus l'enfant est jeune, plus il a besoin de solutions immédiates, de reproches ou de punitions. Plus grand, il requiert davantage qu'on accorde du crédit à ses paroles).

3. Laissez l'enfant trouver lui-même la solution à son problème.

Les enfants ne souhaitent pas toujours que nous trouvions une solution à leurs problèmes. Ils veulent plutôt pouvoir exprimer leur problème. En leur avançant notre solution, nous risquons d'entraver le développement de leur aptitude à résoudre eux-mêmes leurs problèmes. Donc, attendez de voir d'abord s'ils sont capables de présenter leur idée. Essayez de savoir s'ils recherchent vraiment votre conseil. Evidemment, si vous considérez que sa solution est mauvaise pour lui, ou pour les autres, vous avez la responsabilité d'engager avec lui une discussion. Vous pouvez lui demander : "Pourrions-nous parler ensemble de ce que tu as l'intention de faire à ce sujet" ou bien " Tu devrais réfléchir à certains points avant de prendre ta décision"

4. Présentez un cadre de référence.

Nous apprenons dans la Torah que tous nos problèmes et toutes nos difficultés nous offrent l'occasion de grandir, de nous parfaire. Les situations dans lesquelles nous nous trouvons, ne sont pas de simples coïncidences. D.ieu sait quels défis nous avons besoin de rencontrer pour que nous devenions plus forts, plus raffinés au niveau de nos qualités humaines.

Les épreuves sont le signe de l'amour de D.ieu.

Rabbi Moché Hayim Luzatto dit, dans son ouvrage classique Le Sentier des Justes: "L'homme est véritablement placé au milieu d'un combat furieux. Car toutes les situations de la vie, bonnes ou mauvaises, sont des épreuves." Notre ancêtre, le patriarche Abraham a lui-même été confronté avec dix épreuves successives, la plus célèbre d'entre elles étant le sacrifice d'Isaac. D'autre part, nous apprenons que les épreuves sont le signe de l'amour de D.ieu, qui nous offre là l'occasion d'exploiter la totalité de notre potentiel, et de gagner ainsi la récompense future la plus complète.

Dans la mesure où les parents ont une telle approche de leurs problèmes, et en discutent ainsi avec leurs enfants, dans les cas où ceci est approprié, cela prépare les enfants à aborder à leur tour tout différemment les difficultés qu'ils rencontrent. Par exemple, si un des parents dit: "Oh! Je crois comprendre pourquoi D.ieu m'a placé dans cette circonstance. Je suis sûr que c'est un test pour ma patience (ou pour ma détermination, ou pour ma capacité à me priver, etc....) et j'ai vraiment besoin de faire des progrès dans ce domaine". Ceci constitue une initiation de l'enfant à réfléchir à son tour à la question de savoir pourquoi il se trouve dans tel ou tel problème dans sa vie.

En conclusion

Aidez vos enfants à supporter les frustrations et les souffrances en leur imposant des limites à leurs exigences, et en sachant leur dire "NON".

Ne gâtez pas vos enfants, par un excès de confort.

Instaurez entre vous et vos enfants une relation de confiance qui les encouragera à vous confier spontanément leurs petits soucis. Pour cela, il faut:

a. Aborder les petits problèmes des petits enfants avec le sérieux qui sied.

b. Montrer à votre enfant que vous partagez son sentiment.

c. Ne pas le condamner d’emblée

d. Laisser votre enfant essayer de trouver eux-mêmes la solution à ses problèmes

e. Offrir un cadre de références éveillant l'enfant à l'idée que la difficulté est enrichissante; elle est favorable et nécessaire à son développement.

Plus...
Vous avez aimé cet article? Aidez nous à en faire d’autres. Aish.fr
ne peut exister sans le support de ses lecteurs.
Les opinions exprimées dans la section « Vos réactions » n'engagent que leurs auteurs. Vos commentaires sont soumis à modération, veuillez rester courtois.

Vos réactions : 1

(1) Maryse, February 3, 2016 4:01 AM

Intelligent, humain, sensible.

Une fois de plus, un article profondément intelligent, humain, sensible.
A faire suivre aux parents désireux d'aider leurs enfants à devenir responsables afin de faire évoluer ce monde sur un chemin de bonheur possible.

Réagir à cet article :

  • Afficher mon nom ?

  • Votre adresse mail restera privée. La rédaction en a besoin pour d’éventuelles questions à propos de votre commentaire.


  • * champ obligatoire 2000
Réagir
stub